{"id":3712,"date":"2020-04-18T11:28:08","date_gmt":"2020-04-18T10:28:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=3712"},"modified":"2021-10-18T11:18:31","modified_gmt":"2021-10-18T10:18:31","slug":"analyse-de-pratiques-a-distance-temoignage-et-reflexions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=3712","title":{"rendered":"Analyse de pratiques \u00e0 distance : t\u00e9moignage et r\u00e9flexions"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><strong><em>Michaela Knuchel-Bossel<\/em><\/strong><\/h3>\n<p><em>Formatrice, enseignante, animatrice d\u2019APP<br \/>\n<\/em><em><a href=\"mailto:knuchel.bossel@sunrise.ch\">m.knuchel.bossel[arobase]hep-bejune.ch<\/a><\/em><\/p>\n<h4><i><br \/>\nR\u00e9sum\u00e9<\/i><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors de ma participation \u00e0 une exp\u00e9rience d\u2019APP \u00e0 distance, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par le sentiment d\u00e9rangeant de manque de communication non verbale. Je suis donc partie \u00e0 l\u2019exploration des raisons de ce sentiment. A partir de mon v\u00e9cu des deux s\u00e9ances d\u2019APP, je partage et d\u00e9veloppe dans ce texte mon ressenti et je propose des \u00e9clairages th\u00e9oriques. L\u2019empathie est un concept essentiel dans cette qu\u00eate de r\u00e9ponses, car c\u2019est elle qui est diff\u00e9remment pr\u00e9sente \u00e0 travers le dispositif de vid\u00e9oconf\u00e9rence. Une mise en perspective avec ma pratique d\u2019animatrice conclut mon propos.<\/p>\n<h5><em>Mots-cl\u00e9s\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>empathie, neurones miroirs, implication, distance, visioconf\u00e9rence<\/p>\n<h5><em>Cat\u00e9gorie d&rsquo;article\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>T\u00e9moignage\u00a0; texte de r\u00e9flexion en lien avec des pratiques<\/p>\n<h5><em>R\u00e9f\u00e9rencement\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>Knuchel-Bossel, M. (2020). Analyse de pratiques \u00e0 distance : t\u00e9moignage et r\u00e9flexions. In <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, No 17, pp. 33-43. http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=3712.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr class=\"shortcode hr light-gray\" style=\"border-width:1px;\" \/>\n<p><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/michaela-knuchel-bossel-revue-app-avril2020.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/download-icon.png\" alt=\"download-icon\" width=\"24\" height=\"29\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/michaela-knuchel-bossel-revue-app-avril2020.pdf\">Article en PDF<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 <a href=\"#co\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/et-info-comment.png\" alt=\"et-info-comment\" width=\"30\" height=\"31\" \/><\/a>\u00a0<a href=\"#co\">Commentaires<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h5><strong><em>Remote practice analysis: testimony and reflections<\/em><\/strong><\/h5>\n<h5><em>Abstract<\/em><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">While participating in a remote PPA experiment, I was struck by the disturbing feeling of a lack of non-verbal communication. So I set out to explore the reasons for this feeling. Based on my experience of\u00a0 two PPA sessions, I share and develop in this text my feelings and offer theoretical insights. Empathy is an essential concept in this quest for answers, because it is the one that is differently present through the videoconference device. A perspective with my practice as a facilitator concludes my remarks.<\/p>\n<h5><em>Keywords<\/em><\/h5>\n<p>empathy, mirror neurons, involvement, distance, videoconferencing<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[toc]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2019, j\u2019ai eu la chance d\u2019\u00eatre invit\u00e9e \u00e0 participer \u00e0 une exp\u00e9rience d\u2019analyse de pratiques professionnelles (APP) \u00e0 distance, entre le Qu\u00e9bec, la Corse et la Suisse. Deux modalit\u00e9s d\u2019analyse ont \u00e9t\u00e9 exp\u00e9riment\u00e9es : le cod\u00e9veloppement professionnel (voir Payette et Champagne, 1997 et Payette, 2000) et l\u2019APP selon une approche d\u2019accompagnement r\u00e9flexif (voir Thi\u00e9baud, 2001\u00a0; 2013)<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Le groupe \u00e9tait constitu\u00e9 de huit personnes, certaines \u00e9tant famili\u00e8res du dispositif \u00e0 distance, d\u2019autres, dont je fais partie, le vivant pour la premi\u00e8re fois. Deux articles \u00e0 para\u00eetre pr\u00e9sentent les dispositifs et le d\u00e9roulement des s\u00e9ances (voir Thi\u00e9baud &amp; Vacher, 2020\u00a0; Champagne, 2020).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019invite le lecteur \u00e0 me suivre dans le cheminement de ma pens\u00e9e et dans l\u2019exploration de divers aspects qui me sont venus \u00e0 l\u2019esprit en \u00e9voquant cette exp\u00e9rience. Comme dans une promenade, j\u2019ai observ\u00e9 ici un caillou, l\u00e0 une fleur, j\u2019ai fait quelques pas dans des sentiers de traverse. Le lecteur comprendra qu\u2019il ne s\u2019agit souvent que d\u2019esquisses de r\u00e9flexions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Observons la situation des participants dans une vid\u00e9oconf\u00e9rence : assis dans son fauteuil, chacun se trouve face \u00e0 la cam\u00e9ra et \u00e0 son \u00e9cran d\u2019ordinateur. En arri\u00e8re-plan, on voit peut-\u00eatre une biblioth\u00e8que, un tableau ou une armoire. Chacun s\u2019est isol\u00e9 de son environnement personnel en fermant la porte de la pi\u00e8ce dans laquelle il se trouve. En haut de l\u2019\u00e9cran, on voit les visages des participants \u2013 y compris le sien &#8211; dans des petits cadres La personne en train de parler occupe le centre de l\u2019\u00e9cran. L\u2019animateur distribue la parole, de sorte que tour \u00e0 tour, chacun se retrouve dans cet affichage central.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong> 1. Une illusion de pr\u00e9sence<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dispositif cr\u00e9e une illusion de pr\u00e9sence. En effet, nous sommes tous l\u00e0, en m\u00eame temps, \u00e0 nous parler et \u00e0 nous voir alors que nous sommes \u00e9loign\u00e9s \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres les uns des autres, dans d\u2019autres fuseaux horaires. Nous sommes isol\u00e9s chacun de notre propre environnement mais nous n\u2019avons pas d\u2019environnement commun dont nous pouvons nous couper pour \u00eatre ensemble, unis en un lieu et une intention\u00a0: vivre une APP. Nous sommes assis, seul face \u00e0 notre bureau, \u00e0 notre \u00e9cran, \u00e0 la cam\u00e9ra, et non en vis-\u00e0-vis ou \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un participant. La relation de proximit\u00e9 qui pr\u00e9vaut dans une rencontre en pr\u00e9sentiel n\u2019existe pas. Cependant nous nous voyons, nous nous regardons et nous pouvons observer ce que la cam\u00e9ra donne \u00e0 voir. Nous sommes suffisamment \u00ab en pr\u00e9sence \u00bb pour que nous soyons soucieux de notre apparence puisque sous l\u2019\u0153il de la cam\u00e9ra, nous sommes dans une visibilit\u00e9 continue, ce que Goffman qualifie de \u00ab <em>mena\u00e7ant pour la face <\/em>\u00bb : <em>\u00ab La pr\u00e9sentation de soi, la ma\u00eetrise de sa propre image sont centrales par rapport \u00e0 un dispositif technique qui met sous contr\u00f4le de l\u2019autre et qui donne un sentiment continu de visibilit\u00e9. Le dispositif technique incorpore donc un aspect que Goffman attribuait \u00e0 un type d\u2019actions sociales, \u00e0 savoir ceux qui sont \u00abmena\u00e7ants\u00bb pour la face, telles les requ\u00eates, les menaces\u00a0\u00bb <\/em>(de Fornel, 1994, p. 121).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et pourtant, nous ne sommes pas enti\u00e8rement visibles. Dans le petit cadre que chacun voit (plus ou moins grand selon la taille de l\u2019\u00e9cran), on aper\u00e7oit notre t\u00eate \u2013 trop petite pour en capter tous les mouvements &#8211; et peut-\u00eatre une partie de notre buste. Les mouvements de notre corps ne sont pas dans le champ de la cam\u00e9ra, ni ceux de nos mains. Si nous tournons la t\u00eate, ce n\u2019est pas pour la diriger vers un participant. Les visages dans leurs petits cadres n\u2019ont pas la dimension habituelle, m\u00eame notre propre visage peut nous para\u00eetre \u00e9tranger sur l\u2019\u00e9cran. La distance de conversation habituelle n\u2019existe pas, il y a comme une a-corpor\u00e9it\u00e9 de l\u2019interlocuteur. Il est l\u00e0, mais sans son corps, sans sa chair. Est-il l\u00e0 ? Suis-je l\u00e0 ? Suis-je davantage l\u00e0 lorsque mon visage s\u2019affiche en grand sur l\u2019\u00e9cran, parce qu\u2019on m\u2019a donn\u00e9 la parole, parce que d\u2019un clic j\u2019ai chang\u00e9 de statut et que je peux \u00e0 mon tour m\u2019exprimer ?<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>2. Quelques observations pendant les deux s\u00e9ances<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Revenons \u00e0 la premi\u00e8re s\u00e9ance \u00e0 distance. L\u2019\u00e9cran est allum\u00e9, le dispositif de vid\u00e9oconf\u00e9rence est pr\u00eat \u00e0 me montrer mes partenaires dans cette APP. Un \u00e0 un, les visages apparaissent. On dit bonjour, un peu emprunt\u00e9 parce qu\u2019on ne peut pas se serrer la main ou se faire la bise, comme il est d\u2019usage. Alors, on fait un signe de la main et un sourire, parfois un peu g\u00ean\u00e9. Ensuite s\u2019installe un long silence, en attendant que tout le monde soit connect\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un participant fasse une plaisanterie, disant que si nous \u00e9tions dans une m\u00eame pi\u00e8ce, nous saurions quoi dire pour rompre la glace. Mais voil\u00e0, nous ne sommes pas dans la m\u00eame pi\u00e8ce. Nous ne sommes pas dans un m\u00eame espace interactionnel dans lequel nous percevrions l\u2019autre \u00e0 travers l\u2019orientation de son corps, de son visage et la direction de son regard, qui montreraient son attention, sa disponibilit\u00e9 pour un \u00e9change de parole. Cette observation de l\u2019autre, souvent peu consciente, permet de \u00ab <em>surveiller ce que l\u2019un et l\u2019autre sont en train de mutuellement percevoir<\/em> \u00bb (de Fornel, 1994, p. 110) et de d\u00e9cider \u00e0 qui on adressera la parole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re s\u00e9ance commence, selon une approche de cod\u00e9veloppement (voir Champagne, 2020). Je me sens ins\u00e9curis\u00e9e pour plusieurs raisons. D\u2019une part la situation pr\u00e9sent\u00e9e me d\u00e9passe et je peine \u00e0 parvenir \u00e0 une compr\u00e9hension de toute sa complexit\u00e9 et de ce qu\u2019elle implique pour l\u2019analyse. D\u2019autre part je ne sais pas o\u00f9 regarder. En principe je devrais porter mon regard sur l\u2019exposante qui remplit l\u2019\u00e9cran. Mais lorsque je la regarde dans les yeux, je ne ressens pas qu\u2019elle me regarde aussi. Evidemment, puisqu\u2019elle regarde la cam\u00e9ra et pas moi. Elle me voit dans un petit cadre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres participants dans leurs petits cadres. Et encore, pour moi, tous n\u2019\u00e9taient pas visibles simultan\u00e9ment \u00e0 l\u2019\u00e9cran, il n\u2019y avait de place que pour quatre cadres compte tenu du r\u00e9glage sur mon logiciel de vid\u00e9oconf\u00e9rence. Pour voir les autres, je devais faire un acte volontaire de d\u00e9filement des images. Sinon, tant pis pour moi, ils restaient dans l\u2019ombre jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils s\u2019expriment, au moment o\u00f9 l\u2019animateur leur donne la parole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s le temps de la narration par l\u2019exposant, les autres participants prennent la parole. De la position prot\u00e9g\u00e9e du petit cadre avec le son coup\u00e9, le locuteur passe \u00e0 l\u2019affichage en grand sur mon \u00e9cran. Pour signaler son d\u00e9sir d\u2019intervenir, chaque participant fait un signe de la main. Selon ce qui a \u00e9t\u00e9 convenu dans le groupe, on ne peut pas interrompre ou prendre la parole sans autorisation de l\u2019animateur. Donc lorsqu\u2019une personne la re\u00e7oit, son intervention n\u2019est peut-\u00eatre plus tout \u00e0 fait opportune ou ad\u00e9quate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne me sens gu\u00e8re plus \u00e0 l\u2019aise dans la deuxi\u00e8me s\u00e9ance d\u2019APP. Je me rends compte que je m\u2019ennuie \u00e0 certains moments, il me manque le d\u00e9veloppement d\u2019une co-construction dans la compr\u00e9hension de la situation. Chacun dit ce qu\u2019il souhaite exprimer sans toujours se connecter \u00e0 la parole pr\u00e9c\u00e9dente. Les animateurs des deux s\u00e9ances ont pourtant veill\u00e9 au partage de sens, une grande bienveillance r\u00e9gnait, la parole \u00e9tait distribu\u00e9e \u00e9quitablement. Alors quoi ? Je reviendrai au point 5 sur la question de la distribution de la parole.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>3. Quelques r\u00e9flexions \u00e0 propos des deux s\u00e9ances<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux s\u00e9ances \u00e0 distance se distinguent pour moi par la longueur des interventions de l\u2019exposant, comme des participants. Au-del\u00e0 de leur contenu, je fais \u00e0 cet \u00e9gard deux hypoth\u00e8ses, parmi de nombreuses possibles\u00a0; elles concernent la dimension du non verbal\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>L\u2019animateur n\u2019est pas aussi \u00e0 l\u2019aise pour recadrer le locuteur. Peut-\u00eatre parce qu\u2019il ne peut pas utiliser son regard, comme dans une APP en pr\u00e9sentiel o\u00f9 il parcourt des yeux les participants pour v\u00e9rifier leur compr\u00e9hension \u00e0 travers leur langage non verbal.<\/li>\n<li>Le locuteur est dans cette m\u00eame situation de ne pas pouvoir s\u2019assurer de la compr\u00e9hension des autres participants, donc il rajoute du verbal.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne s\u2019agit par ailleurs pas que de compr\u00e9hension, mais aussi d\u2019int\u00e9r\u00eat, d\u2019ennui, d\u2019empathie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m\u2019interroge sur le fait que j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 lors des deux APP le m\u00eame sentiment \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9tranget\u00e9\u00a0\u00bb, de d\u00e9tachement. Si je me suis sentie plus \u00e0 l\u2019aise dans la deuxi\u00e8me APP anim\u00e9e par Marc Thi\u00e9baud et Yann Vacher (accompagnement r\u00e9flexif), c\u2019est parce que d\u2019une part le dispositif m\u2019\u00e9tait familier, et d\u2019autre part la situation expos\u00e9e \u00e9tait plus proche de mon domaine professionnel que celle de la s\u00e9ance de cod\u00e9veloppement. Cela tient-il \u00e0 la qualit\u00e9 de ma pr\u00e9sence\u00a0? \u00catre pr\u00e9sente n\u2019est pas simple. Tout ce qui fait mon quotidien, mes soucis, mes pr\u00e9occupations sont l\u00e0, dans ma t\u00eate. Mes pens\u00e9es vagabondent et j\u2019\u00e9prouve de la difficult\u00e9 \u00e0 \u00e9couter ce qui se dit via mon \u00e9cran d\u2019ordinateur. Suis-je vraiment l\u00e0, avec les autres, proche de l\u2019exposant\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mireille Cifali (2018, p. 28) lie la pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 \u00e0 la situation\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Cet int\u00e9r\u00eat n\u2019est pas li\u00e9 au \u00ab\u00a0beau cas\u00a0\u00bb, mais \u00e0 tous les cas. Il n\u2019y a pas de hi\u00e9rarchie, chaque situation convoque son int\u00e9r\u00eat. Nous ne sommes pr\u00e9sents que si nous prenons int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que nous vivons, seulement si l\u2019autre de la relation nous importe bien qu\u2019il ne nous soit rien sinon professionnellement\u00a0; si nous ne le consid\u00e9rons pas comme un objet, mais comme un sujet vivant capable de parole. Nous serons pr\u00e9sents quand, quelle que soit la difficult\u00e9 ou la complexit\u00e9 de la situation, nous avons envie d\u2019\u00eatre l\u00e0, et m\u00eame si l\u2019autre est hors de nos normes.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donc, si je ne suis pas vraiment, compl\u00e8tement, pr\u00e9sente, comment puis-je m\u2019impliquer\u00a0? Certes, dans une APP en pr\u00e9sentiel, je ne suis pas non plus pr\u00e9sente \u00e0 chaque instant. Mais les participants sont l\u00e0, autour de la m\u00eame table, avec leur corps. Il m\u2019est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 d\u2019\u00e9prouver un court moment d\u2019ennui lors d\u2019une APP, mais toujours les autres ont capt\u00e9 \u00e0 nouveau mon attention et m\u2019ont entra\u00een\u00e9e dans le flux. En les voyant \u00e9couter, interagir, bouger ou se figer, ils m\u2019ont interpell\u00e9e par l\u2019expression d\u2019autre chose que les paroles. <em>\u00ab\u00a0Transmettre une \u00e9motion pour que la pens\u00e9e se mette en mouvement.\u00a0\u00bb <\/em>(Cifali, 2018, p. 331), voil\u00e0 probablement ce qu\u2019il me faut pour que je m\u2019implique. Les situations n\u2019\u00e9taient-elles pas assez \u00ab\u00a0\u00e9motionnelles\u00a0\u00bb pour que nous transmettions nos propres \u00e9motions\u00a0? Le dispositif vid\u00e9o l\u2019emp\u00eachait-il\u00a0? Je retiens prioritairement cette hypoth\u00e8se, car ce n\u2019est pas seulement la dimension \u00e9motionnelle d\u2019une situation qui g\u00e9n\u00e8re int\u00e9r\u00eat, manifestations non verbales et implication, et qui, ainsi, rend possible une attention conjointe.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>4. Relation, empathie et communication non verbale<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une APP en pr\u00e9sentiel, je montre de multiples mani\u00e8res mon intention de m\u2019exprimer : je tourne mon corps vers l\u2019animateur, je cherche \u00e0 capter son regard, je modifie ma respiration, je profite d\u2019un court arr\u00eat dans le discours pour commencer \u00e0 parler. J\u2019interagis aussi avec les autres participants. D\u2019un sourire, un regard, une marque d\u2019empathie, je manifeste \u00e0 l\u2019autre que je le reconnais dans sa pr\u00e9sence, qu\u2019il compte comme membre du groupe. Et je re\u00e7ois les m\u00eames marques de reconnaissance de la part des autres. Dans un groupe qui se conna\u00eet et qui fonctionne bien, il me semble percevoir des fils invisibles qui relient les participants les uns aux autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019existence de l\u2019\u00e9cran entre les autres participants et moi, et la distance virtuelle qu\u2019il cr\u00e9e \u2013 bien plus que la distance r\u00e9elle \u2013 m\u2019am\u00e8nent \u00e0 ne pas me fier \u00e0 mes strat\u00e9gies habituelles de communication et d\u2019interaction. Je me focalise sur le canal verbal et la plus grande partie du non verbal \u00e9chappe \u00e0 mon attention. Or, depuis les apports de chercheurs tels que Bateson (1977), Watzlawick &amp; Helmick (1979) de l\u2019\u00e9cole de Palo Alto, puis Cosnier (2003b), on sait que c\u2019est en grande partie sur le non verbal que repose la relation. Comment puis-je m\u2019assurer de la compr\u00e9hension de ce que j\u2019ai dit si je ne peux pas balayer du regard les membres du groupe et constater leurs hochements de t\u00eate, leurs froncements des sourcils, leurs l\u00e8vres pinc\u00e9es ou souriantes ? C\u2019est cette fonction r\u00e9gulatrice du regard qui permet \u00e9galement l\u2019alternance des tours de parole \u00e0 l\u2019aide d\u2019indices subtils qu\u2019il faut voir et entendre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon Cosnier (2003b, p. 146)\u00a0: \u00ab <em>Sous ce terme [de maintenance des tours], nous d\u00e9signons le processus sous-jacent aux \u00e9changes verbaux qui permet \u00e0 chaque locuteur de g\u00e9rer au mieux sa participation, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la \u00ab f\u00e9licit\u00e9 interactionnelle \u00bb : pouvoir expliciter sa pens\u00e9e, la faire comprendre et au-del\u00e0 \u00eatre approuv\u00e9, partager un point de vue, faire r\u00e9aliser une action, persuader etc. Pour ce, le parleur s\u2019efforce d\u2019\u00eatre inform\u00e9 sur quatre points, que nous avons appel\u00e9 les \u00ab quatre questions du parleur \u00bb :<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8211;\u00a0\u00a0 Est-ce qu\u2019on m\u2019entend ?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8211;\u00a0\u00a0 Est-ce qu\u2019on m\u2019\u00e9coute ?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8211;\u00a0\u00a0 Est-ce qu\u2019on me comprend ?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8211;\u00a0\u00a0 Qu\u2019est-ce qu\u2019on en pense ? \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cosnier (2003b, p. 147) rel\u00e8ve le r\u00f4le essentiel du regard comme r\u00e9ponse aux trois premi\u00e8res questions, accompagn\u00e9 de signes de t\u00eate et de mimiques. \u00ab <em>Le parleur a besoin du regard du receveur et met en \u0153uvre des techniques subtiles pour le provoquer. <\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9ponse \u00e0 la quatri\u00e8me question (<em>Qu\u2019est-ce qu\u2019on en pense ?) <\/em>est de l\u2019ordre de la relation et de la communication non verbale. La transmission d\u2019un contenu se fait dans un champ d\u2019affects. \u00ab <em>En effet, dans tout dialogue se poursuit [\u2026] un travail sur les affects : travail d\u2019attribution d\u2019affects \u00e0 autrui et travail d\u2019exposition de ses propres affects. En situation d\u2019interaction, les locuteurs vont donc, selon les r\u00e8gles de cadrage affectif, g\u00e9rer leurs propres sentiments, g\u00e9rer l\u2019expression de ces sentiments r\u00e9els ou affich\u00e9s, et s\u2019efforcer de percevoir les mouvements analogues en cours chez leur partenaire. L\u2019\u00e9change informationnel et op\u00e9ratoire se doublera donc d\u2019un \u00e9change d\u2019indices et d\u2019indicateurs \u00e9motionnels.<\/em> \u00bb (Cosnier, 2003b, p. 183).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019empathie permet de percevoir l\u2019\u00e9tat v\u00e9cu par le ou les partenaires de l\u2019interaction. Mais comment percevons-nous l\u2019\u00e9tat d\u2019autrui ? Par les mimiques faciales et l\u2019attitude corporelle, mais aussi gr\u00e2ce \u00e0 \u00ab <em>l\u2019analyseur corporel, modalit\u00e9 de partage empathique qui ne passe pas par le classique syst\u00e8me d\u2019\u00e9changes de signaux pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9crits, mais utilise une identification corporelle massive et non consciente. Le corps fait alors \u00e9cho \u00e0 celui du partenaire en s\u2019identifiant globalement \u00e0 lui (ainsi qu\u2019\u00e9ventuellement \u00e0 sa voix), ce qui est parfois visible avec des mimiques, gestes et postures \u00ab en miroir \u00bb. [\u2026] L\u2019\u00e9cho\u00efsation corporelle du corps de l\u2019autre permet donc \u00e0 l\u2019\u00e9cho\u00efsant d\u2019induire en lui un \u00e9tat affectif apparent\u00e9 \u00e0 celui du partenaire. Le corps sert ainsi d\u2019instrument d\u2019analyse des affects d\u2019autrui.\u00a0<\/em>\u00bb (Cosnier, 2003b, p. 183).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019empathie est donc en lien \u00e9troit avec ma perception, voire micro-perception, qui interpelle d\u2019abord mon corps avant de s\u2019adresser \u00e0 mon psychisme. C\u2019est elle qui donne \u00e0 mes perceptions \u00ab un suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me \u00bb. Selon Berthoz &amp; Jorland (2004, p. 40), \u00ab <em>l\u2019empathie est un remplissement, l\u2019Einf\u00fchlung\u00a0 est une Einf\u00fcllung<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, elle remplit d\u2019une \u00e2me les gestes d\u2019autrui, qu\u2019ils soient per\u00e7us ou imit\u00e9s. <\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On voit bien avec cette citation que l\u2019empathie ne se limite pas \u00e0 la capacit\u00e9 de ressentir ce que ressent l\u2019autre, comme une sorte de miroir. Bien plus, comme le dit Tisseron (2010, p. 207), \u00ab\u00a0<em>elle implique le fait d\u2019accepter la relation comme une construction mutuelle et dynamique.<\/em>\u00a0\u00bb Le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019empathie trouve notamment une explication avec les neurones miroirs, d\u00e9couverts par Rizzolatti &amp; Sinigaglia (2008), qui s\u2019activent de la m\u00eame mani\u00e8re lorsqu\u2019ils \u00e9prouvent (une douleur, une \u00e9motion) que lorsqu\u2019ils voient \u00e9prouver par quelqu\u2019un (une douleur, une \u00e9motion). <a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> Est-ce qu\u2019une diminution de l\u2019empathie trouverait une explication neurologique dans le fait de moins bien se voir par \u00e9crans interpos\u00e9s\u00a0? Nos neurones miroirs seraient-ils g\u00ean\u00e9s par cette m\u00e9diation, voire cette r\u00e9duction\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors d\u2019une r\u00e9cente animation d\u2019APP, j\u2019ai observ\u00e9 plus que d\u2019habitude le langage non verbal des participants durant la phase d\u2019exposition. La situation \u00e9tait tr\u00e8s \u00e9motionnelle et je voyais le regard de l\u2019exposante parfois tourn\u00e9 vers l\u2019int\u00e9rieur, lorsqu\u2019elle \u00e9tait au plus pr\u00e8s de son ressenti, mais souvent voyageant d\u2019un participant \u00e0 l\u2019autre. Chacun lui a donn\u00e9, d\u2019un regard, d\u2019un signe ou d\u2019une mimique, une reconnaissance de ce qu\u2019elle vivait. Les participants entre eux \u00e9changeaient des regards, des sourires et manifestaient ainsi leur \u00ab communaut\u00e9 \u00bb autour de l\u2019exposante. Malgr\u00e9 les difficult\u00e9s professionnelles dont il \u00e9tait question, l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9tait douce et paisible car l\u2019empathie \u00e9tait perceptible \u00e0 travers le langage non verbal. L\u2019APP s\u2019est poursuivie avec l\u2019implication de chacun dans la phase d\u2019analyse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab <em>La douceur, envers soi ou envers les autres \u2013 il n\u2019y a pas \u00e0 \u00e9tablir de diff\u00e9rence -, c\u2019est se souvenir que nous sommes tous des enfants fragiles, derri\u00e8res nos certitudes affich\u00e9es et nos poitrines bomb\u00e9es.<\/em> \u00bb (Andr\u00e9, 2016, p. 112).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je comprends un peu mieux pourquoi la m\u00e9diation de l\u2019\u00e9cran m\u2019a retenue de m\u2019impliquer dans les APP \u00e0 distance. Je ne suis pas parvenue \u00e0 sentir que nous \u00e9tions une \u00ab communaut\u00e9 \u00bb parce que je n\u2019ai pas per\u00e7u \u2013 ou su percevoir \u2013 les marques de reconnaissance, d\u2019empathie qui valident chacun, exposant, participant et animateur dans sa personne et dans son r\u00f4le. La reconnaissance, l\u2019empathie ne pouvaient circuler qu\u2019\u00e0 travers le langage verbal et la bienveillance de chacun \u00e9tait \u00e9vidente. Mais je r\u00e9alise que mon implication authentique et totale a besoin de plus que cela.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong> 5. Mise en perspective<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019arrive au bout de ma promenade. Je pourrais m\u2019arr\u00eater l\u00e0. Mais je jette un coup d\u2019\u0153il en arri\u00e8re et je me rends compte que je peux et dois mettre en perspective mes r\u00e9flexions avec d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments de cette exp\u00e9rience et de ma pratique d\u2019animatrice d\u2019APP.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai dit plus haut avoir \u00e9t\u00e9 ins\u00e9curis\u00e9e lors de la s\u00e9ance de cod\u00e9veloppement. Si j\u2019essaie d\u2019analyser d\u2019o\u00f9 pourrait venir ce sentiment, cinq raisons au moins sont possibles\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>J\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 d\u00e9j\u00e0 le manque de communication non verbale et comment je pense que ce manque a agi sur mon implication\u00a0;<\/li>\n<li>La situation analys\u00e9e \u00e9tait tr\u00e8s complexe et tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de mon quotidien professionnel. Je m\u2019\u00e9tais pourtant pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 cette s\u00e9ance en lisant les documents que nous avions re\u00e7us pr\u00e9alablement de l\u2019exposant, je m\u2019\u00e9tais document\u00e9e sur certaines dimensions qui allaient probablement \u00eatre \u00e9voqu\u00e9es. Mais j\u2019\u00e9tais consciente qu\u2019il me manquait un savoir conceptuel qui m\u2019aurait permis de me mouvoir plus ais\u00e9ment dans les m\u00e9andres de cette situation. Je dois m\u2019interroger ici sur le r\u00f4le et le statut de l\u2019animatrice que je suis\u00a0: j\u2019ai toujours d\u00e9fendu le fait que je ne dois pas \u00eatre experte du contenu, mais du processus d\u2019analyse. Or je constate qu\u2019en tant que participante, je ne me sens pas suffisamment s\u00e9cure en raison de mon inexp\u00e9rience et de mon ignorance pour intervenir comme je le ferais dans une autre situation. Que faire si je suis assaillie par un sentiment d\u2019incomp\u00e9tence lors d\u2019une animation, parce que je ne suis pas experte du contenu\u00a0? Et que vais-je faire si je per\u00e7ois qu\u2019une participante se sent ins\u00e9cure et incomp\u00e9tente pour une telle raison\u00a0? Comment le v\u00e9rifier\u00a0? Comment l\u2019inciter \u00e0 s\u2019impliquer au-del\u00e0 de sa non-expertise\u00a0? Il est certain que la r\u00e9flexion men\u00e9e ici, \u00e0 l\u2019occasion de cette exp\u00e9rience, me servira lorsque je me trouverai dans cette situation.<\/li>\n<li>Le dispositif \u00e9tait nouveau pour moi, tant au niveau du cod\u00e9veloppement qu\u2019\u00e0 celui de la vid\u00e9oconf\u00e9rence. Lorsque je me sens moins \u00e0 l\u2019aise dans un dispositif, je reste en retrait.<\/li>\n<li>En tant que participante, j\u2019aime laisser r\u00e9sonner en moi ce qui se passe au niveau du processus et l\u2019analyser en tant qu\u2019animatrice. Souvent, au cours de ces deux s\u00e9ances, je me suis plac\u00e9e en retrait pour \u00eatre attentive au \u00ab\u00a0m\u00e9ta\u00a0\u00bb, \u00e0 ce qui se jouait au-del\u00e0 des paroles, \u00e0 ce que j\u2019aurais fait si j\u2019avais \u00e9t\u00e9 animatrice \u00e0 ce moment-l\u00e0. Cette double posture n\u2019a peut-\u00eatre pas favoris\u00e9 ma pr\u00e9sence et mon implication dans l\u2019analyse.<\/li>\n<li>Je ne connaissais pas tous les participants. Qu\u2019en aurait-il \u00e9t\u00e9 si je les avais rencontr\u00e9s avant la premi\u00e8re s\u00e9ance\u00a0? Aurais-je ressenti le m\u00eame sentiment d\u2019\u00e9tranget\u00e9\u00a0? Et si nous avions poursuivi l\u2019exp\u00e9rience, ce sentiment aurait-il disparu\u00a0? L\u2019impression que je donne prend-elle plus d\u2019importance face \u00e0 des personnes que je ne connais pas\u00a0? J\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 plus haut la question de la gestion de l\u2019image. A distance ou en pr\u00e9sentiel, avec des amis ou des inconnus, chacun cherche \u00e0 \u00ab\u00a0garder la face\u00a0\u00bb comme le dit Goffman (1956), \u00e0 des degr\u00e9s diff\u00e9rents. La gestion de mon image aurait-elle pris moins de place dans mon esprit avec le temps, au fur et \u00e0 mesure qu\u2019aurait pu s\u2019installer une complicit\u00e9, une connivence avec les participants\u00a0? S\u00fbrement\u00a0!<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui me para\u00eet certain, c\u2019est que toutes ces raisons interagissent et se renforcent les unes les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains aspects du dispositif \u00e0 distance peuvent \u00e9galement exister dans une APP en pr\u00e9sentiel\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>L\u2019animateur peut choisir de distribuer la parole et de ne pas laisser les participants intervenir \u00e0 leur gr\u00e9. Lorsque j\u2019ai v\u00e9cu de telles animations, j\u2019ai \u00e9galement regrett\u00e9 que les interventions aient moins de lien les unes avec les autres que lorsque les participants peuvent rebondir sur ce qui a \u00e9t\u00e9 dit auparavant. J\u2019ai essay\u00e9 aussi, lors d\u2019une animation, de distribuer la parole. C\u2019\u00e9tait confortable, il n\u2019y avait rien \u00e0 r\u00e9guler mais c\u2019\u00e9tait insatisfaisant pour moi. Et plusieurs participants ont relev\u00e9 le manque de connexion entre les interventions.<\/li>\n<li>Dans cette exp\u00e9rience \u00e0 distance, il y a eu peu de m\u00e9tacommunication sur le processus\u00a0; nous nous sommes en effet beaucoup attach\u00e9s \u00e0 comprendre la complexit\u00e9 des situations dans le temps limit\u00e9 \u00e0 disposition. Cela peut tout aussi bien \u00eatre le cas en pr\u00e9sentiel.<\/li>\n<li>J\u2019ai mentionn\u00e9 le fait que chacun \u00e9tait confin\u00e9 \u00e0 sa place, sous l\u2019\u0153il de sa cam\u00e9ra, dans sa petite fen\u00eatre sur les \u00e9crans. Mais lorsque j\u2019am\u00e9nage l\u2019espace pour l\u2019APP, par exemple des tables en carr\u00e9 ou un cercle de chaises, j\u2019impose \u00e9galement un setting qui peut \u00eatre inhibant ou facilitant. Certes la communication non verbale est plus visible que sur un \u00e9cran, mais la gestion d\u2019image peut prendre plus de place encore.<\/li>\n<li>Il arrive aussi en pr\u00e9sentiel que les participants ne se connaissent pas et qu\u2019il faille un temps d\u2019apprivoisement.<\/li>\n<li>Chacun a ses canaux sensoriels de pr\u00e9dilection. Il est fort possible qu\u2019un autre participant, plut\u00f4t auditif, n\u2019ait pas du tout ressenti les m\u00eames manques que moi. De m\u00eame, en pr\u00e9sentiel, un participant peut \u00eatre plus sensible au verbal et para-verbal (intonation, rythme, etc.) per\u00e7us par son sens de l\u2019ou\u00efe et ne voir que peu le non-verbal.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma promenade s\u2019ach\u00e8ve ici. Elle m\u2019a permis de prendre conscience de ma perception du langage non-verbal en APP. D\u2019implicite, cette perception est devenue plus explicite et ce faisant, elle a gagn\u00e9 en importance et a d\u00e9j\u00e0 chang\u00e9 mon regard sur le processus dans les APP que j\u2019anime. Elle a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de d\u00e9tours th\u00e9oriques qui alimenteront ma r\u00e9flexion encore longtemps. Je tiens \u00e0 exprimer ma reconnaissance d\u2019avoir pu participer \u00e0 cette exp\u00e9rience, sans laquelle les interrogations \u00e9voqu\u00e9es ne seraient peut-\u00eatre pas parvenues \u00e0 ma conscience avant longtemps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Post-scriptum\u00a0:<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis la r\u00e9daction de cet article, le coronavirus a entra\u00een\u00e9 de nombreux changements dans nos vies. Cela signifie pour moi de nombreuses vid\u00e9oconf\u00e9rences de nature diverse avec un nombre variable de participants, de deux \u00e0 vingt. Je me rends compte que je parviens plus facilement \u00e0 faire abstraction du dispositif \u00e0 distance. Pourtant, plus le nombre de participants est grand, plus il est difficile de reconna\u00eetre chacun dans toutes ses dimensions et plus je per\u00e7ois douloureusement le manque de communication non verbale. Mais je r\u00e9alise surtout que dans certaines circonstances, la vid\u00e9oconf\u00e9rence est n\u00e9cessaire, voire indispensable. Elle demande ajustements, habituation, concentration, patience et bonne volont\u00e9 et permet ainsi le contact visuel malgr\u00e9 le confinement.<\/p>\n<h4><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/h4>\n<p>Andr\u00e9, C. (2016). <em>Et n\u2019oublie pas d\u2019\u00eatre heureux. Ab\u00e9c\u00e9daire de psychologie positive<\/em>. Paris\u00a0: Odile Jacob.<\/p>\n<p>Bateson, G. (1977). <em>Vers une \u00e9cologie de l\u2019esprit.<\/em> Paris\u00a0: Edition Le Seuil.<\/p>\n<p>Berthoz, A. &amp; Jorland, G. (2004). <em>L\u2019empathie<\/em>. Paris\u00a0: Odile Jacob.<\/p>\n<p>Champagne, C. (2020). Le groupe de cod\u00e9veloppement professionnel. In\u00a0<em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 18.\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=3721\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=3721<\/a>.<\/p>\n<p>Cifali, M. (2018). <em>S\u2019engager pour accompagner<\/em>. Paris\u00a0: PUF.<\/p>\n<p>Col\u00f3n de Carvajal, I. (2012). <em>Modifier le cadre participatif pour r\u00e9soudre un probl\u00e8me client : exemples d\u2019ajustement op\u00e9r\u00e9 par les professionnels dans les interactions en centre d\u2019appels<\/em>. 3\u00e8me Congr\u00e8s Mondial de Linguistique Fran\u00e7aise. Lyon, France. pp. 477-492.<\/p>\n<p>Cosnier, J. (2003a). <em>Empathie et communication\u00a0: partager les \u00e9motions d\u2019autrui<\/em>. In Coll. La communication. Etat des savoirs. Auxerre\u00a0: Editions Sciences humaines.<\/p>\n<p>Cosnier, J. (2003b). <em>Les gestes du dialogue<\/em>. In Coll. La communication. Etat des savoirs. Auxerre\u00a0: Editions Sciences humaines.<\/p>\n<p>de Fornel, M. (1994). Le cadre interactionnel de l&rsquo;\u00e9change visiophonique. <em>R\u00e9seaux. Communication &#8211; Technologie &#8211; Soci\u00e9t\u00e9<\/em>. No 64, pp. 107-132.<\/p>\n<p>Goffman, E. (1956). <em>La mise en sc\u00e8ne de la vie quotidienne. 1. La pr\u00e9sentation de soi.<\/em>\u00a0 Paris : Ed. de Minuit.<\/p>\n<p>Payette, A. &amp; Champagne, C. (1997). <em>Le groupe de cod\u00e9veloppement professionnel<\/em>. Ste-Foy\u00a0: Presses de l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p>Payette, A. (2000). Le groupe de cod\u00e9veloppement et d\u2019action learning. <em>Effectif<\/em>, vol.3, no2, p.30-35. <a href=\"http:\/\/www.aqcp.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/Codev-Effectif-2000.pdf\">http:\/\/www.aqcp.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/Codev-Effectif-2000.pdf<\/a>.<\/p>\n<p>Rizzolatti G. &amp; Sinigaglia C. (2008). <em>Les neurones \u2013 miroir<\/em>. Paris\u00a0: Odile Jacob.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. (2001). Groupe r\u00e9flexif d\u2019accompagnement et d\u2019analyse de pratiques professionnelles. Pr\u00e9sentation r\u00e9sum\u00e9e.\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.formaction.ch\/wp-content\/uploads\/thiebaud-groupe-analyse-de-pratiques-presentation-resumee.pdf\">http:\/\/www.formaction.ch\/wp-content\/uploads\/thiebaud-groupe-analyse-de-pratiques-presentation-resumee.pdf<\/a>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. (2013). Multiples b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019analyse de pratiques professionnelles en groupe : quels \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s les favorisent ? In\u00a0<em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles, <\/em>1, pp 61-72.\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=54\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=54<\/a>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. &amp; Vacher, Y. (2020). L\u2019analyse de pratiques professionnelles dans une perspective d\u2019accompagnement, d\u2019intelligence collective et de r\u00e9flexivit\u00e9. In\u00a0<em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles,<\/em> 18.\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=3716\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=3716<\/a>.<\/p>\n<p>Thirioux, B. (2014). Interview pour le magazine <em>Animation &amp; Education<\/em>. N\u00b0238. Paris\u00a0: Office Central de la Coop\u00e9ration \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole.<\/p>\n<p>Tisseron, S. (2010). <em>L\u2019empathie au c\u0153ur du jeu social<\/em>. Paris\u00a0: Albin Michel.<\/p>\n<p>Watzlawick, P. &amp; Helmick J. (1979). <em>Une logique de la communication<\/em>. Paris\u00a0: Edition du Seuil.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><br \/>\n<\/b><a href=\"#\" class=\"shortcode button  \" style=\"background-color: silver;\" target=\"\" onclick=\"\"> Haut de page<\/a>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><strong>Notes<\/strong><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Les deux d\u00e9marches exp\u00e9riment\u00e9es pr\u00e9sentent de nombreux points communs, m\u00eame si elles se diff\u00e9rencient l\u00e9g\u00e8rement au niveau des \u00e9tapes de leur d\u00e9roulement et de la vis\u00e9e (plus r\u00e9flexive pour l&rsquo;analyse de pratiques et plus orient\u00e9e vers l&rsquo;\u00e9laboration de projets d&rsquo;action pour le cod\u00e9veloppement professionnel). Les personnes int\u00e9ress\u00e9es par ces deux d\u00e9marches trouveront de plus amples renseignements dans deux articles \u00e0 para\u00eetre : Thi\u00e9baud &amp; Vacher, 2020 ; Champagne, 2020.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> De mani\u00e8re fortement simplifi\u00e9e, la communication verbale signifiera dans cet article le message, plus pr\u00e9cis\u00e9ment les mots, le vocabulaire choisis pour le faire passer. La communication non verbale d\u00e9signera tout ce qui n\u2019est pas propre \u00e0 la parole, qui ne repose pas sur les mots mais sur les gestes, attitudes, regards, expressions et micro-expressions faciales. La communication para verbale (intonation, rythme, volume, silence, etc.) sera \u00e9voqu\u00e9e mais pas explor\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Einf\u00fchlung est le terme initialement propos\u00e9 pour signifier l\u2019empathie. Il a pour sens \u00ab<em>\u00a0ressentir en dedans\u00a0<\/em>\u00bb. Einf\u00fcllung, homonyme approximatif de l\u2019Einf\u00fchlung, signifie quant \u00e0 lui \u00ab <em>le fait de remplir\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Thirioux (2014) pr\u00e9cise que les neurones miroirs ne sont pas seuls en cause\u00a0: <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>l\u2019empathie est un m\u00e9canisme<\/em> <em>sociocognitif complexe bas\u00e9 sur<\/em> <em>quatre types de sous-processus<\/em> <em>int\u00e9gr\u00e9s : automatiques, \u00e9motionnels, cognitifs et r\u00e9gulatoires. Elles<\/em><em> [les neurosciences] <\/em><em>ont mis en \u00e9vidence que la combinaison de ces sous-processus dans<\/em> <em>l\u2019empathie est sous-tendue au<\/em> <em>niveau neuro-fonctionnel par la<\/em> <em>coop\u00e9ration de plusieurs r\u00e9seaux<\/em> <em>d\u2019aires c\u00e9r\u00e9brales largement distr<\/em><em>i<\/em><em>bu\u00e9es : le syst\u00e8me miroir, le<\/em> <em>syst\u00e8me dit de \u00abth\u00e9orie de l\u2019esprit \u00bb\u2013 c\u2019est-\u00e0-dire notre facult\u00e9 \u00e0 nous<\/em> <em>repr\u00e9senter les pens\u00e9es, \u00e9motions,<\/em> <em>intentions etc. d\u2019autrui au moyen<\/em> <em>de d\u00e9ductions logiques et d\u2019inf\u00e9rences- le syst\u00e8me affectif-\u00e9motionnel et le syst\u00e8me de contr\u00f4le<\/em> <em>cognitif (fonctions ex\u00e9cutives). En<\/em> <em>tant que neuroscientifiques, nous<\/em> <em>avons montr\u00e9 qu\u2019en plus de ces<\/em> <em>quatre processus interviennent des<\/em> <em>m\u00e9canismes dits \u00ab visuo-spatiaux \u00bbet d\u2019\u00ab auto-localisation \u00bb qui sont<\/em> <em>des m\u00e9canismes cognitifs de changement de points de vue mais aussi<\/em> <em>vestibulaires, donc plus basiques,<\/em> <em>de manipulation mentale du corps<\/em> <em>propre dans l\u2019espace<\/em><em>.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"themify_builder_content-3712\" data-postid=\"3712\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-3712 themify_builder themify_builder_front\">\n\n\t<\/div>\n<!-- \/themify_builder_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Michaela Knuchel-Bossel Formatrice, enseignante, animatrice d\u2019APP m.knuchel.bossel[arobase]hep-bejune.ch R\u00e9sum\u00e9 Lors de ma participation \u00e0 une exp\u00e9rience d\u2019APP \u00e0 distance, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par le sentiment d\u00e9rangeant de manque de communication non verbale. Je suis donc partie \u00e0 l\u2019exploration des raisons de ce sentiment. A partir de mon v\u00e9cu des deux s\u00e9ances d\u2019APP, je partage et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[370,10,19],"tags":[458,373,407,457,459],"class_list":["post-3712","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-michele-knuchel-bossel","category-1texte","category-10temoignage","tag-distance","tag-empathie","tag-implication","tag-neurones-miroirs","tag-visioconference","has-post-title","no-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p3VXfJ-XS","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3712","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3712"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3712\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5050,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3712\/revisions\/5050"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3712"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3712"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3712"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}