Marc Thiébaud

Psychologue, spécialiste de l’accompagnement et de l’animation de groupes, Suisse
thiebaud[arobase]formaction.ch


Résumé

Les apports de André de Peretti dans le domaine de l’éducation sont inestimables. Professeur, docteur ès-lettres et sciences humaines, pédagogue, psychosociologue, promoteur infatigable et enthousiaste de l’innovation, de l’éducation, de la formation, de la reconnaissance de la diversité, homme d’une culture, d’une ouverture et d’un humanisme exceptionnels, il est l’auteur d’une œuvre considérable, tant scientifique que littéraire. André de Peretti a contribué de manière importante au développement de l’analyse de pratiques professionnelles​ en fondant les GAP (groupes d’approfondissement professionnel). Il est décédé le 6 septembre 2017 dans sa 102ème année. Ce texte a été rédigé en son hommage. Il évoque quelques aspects clefs de ses apports pour l’analyse de pratiques professionnelles et pour l’éducation et la formation d’adultes en général.

Mots-clés 

formation d’enseignants, humanisme, innovation, approfondissement professionnel, Carl Rogers

Catégorie d’article 

Hommage

Référencement 

Thiébaud, M. (2017). En souvenir de André de Peretti. In Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, 11, pp. 60-70. http://www.analysedepratique.org/?p=2762.


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« Pensez à l’avenir ! L’avenir dans les yeux. »

André de Peretti

La vie, le parcours, les apports de André de Peretti sont extraordinairement riches. Ce texte rédigé en son hommage présente quelques aspects de sa vie puis ses apports en lien avec la psychosociologie et les analyses de pratiques professionnelles (APP).

1. Un être enthousiaste

Ceux qui l’ont côtoyé de près témoignent de son inépuisable passion pour la vie, de sa générosité, de sa capacité à susciter confiance en soi, en ses potentialités et en l’avenir. Lani-Bayle (2011) écrit à son propos : « Une figure de proue, vive et avenante, invitante. Un inlassable sourire qui donne, en toutes circonstances, espoir ». Evoquant ses premières rencontres avec André de Peretti avec lequel il a énormément œuvré, François Muller (2017) dit : « Finalement, en un espace-temps très court, André nous livrait une carte et une boussole, quand nous évoluions parfois à l’aveugle dans des établissements encore très scolaires, et déjà soumis à de fortes pressions d’un changement long, dans la mutation d’un métier autrement plus enrichissant que celui de la seule transmission. Une rencontre qui allait en augurer bien d’autres, et qui agissait en miroir : elle nous renvoyait à nous-mêmes, au potentiel du groupe, aux possibles professionnels et aux choix plus personnels… » 

Le souvenir est toujours présent de ma rencontre avec André de Peretti en mai 2005 lors de l’Université d’été de Troyes[1] à laquelle il participa et contribua en tant qu’animateur des tables rondes et grand témoin. Agé de près de 90 ans, il manifestait une vivacité d’esprit et une qualité d’écoute exceptionnelles dans les échanges. J’ai eu la chance à Troyes de passer des moments privilégiés avec lui. Que nous parlions de la société, de l’école, des analyses de pratiques, il manifestait une présence, une écoute, une profondeur de réflexion et une pertinence qui me restent en mémoire.

Lors de cette Université d’été, comme en toutes occasions, André de Peretti n’hésitait pas à affirmer son enthousiasme en même temps que le besoin d’innover et de se remettre en question. Invité à réaliser une synthèse des travaux lors de la dernière journée le 21 mai 2005, il commença son propos avec ces mots, en citant d’abord Jaurès (1894) : « On n’enseigne pas ce que l’on sait ou que l’on croit savoir, on enseigne ce que l’on est. Je ne ferai pas de synthèse mais seulement des rebondissements. Moi je suis très content. De plus en plus, je fais partie des gens dont les rêves se réalisent. L’ambiance d’écoute, le respect, l’enthousiasme, le dynamisme, ce qui a été vécu ici montre cela. Ce que nous avons conçu depuis plusieurs années commence à prendre corps, ça s’éveille, ça prend forme mais c’est encore germinatif. […] Il y a une fantastique richesse d’innovation de notre système, des milliers d’expérimentations, mais les choses ne se propagent pas. Notre visée doit aller vers une transformation des pratiques. Il est important que l’on explore non seulement les difficultés mais aussi les réussites. Il est également important de montrer des jeunes enseignants qui savent faire des choses, leur redonner confiance. Le meilleur des mondes possibles est celui dont la variété serait la plus grande. » (Collectif, 2005a)

Dans un enregistrement vidéo[2], André de Peretti se voit poser la question suivante : « si vous deviez choisir un seul mot pour parler du changement dans l’éducation, lequel choisiriez-vous ? » Il répond : « optimisme de résistance ». Cela résume bien l’impression que m’ont laissée les rencontres avec lui. André de Peretti apparaît comme un résistant qui se définit ainsi : « Je ne suis pas idéologiquement hostile aux institutions. Je cherche à comprendre leur fonctionnement, je cherche à aider leurs acteurs à comprendre leur fonctionnement, à les faire évoluer dans leur propre voie et dans leur vérité, en les dégageant de leurs superstructures inutiles et des entraînements d’inertie.[3] »

Sur son site internet (https://www.andredeperetti.net/parcours-de-vie), André de Peretti présente son parcours de vie, son enfance au Maroc, les moments qui l’ont marqué (dans sa jeunesse, durant la guerre et ses cinq années de captivité), les nombreuses rencontres importantes qui l’ont influencé, son engagement politique, ses activités professionnelles…

Avant d’évoquer ses apports à l’analyse de pratique professionnelle, j’évoquerai brièvement sa rencontre avec Carl Rogers et la psychosociologie. Tout d’abord, parce qu’elle fut déterminante dans sa vie et qu’elle s’inscrit dans l’importance qu’il a toujours donnée à la responsabilisation de chaque personne (en lien notamment avec l’accompagnement et le compagnonnage). Ensuite, parce qu’elle a marqué le développement et l’animation des groupes d’APP. Enfin, sur un plan plus personnel, parce que j’ai été nourri aussi par les apports de Rogers et de la dynamique de groupe dans ma pratique professionnelle.

2. La rencontre d’André de Peretti avec Carl Rogers et la psychosociologie

Son parcours et sa curiosité insatiable le conduisent à rencontrer Carl Rogers grâce à Max Pagès en même temps qu’il s’intéressait aux travaux de Jacob Levy Moreno et de Kurt LewinOn doit à cette rencontre notamment la diffusion en France de l’approche centrée sur la personne et de la psychosociologie avec les apports du psychodrame et de la dynamique de groupe qu’André de Peretti a constamment mis en avant. Avec Max Pagès, il crée notamment l’ARIP (Association pour la recherche et l’intervention psychosociologique).

« J’obtenais dans la dynamique de groupe la confirmation qu’un groupe n’est pas nécessairement un rassemblement d’individus identiques sur une variable quelconque, mais au contraire plus généralement et plus opératoirement peut-être un rassemblement de personnes différentes et cependant interdépendantes dans la poursuite de leurs objectifs individuels. Cette définition, la plus générale et la plus puissante qu’on ait pu donner d’un groupe, est le refus de ce que j’ai appelé le « mythe identitaire » […]. Le refus d’une logique de cloisonnement dans les rapports humains s’est encore alimenté pour moi aux lectures plus récentes de scientifiques et d’épistémologues. [… Elles] m’ont invité à penser les phénomènes dans leur diversité, dans l’incertitude aux carrefours des disciplines, sans crainte des moments de rupture ou de « catastrophes » (cf. René Thom). Il fallait intervenir en profondeur pour accroître les rapports sociaux et les interactions entre les personnes.[4] »

André de Peretti articule et intègre la diversité des apports de multiples auteurs en les enrichissant de nouvelles réflexions. Son ouvrage « Présence de Carl Rogers » (1997) est une référence. Il y met en évidence sa capacité à appréhender la complexité de manière dialectique. Par exemple, dans le chapitre XIII concernant les aspects de congruence, regard positif inconditionnel et compréhension empathique, il montre comment comprendre l’autre, aller à sa rencontre sans l’enfermer… ni perdre sa propre place ; comment être attentif à soi, juste ce qu’il faut pour être authentique… en gardant l’ouverture à l’autre et la souplesse.

Dans ses écrits comme dans ses interviews enregistrées (voir liste en annexes 1 et 2), on retrouve à chaque fois ce qu’André de Peretti incarnait si bien, cet humanisme, cette capacité si fine à être authentique et attentif à l’autre, ce respect et cet accueil de ce qui est. Capacité de dialogue, d’ouverture, de questionnement et remise en question, sans dogmatisme, dans l’invitation à aller plus loin dans l’acceptation et l’exploration de la diversité et de la complexité, qui m’avait frappé dans chaque échange que j’ai eu avec lui. Ses contributions au développement de l’éducation et de la formation d’adultes en sont imprégnées.

3. Les apports d’André de Peretti à l’analyse de pratiques professionnelles

De 1951 à 1963, André de Peretti enseigne les Lettres et la Philosophie, puis il prend la direction des études de l’Institut national d’administration scolaire et universitaire (INAS) et en 1976 celle du département de psychosociologie de l’éducation à l’Institut national de recherche pédagogique (INRP). En 1981, il préside la commission ministérielle sur la formation des personnels de l’Éducation nationale qui produit un rapport à l’origine des Missions Académiques à la Formation des Personnels de l’Education Nationale (MAFPEN) puis des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM). Il fait alors appel à toutes les forces innovatrices existant au sein de l’Education Nationale dont les Mouvements pédagogiques. Durant les années qui s’ensuivent, il apporte des contributions majeures à la formation des cadres et des personnels de l’Éducation nationale et plus généralement au développement de la pédagogie. Il en ressort de nombreux ouvrages importants. C’est dans l’un d’eux (« Organiser les formations », 1991) qu’il propose un inventaire d’une cinquantaine de techniques d’études (voir liste dans l’annexe 3), parmi lesquelles figure le GAP (groupe d’approfondissement professionnel). Il le présente comme une technique intermédiaire entre la technique d’étude à partir de problèmes personnalisés (dans laquelle un participant expose une conception ou une démarche à partir de son expérience propre qui est ensuite l’objet de réflexions du groupe (non réactionnelles) et celle de mise sur la sellette (dans laquelle un individu ou un sous-groupe est mis au centre d’une interpellation rapide en lien avec une thématique ou une problématique).

Dès la fin des années 70, André de Peretti a développé un protocole pour les GAP qu’il explicite dans « Techniques pour communiquer » (de Peretti, Legrand & Boniface, 1994,
p. 91)[5] :


« Le GAP se présente comme un instrument de travail à objectif délimité grâce à des règles formelles et informelles et à des consignes de rôles établies. […] Chaque séance comporte une ou plusieurs études de problèmes professionnels. Un modérateur désigné d’avance invite un narrateur à s’exprimer.

Première phase

L’énoncé initial est fait en quelques minutes par le narrateur. Celui-ci commence à exposer un problème professionnel qui le préoccupe. Il explicite tranquillement son incertitude, les outils qu’il a pu employer.

Deuxième phase

Le modérateur au bout de dix minutes arrête le narrateur et invite le groupe à faire un questionnement au service du narrateur. Sa durée ne doit pas excéder trente minutes. Après chaque question le narrateur n’est pas obligé de répondre, il peut poursuivre et enchaîner plutôt que répondre.

Troisième phase

Le modérateur, quand le questionnement semble suffisant, propose aux participants la rédaction rapide d’association d’idées, de critiques et de propositions (durée dix minutes au plus). Il demande donc à chacun d’écrire rapidement et anonymement sur une feuille :

  1. une idée (image, situation) à laquelle il est en train de penser par association à la situation évoquée par le narrateur ;
  2. une autocritique ;
  3. une proposition.

Quatrième phase

Les messages écrits sont ramassés et donnés au modérateur qui, avec le narrateur, va en faire une lecture à l’écart du groupe. Pendant ce temps, les autres participants échangent entre eux et indiquent ce qu’ils ont pu retirer comme enseignement.

Cinquième phase

Un échange final peut avoir lieu.[6]


 

Pour André de Peretti, il s’agit ainsi de promouvoir une nouvelle modalité de formation :
« Nos tendances d’échanges et de rationalisation sont souvent menacées par une dérive de conformisme dans l’abstraction et la langue de bois. Pour surmonter ces risques de platitude dans l’objectivation […] il peut être utile de centrer une étude sur la richesse des échanges avec une personne. »
(de Peretti, 1991). [L’enseignant] doit pouvoir ressentir qu’il n’est pas laissé seul dans l’indifférence, par les autres membres du corps enseignant. Cette confrontation analysée et croisée avec l’un d’entre eux, avec plusieurs d’entre eux, sera essentielle dans le processus de sa formation professionnelle (de Peretti & Muller, 2010).

Les GAP s’inscrivent, en prolongement de l’orientation de Balint (1960), dans la lignée rogérienne comme le souligne André de Peretti : « J’ai essayé, à partir des travaux de Rogers et Moreno, de montrer et de promouvoir dans la formation générale, notamment à travers le GAP, des modules de formation en groupe [dans lesquels] les gens peuvent se sentir en empathie et partager une difficulté vécue par un collègue ; pouvoir, à un moment donné, avancer des propositions. » (de Peretti, 2011).

A leur début, les GAP ont connu un important développement, qui a été favorisé, selon Jacques Nimier (2008) par la position d’André de Peretti dans l’Education Nationale et le fait qu’il « apporte, en France, une coloration rogérienne à ces groupes ; c’est-à-dire qu’il introduit une coupure avec la tradition purement psychanalytique. Ceci a le mérite de lever certaines résistances de l’Education Nationale à l’égard de la psychanalyse et ouvre de nouvelles possibilités pour les GAP.[7] »

Une autre raison à ce développement tient à l’option prise par André de Peretti de proposer une animation des GAP à tour de rôle par les participants du groupe. Dans cette perspective, le modérateur – animateur a pour rôle essentiel de se porter garant du protocole, il n’a donc pas besoin d’être spécialiste, ce qui réduit considérablement les coûts. Sa formation n’est ainsi pas un problème pour André de Peretti. Dans les développements qu’ont connus les GAP et les groupes d’APP, on constate généralement que les compétences d’animation restent une question. Les aspects liés au protocole ne sont pas seuls en jeu pour la qualité du dispositif ; la circulation de la parole, la régulation de la dynamique de groupe, l’apprentissage de l’analyse, etc. revêtent une importance qui peut s’avérer déterminante et nécessiter des compétences spécifiques (voir notamment Thiébaud, 2015).

André de Peretti évoque ces aspects : « Il va de soi que les échanges réalisés, dans un groupe, avec la présence permanente d’un psychologue ou d’un psychanalyste offre des garanties de sécurité » (de Peretti, Legrand & Boniface, 1994).  Il y explicite six précautions à observer dans les GAP animés par des pairs : 1) objectif délimité (approfondissement, pas question pour le groupe d’imposer une quelconque pression) ; 2) limitation aux problèmes professionnels (pas d’exploration de la personnalité, pas de thérapie sous quelque forme que ce soit) ; 3) maintien de la procédure assuré par le rôle de modérateur ; 4) première initiation au rôle de modérateur par un psychosociologue ou une formateur expérimenté en matière de GAP ; 5) partage de feed-back utiles (sans jugement) à l’attention du modérateur qui est un membre du groupe comme les autres ; 6) réunion de régulation avec un spécialiste psychosociologue une ou deux fois par an.

Par ailleurs, l’animateur est invité à assurer le déroulement du GAP en réservant la majeure partie du temps pour la phase de questionnement, à veiller à ce que celle-ci ne tourne pas en interrogatoire (le narrateur n’est d’ailleurs pas obligé de répondre aux questions) et à intervenir, avec délicatesse, si les questions posées sont empreintes d’opinions, voire de jugements. L’animateur doit soutenir en permanence le narrateur et l’aider à accueillir ce qu’il reçoit du groupe. Pour le narrateur, « le GAP ne doit pas être l’occasion de se crisper, de se culpabiliser ou de proclamer des fautes, mais de s’exercer à la pratique de l’humour, c’est-à-dire à la pratique d’une lucidité croissante qui tourne en bonhomie à l’égard de lui-même et des autres. » (de Peretti, Legrand & Boniface, 1994).

Un autre aspect peut questionner, qui concerne la place réduite de l’analyse. « L’approche du GAP est tournée vers l’action, vers la recherche de stratégies de résolution en réponse à la situation problématique exposée, et donc vers l’accompagnement à la prise de décision qui reste dans tous les cas de la liberté et de la responsabilité de la personne concernée. » (Collectif, 2005b, p. 70). La mise par écrit, individuellement, des réflexions et propositions de chaque participant ne laisse pas nécessairement la place à un travail collectif d’analyse et de production d’hypothèses, qui s’avère très souvent la phase la plus riche des APP[8]. Comme dans d’autres dispositifs, dans la pratique, les GAP peuvent se dérouler selon différentes variantes, notamment dans la phase 4 de partage dans le groupe, et laisser place à plus ou moins d’explicitation des analyses développées (voir par exemple De Peretti, 1996).

Grâce à André de Peretti, les GAP ont mis en avant une technique et une pratique dans laquelle tout le travail se fait dans le groupe et par le groupe, ainsi qu’une philosophie humaniste de la relation et de la personne, qui met l’accent sur l’unicité de celle-ci dans une approche d’accompagnement. Ils ont inspiré et stimulé le développement de l’analyse de pratiques professionnelles dans le champ de l’éducation. Un héritage inestimable.

4. En guise de conclusion

Pour conclure, j’invite les lecteurs à découvrir les ouvrages d’André de Peretti, à écouter ses nombreuses interviews enregistrées et à se laisser inspirer par ces lignes de Lani-Bayle (2011) publiées dans un livre écrit en son hommage six ans avant son décès.

« André de Peretti ne cesse, en s’appuyant sur le passé, de nous inviter, toutes générations confondues, à l’avenir. […] Et ce message, il le renouvelle avec une ardeur et une énergie jamais défaillantes. Lui, pour s’y maintenir, n’a pas besoin de piqûres de rappel. Nous, si. Et comment y parvenir ?  « II y a des portes pour passer, nous dit-il, plutôt que des murs à cogner et je crois qu’il faut qu’on reste dans l’enthousiasme. » (Lani-Bayle & Texier, 2007).

Enthousiasme, voilà un mot fréquent dans son vocabulaire. En effet André de Peretti détient un art de la mise en mots peu fréquent, usant de formules inhabituelles parfois un brin baroques et toujours alertantes et stimulantes. Et il joue malicieusement avec elles. Car l’humour est pour lui une vertu principale et salutaire, indispensable, un humour « bien tempéré » précise-t-il toutefois, comme le clavier musical bachien. Telle est sa partition. Ces mots-moteurs, il les a glanés tout au long de sa vie et de son parcours, qui seront rappelés plus loin en ces pages. Il en a créé aussi. Des mots qui ne sont pas vains ni isolés, car il ne se contente pas de les dire, il les vit et les montre, il les agit et les agite, il les tisse en textes qui prendront vie à leur tour tant ils seront évocateurs, en nous, de ce qui est nécessaire à la vie.

En citer parmi les plus récurrents suffira à donner une idée de son énergétique principale, celle qu’il nous communique sans relâche […] : affût, ami, ardeur, audace, baroque, biologisation, blason, colibri, complexité, confiance, créativité, devenir, diversification, enthousiasme, humour, inouï, interstices, inversion, malin, (non) négativité, optimisme, oser, panthère, paradoxe, réciprocité, rencontre, responsabilisation, ruse, solidarité, surf, variété, vigilance,… 

Des mots auxquels on peut ajouter le dernier message de André de Peretti : « Colibrillez ! »[9]

Références bibliographiques

Balint, M. (1960). Le médecin, son malade et la maladie. Paris : Petite Bibliothèque Payot.

Collectif (2005a). Université de printemps. La complexité du métier d’enseignant. Résumé. IUFM Champagne Ardenne, Centre de Troyes. 20 et 21 mai 2005. http://probo.free.fr/ecrits_app/journal%20APP%20TROYES.pdf.

Collectif (2005b). Rapport final de recherche sur différents dispositifs d’APP. Analyse de pratiques professionnelles (APP). GFR, Université de Reims. En ligne : http://www.univ-reims.fr/gallery_files/site/1/90/4401/5803/5807/5809.pdf.

de Peretti, A. (1997). Présence de Carl Rogers. Paris : Ed. Eres. (transcription en ligne : http://francois.muller.free.fr/diversifier/rogers).

de Peretti, A. (1991). Organiser des formations. Ed. Hachette.

de Peretti, A., Legrand, J.-A. & et Boniface, J. (1994). Techniques pour communiquer.
Ed. Hachette.

de Peretti, A. (1996). Le groupe d’approfondissement personnel. Cahiers pédagogiques.
N° 346, p. 45.

de Peretti, A. (2003). École, la pierre angulaire. Entretien avec André de Peretti. La Revue de Psychologie de la Motivation. L’école en chantier, N° 36. En ligne depuis le 1er février 2011 : http://www.ecolechangerdecap.net/spip.php?article70.

de Peretti, A. & Muller, F. (2010). Lettre à un tuteur ou accompagnateur d’enseignant.
Le café pédagogique. En ligne, consulté le 18 septembre 2017. http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/06/LettreTuteur.aspx

Lani-Bayle, M. (dir.) avec Philippe Montaireau et Carole Buffa-Potente (2011). André de Peretti. Pédagogue d’exception. Regards croisés sur l’homme aux mille et un rebondissements. Paris : Ed. L’Harmattan.

Lani-Bayle, M. et Texier, F. (dir.) (2007). Apprivoiser l’avenir pour et avec les jeunes : entretiens intergénérationnels avec André de Peretti. Paris : Mare et Martin, 2007.

Muller, F. (2017). Présence d’André de Peretti. En ligne, consulté le 18 septembre 2017.  http://lewebpedagogique.com/diversifier/2017/09/08/presence-dandre-de-peretti/.

Nimier, J. (2008). Une histoire des origines des groupes d’analyse des pratiques (1922-1995). In La Nouvelle revue de l’adaptation et de la scolarisation. N°41. p. 123-133. (transcription en ligne : http://pedagopsy.eu/histoire_origine_gapp.html).

Thiébaud, M. (2015). Animer un groupe d’APP, ça s’apprend. Oui mais comment ? Retour sur les formations et l’expérience développées en Suisse. In Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, 5, pp. 31-47. http://www.analysedepratique.org/?p=1681.


Annexes

Annexe 1 : principaux ouvrages scientifiques de André de Peretti 

Libertés et relations humaines, éd. Epi, 1966.

L’éducation et l’homme à venir (avec Jacques Natanson, Gérard Bessière, J. Alesi), Casterman, 1968.

L’administration phénomène humain. Ed. Berger-Levrault, 1968.

Risques et chances de la vie collective, éd. Epi, 1972.

Du changement à l’inertie, Dunod, 1981.

Organiser des formations, éd. Hachette, 1991.

Controverses en éducation, éd. Hachette éducation, DL 1993.

Techniques pour communiquer (en collaboration avec Jean-André Legrand et Jean Boniface), éd. Hachette, 1994.

Présence de Carl Rogers, éd. Eres, 1997.

Encyclopédie de l’évaluation en formation et en éducation, (en collaboration avec Jean-André Legrand et Jean Boniface), éd. ESF, 1998.

Penser l’hétérogène : dialogues avec Jacques Ardoino, éd. Desclée de Brouwer, 1998.

Énergétique personnelle et sociale, éd. l’Harmattan, 1999.

Pour l’honneur de l’école, éd. Hachette, 2000.

Pertinences en éducation, éd. ESF, 2001.

Contes et fables pour l’enseignant moderne (avec François Muller), éd. Hachette, 2006.

Apprivoiser l’avenir pour et avec les jeunes : entretiens intergénérationnels avec André de Peretti (sous la direction de Martine Lani-Bayle et François Texier), éd. Mare et Martin, 2007.

Le sens du sens, éd. Hermes Lavoisier, 2011.

La double hélice des civilisations : le parti pris de l’optimisme, éd. Chronique sociale, 2015.


Annexe 2 : quelques interviews enregistrées d’André de Peretti

Site de André de Peretti : https://www.andredeperetti.net/blank

Dix clips vidéo pour dix mots de l’Ecole. Production DGESCO-DRDIE (Département Recherche et Développement en Innovation et en Expérimentation), 2011. https://www.youtube.com/playlist?list=PL98D64821BE92DE36.


Annexe 3 : tableau de la variété des techniques d’études pour un groupe

Extrait de : de Peretti, A. (1991). Organiser des formations. Ed. Hachette. Page 236.

 

1. A dominante situationnelle

11. Technique d’étude de cas

12. Technique d’élaboration de cas

13. Technique des minicas

14. Technique d’études de situations typées

15. Technique des jeux de rôles

16. Technique du mini-scénario de film

2. A dominante sémantique

21. Technique des connotations

22. Technique du conceptogramme

23. Technique des topologiques

24. Technique des idéogrammes

25. Technique de recherche de métaphores

26. Technique de modélisation

27. Technique de photolangage

3. A dominante de formalisation

31. Technique d’exploration par plans multiples

32. Technique de théorisation d’une pratique

33. Technique de synthétisation

34. Technique Delphi

35. Technique de didactique inductive

4. A dominante de discrimination

41. Technique du risque

42. Technique de tri d’assertions ou Q-sorts

43. Technique de référentiels d’indicateurs positifs

44. Technique de discrimination systémique

45. Technique des sept changements

46. Technique des cartons verts et jaunes

47. Technique des puzzles

5. A dominante de communication

51. Technique de communication rotative

52. Technique de dispositif débatteurs-assistés

53. Technique de la consultation réitérée

54. Technique de panel-discussion

55. Technique des triades

56. Technique d’argumentation

57. Technique des groupes d’observation
alternée

58. Technique du voisinage

59. Technique de la discussion interrompue

6. A dominante projective

61. Technique des scénarios

62. Technique de prospective

63. Technique de supports métaphoriques

64. Technique de montage d’images

65. Technique de collages

66. Technique de légendes

67. Technique du brainstorming

68. Technique de formes ludiques

7. A dominante de personnalisation

71. Technique de problèmes personnalisés

72. Technique de mise sur la sellette

73. Technique du groupe d’approfondissement
professionnel (GAP)

74. Technique assistée par autoscopie

75. Technique du jeu méthodologique de
transposition (JMT)

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Notes

 

[1] Cette Université d’été avait pour thème : « La complexité du métier d’enseignant. Analyse de pratiques professionnelles : un outil, un groupe, pour échanger, comprendre et évoluer ».

[2] Voir : Dix clips vidéo pour dix mots de l’Ecole. Production DGESCO-DRDIE (Département Recherche et Développement en Innovation et en Expérimentation), 2011. En ligne : https://www.youtube.com/playlist?list=PL98D64821BE92DE36.

[3] Voir : https://www.andredeperetti.net/parcours-de-vie.

[4] Voir : https://www.andredeperetti.net/parcours-de-vie.

[5] Il en proposera ensuite une variante dans la revue Cahiers pédagogiques (de Peretti, 1996).

[6] Les auteurs précisent que cette présentation est établie d’après le document « Recueil méthodologique des actions de formation » réalisé en juillet 1984 à Marseille. Luminy, Coopération et Développement. BLACT éditeur.

[7] Voir : http://pedagopsy.eu/histoire_origine_gapp.html.

[8] Cela est cohérent étant donné que le « A » dans GAP signifie « approfondissement » et non « analyse » ; si la démarche générale est similaire à l’analyse de pratiques en groupe, l’analyse en soi n’est pas l’objectif premier du GAP.

[9] https://www.andredeperetti.net