{"id":2864,"date":"2018-01-23T12:06:31","date_gmt":"2018-01-23T11:06:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2864"},"modified":"2021-10-05T12:04:42","modified_gmt":"2021-10-05T11:04:42","slug":"11-ca-fait-combien-en-app-effets-possibles-du-groupe-sur-la-dynamique-de-lanalyse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2864","title":{"rendered":"1+1 \u00e7a fait combien en APP ? Effets possibles du groupe sur la dynamique de l\u2019analyse"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?page_id=117#yv\"><strong><em>Yann Vacher<\/em><\/strong><\/a><\/h3>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><em>Formateur chercheur, Universit\u00e9 de Corse<br \/>\n<a href=\"mailto:Vacher@univ-corse.fr\">Vacher[arobase]univ-corse.fr<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><i>R\u00e9sum\u00e9<\/i><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les effets du groupe en analyse de pratiques professionnelles (APP) sont multiples. Si certains de ces effets participent \u00e0 l\u2019atteinte des objectifs, d\u2019autres, au contraire, viennent s\u2019opposer au projet initial. A travers l\u2019\u00e9tude de quatre effets possibles du groupe, ce court article propose une grille de lecture simple des configurations d\u2019apprentissage ou de d\u00e9veloppement susceptibles d\u2019appara\u00eetre dans un dispositif d\u2019APP en groupe. A travers l\u2019\u00e9tude de l\u2019\u00e9quation \u00ab\u00a01+1=\u2026\u00a0\u00bb sont ainsi pr\u00e9sent\u00e9s les effets de co-construction, de mutualisation, de domination et d\u2019inhibition. Chacun d\u2019eux est illustr\u00e9 par une situation concr\u00e8te imagin\u00e9e pour cet \u00e9crit.<\/p>\n<h5><em>Mots-cl\u00e9s\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>co-construction, mutualisation, domination, inhibition, dynamique de groupe<\/p>\n<h5><em>Cat\u00e9gorie d&rsquo;article\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>Texte th\u00e9orique<\/p>\n<h5><em>R\u00e9f\u00e9rencement\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>Vacher, Y. (2018). 1+1 \u00e7a fait combien en APP\u00a0? Effets possibles du groupe sur la dynamique de l\u2019analyse. In <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, No 12, pp. 4-12. http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2864.<\/p>\n<hr class=\"shortcode hr light-gray\" style=\"border-width:1px;\" \/>\n<p><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/yann-vacher-revue-app-mars2018.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/download-icon.png\" alt=\"download-icon\" width=\"24\" height=\"29\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/yann-vacher-revue-app-mars2018.pdf\">Article en PDF<\/a> \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 <a href=\"#co\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/et-info-comment.png\" alt=\"et-info-comment\" width=\"30\" height=\"31\" \/><\/a>\u00a0<a href=\"#co\">Commentaires<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h5><strong><em>1 + 1 : How much in APP ? Possible effects of the group on the dynamics of the analysis<\/em><\/strong><\/h5>\n<h5><em>Abstract<\/em><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">The group\u2019s effects for Professionnal Practice Analysis are multiple. While some of these effects contribute to reach the objectives, others, quite the contrary, oppose to the initial project. Through the study of four possible effects of the group, this short article proposes a simple reading grid of learning or development configurations likely to appear in a group APP device. So, through the study of the equation \u00ab\u00a01 + 1 = &#8230;\u00a0\u00bb are presented the effects of co-construction, mutualisation, domination and inhibition. Each of them is illustrated by a concrete situation imagined for this text.<\/p>\n<h5><em>Keywords<\/em><\/h5>\n<p>co-construction, mutualisation, domination, inhibition, group dynamics<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[toc]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce court texte est une r\u00e9flexion qui r\u00e9agit, au sens chimique du terme, \u00e0 une formule utilis\u00e9e par Marc Thi\u00e9baud (2016) dans un article pr\u00e9c\u00e9dent de cette m\u00eame revue. Utilisant une m\u00e9taphore math\u00e9matique, il interroge \u00e0 propos de la co-animation l\u2019\u00e9quation \u00ab\u00a01+1\u00a0=\u00a0?\u00a0\u00bb.\u00a0 Dans mon propos, j\u2019utiliserai personnellement la formule \u00ab\u00a01+1=\u2026\u00a0\u00bb pour qualifier les dynamiques interactives et les b\u00e9n\u00e9fices qui en d\u00e9coulent dans les groupes d\u2019analyse de pratiques professionnelles (APP dans la suite du texte). Dans cette \u00e9quation les \u00ab\u00a01\u00a0\u00bb repr\u00e9sentent chacun des participants du groupe et l\u2019ensemble de leurs ressources, le \u00ab\u00a0+\u00a0\u00bb indique leurs interactions, le signe \u00ab\u00a0=\u00a0\u00bb traduit la cons\u00e9quence de ces \u00e9changes, et le r\u00e9sultat indique la nature des effets en mati\u00e8re d\u2019analyse. Plusieurs articles publi\u00e9s dans la revue de l\u2019APP<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> explorent, sans le signifier ainsi, les conditions de r\u00e9alisation de l\u2019\u00e9quation<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> \u00ab\u00a01+1= 3\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a03\u00a0\u00bb indiquant une plus-value singuli\u00e8re permise par les interactions dans le groupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le c\u0153ur de la r\u00e9flexion sera ici de proposer une grille simple de lecture des multiples situations dans lesquelles les effets de groupe offrent une r\u00e9sistance \u00e0 cette \u00e9galit\u00e9 et plus-value.\u00a0 Notons cependant que cette r\u00e9sistance peut faire partie du processus habituel\u00a0d\u2019apprentissage de l\u2019analyse en groupe. Le passage par diff\u00e9rentes configurations de l\u2019\u00e9quation (au cours d\u2019une s\u00e9ance ou de plusieurs) serait ainsi un \u00e9l\u00e9ment participant \u00e0 la dynamique du groupe et dans le temps t\u00e9moignerait du gain en maturit\u00e9 et en potentialit\u00e9 du groupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la clart\u00e9 du propos, je pr\u00e9senterai successivement chacune de ces possibilit\u00e9s en mettant en avant des postures ainsi que des interventions de participants qui illustrent les processus et dynamiques d\u2019apprentissage de d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les diff\u00e9rentes configurations. Ces illustrations auront pour support diff\u00e9rentes phases que l\u2019on retrouve g\u00e9n\u00e9ralement dans les dispositifs d\u2019APP en groupe\u00a0: questionnement de l\u2019exposant, proposition d\u2019hypoth\u00e8ses ou de mod\u00e8les\/exemples collectifs de compr\u00e9hension, \u00e9changes de clarification ayant lieu \u00e0 diff\u00e9rents moments selon les dispositifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une derni\u00e8re partie de l\u2019article proposera un regard critique sur son contenu. Il s\u2019agira d\u2019\u00e9tudier les facteurs susceptibles de relativiser l\u2019apparition des diff\u00e9rentes configurations telles qu\u2019elles sont d\u00e9crites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notons que le pr\u00e9sent texte n\u2019est pas le fruit d\u2019une recherche ; il est une th\u00e9orisation fond\u00e9e sur une approche empirique de ma propre exp\u00e9rience (hors et dans l\u2019APP), sur la reprise d\u2019un certain nombre de contenus \u00e9voqu\u00e9s par Thi\u00e9baud (2016) ainsi que sur des \u00e9l\u00e9ments issus des approches de la complexit\u00e9 (Morin, 2005) et du socio-constructivisme (Perret-Clermont, 1996; Vygotsky, 1997).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant d\u2019entrer dans l\u2019\u00e9tude de cas de figure o\u00f9 l\u2019\u00e9galit\u00e9 n\u2019est pas respect\u00e9e (1+1 \u2260 3), j\u2019\u00e9voquerai le m\u00e9canisme lorsque cette \u00e9quation traduit la plus-value des dynamiques de groupe. Trois autres configurations de non atteinte de l\u2019\u00e9galit\u00e9 (1+1 = 3) seront ensuite analys\u00e9es et illustr\u00e9es.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>1. Quand tout va bien\u00a0: en principe, 1+1 = 3\u2026<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le groupe d\u2019APP poss\u00e8de parfois un potentiel cr\u00e9atif pouvant aboutir \u00e0 des apprentissages individuels et collectifs, au d\u00e9veloppement professionnel de chacun des participants ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un collectif apprenant. Avec le temps, et lorsque les conditions favorables sont r\u00e9unies (\u00e9coute, prise de parole constructive, adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019objectif d\u2019analyse), le collectif accro\u00eet ses capacit\u00e9s \u00e0 produire une analyse enrichie ; il d\u00e9place ainsi vers l\u2019avant sa zone proximale de d\u00e9veloppement (Vygotski, 1997).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Concr\u00e8tement, cela pourrait se traduire par les \u00e9l\u00e9ments ci-apr\u00e8s dans une s\u00e9ance d\u2019APP qui comporterait une phase de r\u00e9cit d\u2019une situation, une de questions \u00e0 l\u2019exposant, puis une d\u2019\u00e9mission d\u2019hypoth\u00e8ses de compr\u00e9hension (type GFAPP<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> selon Robo, 2016) ou une phase institu\u00e9e de construction commune de \u00ab\u00a0mod\u00e8les pluriels\u00a0\u00bb de compr\u00e9hension (type ARPPEGE<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>; voir Vacher, 2015).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En \u00e9coutant le r\u00e9cit, Michel et Sabine, deux participants, ont chacun une premi\u00e8re repr\u00e9sentation de la situation expos\u00e9e. Lors de la phase de questionnement, la r\u00e9ponse que Michel obtient \u00e0 l\u2019une des questions qu\u2019il pose \u00e0 l\u2019exposant fait \u00e9voluer sa propre repr\u00e9sentation et son d\u00e9but de compr\u00e9hension de la situation. Par contre pour Sabine c\u2019est le contenu de la question de Michel qui est le d\u00e9clencheur de son \u00e9volution. Au cours du temps d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mission des hypoth\u00e8ses ou de co-construction (par l\u2019\u00e9change ou la conception de mod\u00e8les\/exemples de compr\u00e9hension en commun), le ph\u00e9nom\u00e8ne se reproduit\u00a0: Michel et Sabine cheminent et enrichissent chacun leur analyse des interventions et des hypoth\u00e8ses qu\u2019ils r\u00e9alisent quant aux analyses produites par l\u2019autre. Dans les deux cas, les repr\u00e9sentations qui se construisent ne sont pas pour autant identiques et la diversit\u00e9 d\u2019analyses demeure. Ces \u00e9volutions de chacun, t\u00e9moignant d\u2019une progression des analyses, constituent d\u00e9j\u00e0 une plus-value du type 1+1=3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le dispositif inclut une phase collective de co-construction (comme dans ARPPEGE, par petits groupes par exemple), il est alors possible que survienne un d\u00e9passement de cette \u00e9volution des repr\u00e9sentations et compr\u00e9hensions individuelles. La mise en perspective des questions, hypoth\u00e8ses et analyses produites et \u00e9nonc\u00e9es par chacun des membres du groupe peut alors permettre l\u2019\u00e9mergence d\u2019hypoth\u00e8ses et de pistes nouvelles, intentionnellement co-construites, et qui sont le produit de la mise en commun des apports individuels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019issue de la s\u00e9ance, les apports de tous les participants conduisent \u00e0 ce qu\u2019individuellement et collectivement les analyses r\u00e9alis\u00e9es par chacun soient in\u00e9dites, en ce sens qu\u2019elles sont le fruit des interactions singuli\u00e8res et impr\u00e9visibles des membres du groupe. Ce m\u00e9canisme est au c\u0153ur de la th\u00e9orie socio-constructiviste de l\u2019apprentissage et du d\u00e9veloppement\u00a0(Perret-Clermont, 1996; Vygotski, 1997) : on apprend davantage \u00e0 plusieurs mais surtout on peut potentiellement construire ensemble ce qu\u2019aucun des apprenants ne savait initialement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand tout va bien, en principe, 1+1 = 3; mais parfois (au cours d\u2019une phase, d\u2019une s\u00e9ance ou durant plusieurs d\u2019entre elles) cette co-construction de l\u2019in\u00e9dit ne fonctionne pas\u2026<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>2. Et si on partageait\u00a0: 1+1 = 2\u2026<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il arrive que l\u2019alchimie de la co-construction \u00e9voqu\u00e9e ne soit pas au rendez-vous et que, malgr\u00e9 cela, les participants tirent un bilan positif de la s\u00e9ance en termes d\u2019acquis. Sur quoi ce bilan peut-il se fonder ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque les conditions d\u2019\u00e9coute et la qualit\u00e9 de la prise de parole sont r\u00e9unies dans le groupe, chacun poss\u00e8de un espace potentiel de communication de son analyse et de son produit. Le temps de la s\u00e9ance devient alors celui du partage\/\u00e9change et les participants ressortent avec davantage que ce qu\u2019ils ne savaient ou \u00e9taient initialement mais ce plus se limite \u00e0 de la mutualisation et non \u00e0 de la co-construction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Illustrons ce cas de figure en pointant les \u00e9changes qui ont lieu apr\u00e8s la phase de questions \u00e0 l\u2019exposant. Lors d\u2019une s\u00e9ance d\u2019APP, les \u00e9changes relatifs \u00e0 l\u2019analyse d\u00e9butent avec l\u2019intervention d\u2019une participante, A\u00efssa\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je pense que le manque de communication entre les acteurs est \u00e0 l\u2019origine de la difficult\u00e9 rencontr\u00e9e dans la situation<\/em>\u00a0\u00bb. Puis Nathan propose l\u2019hypoth\u00e8se suivante\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Pour moi c\u2019est plut\u00f4t le choix du mode op\u00e9ratoire qui est d\u00e9cisif dans le cheminement de la situation<\/em>\u00a0\u00bb. Chacun d\u2019eux explicite sa compr\u00e9hension de la situation et ce qui la nourrit. Apr\u00e8s leurs prises de parole respectives, A\u00efssa et Nathan poss\u00e8dent deux hypoth\u00e8ses et analyses argument\u00e9es, peut-\u00eatre compl\u00e9mentaires. Ils peuvent s\u2019approprier celle de l\u2019autre (des autres) sans avoir \u00e0 arbitrer leur validit\u00e9, nourrissant ainsi leur\u00a0stock de \u00ab\u00a0mod\u00e8les\u00a0\u00bb de compr\u00e9hension et d\u2019analyses ; dans ce cas 1+1 est alors potentiellement \u00e9gal \u00e0 2. Un \u00e9change (discussion, confrontation) aurait pu permettre une mise en perspective de ces deux hypoth\u00e8ses, leur mixage ou t\u00e9lescopage et ainsi l\u2019\u00e9mergence possible de l\u2019in\u00e9dit du co-construit, 1+1= 3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans certains organismes, des groupes d\u2019\u00e9change et de partage de pratiques sont mis en place et fonctionnent sur ce m\u00eame type de dynamique, mais s\u2019agit-il encore d\u2019analyse s\u2019ils se limitent au partage du v\u00e9cu ? Je r\u00e9pondrais non si l\u2019on fixe que l\u2019un des objectifs principaux de l\u2019APP est le d\u00e9veloppement de capacit\u00e9s d\u2019analyse et que, de plus, le groupe offre la possibilit\u00e9 de la co-construction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai d\u00e9but\u00e9 cette partie en pr\u00e9cisant que les conditions d\u2019\u00e9coute et la qualit\u00e9 de la prise de parole \u00e9taient d\u00e9terminantes pour que le processus de mutualisation se produise (que ces conditions soient pr\u00e9sentes d\u00e8s le d\u00e9marrage du groupe ou qu\u2019elles soient le produit d\u2019un apprentissage collectif au fil des s\u00e9ances). Il arrive cependant que ce processus soit parasit\u00e9 et que le travail collectif ne soit alors plus possible.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>3. Tu en sais un peu trop pour moi. Alors, 1+1 = 1\u2026<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9volution du groupe en collectif apprenant ou de d\u00e9veloppement n\u00e9cessite que soient neutralis\u00e9es ou que disparaissent plusieurs tensions et tendances. On citera de fa\u00e7on non exhaustive le sentiment de toute puissance, les enjeux de pouvoir, la s\u00e9duction, la piti\u00e9, la logorrh\u00e9e\u2026 Ces \u00e9l\u00e9ments sont tous potentiellement de nature \u00e0 emp\u00eacher la co-construction (1+1= 3) ou la mutualisation (1+1= 2), mais que se passe-t-il lorsqu\u2019ils surgissent dans une s\u00e9ance ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Utilisons la m\u00e9taphore g\u00e9n\u00e9tique pour comprendre. Suite \u00e0 l\u2019entrelacement des brins d\u2019ADN lors de l\u2019apparition de la cellule f\u0153tale, l\u2019enfant qui na\u00eetra aura peut-\u00eatre les yeux bleus de sa m\u00e8re et non marron comme ceux de son p\u00e8re. A l\u2019image de ces g\u00eanes dominants, l\u2019expression dans un groupe peut aussi \u00eatre monopolis\u00e9e \u00e0 tel point que, de la diversit\u00e9 du groupe, ne ressorte que la seule parole d\u2019un participant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le statut singulier d\u2019une analyse peut \u00e9maner de la volont\u00e9 de domination de l\u2019un des membres du groupe, cette raison n\u2019est pas potentiellement la seule. Par exemple, la grande exp\u00e9rience professionnelle de Christelle fait que ses hypoth\u00e8ses apparaissent comme les plus valides aux yeux des autres participants, de m\u00eame que, dans d\u2019autres groupes, l\u2019\u00e9rudition d\u2019Alessandro, le charisme de Kamel ou la ma\u00eetrise rh\u00e9torique de Virginie produisent le m\u00eame effet de valorisation de l\u2019une de leurs paroles au d\u00e9triment des autres. Lorsque 1+1= 1, le potentiel cr\u00e9atif et de mutualisation du groupe dispara\u00eet et seule \u00e9merge la reconnaissance d\u2019une \u00ab\u00a0bonne analyse\u00a0\u00bb (et des \u00ab\u00a0bonnes hypoth\u00e8ses\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0bon mod\u00e8les\u00a0\u00bb qui lui sont li\u00e9s).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cas d\u2019une r\u00e9p\u00e9tition de ce type de ph\u00e9nom\u00e8ne se pose la question de la plus-value de l\u2019APP par rapport aux mod\u00e8les traditionnels des formations transmissives dans lesquels c\u2019est la parole du \u00ab\u00a0sachant\u00a0\u00bb (l\u2019enseignant, le formateur) qui est le savoir \u00e0 retenir.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>4. On ne va nulle part ? Alors, 1+1 = 0\u2026<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Poussons un peu plus loin l\u2019analyse avec le groupe pr\u00e9c\u00e9dent\u00a0: et si Alessandro l\u2019\u00e9rudit et Christelle l\u2019exp\u00e9riment\u00e9e \u00e9taient dans le m\u00eame groupe, essayons de voir ce qui pourrait se passer. Ils pourraient nourrir les \u00e9changes dans une perspective constructive, mais si ce n\u2019\u00e9tait pas le cas\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans sa \u00ab\u00a0m\u00e9thode\u00a0\u00bb, Morin (2005), utilise le mod\u00e8le g\u00e9n\u00e9tique que j\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment\u00a0; pour comprendre le fonctionnement des syst\u00e8mes complexes il se r\u00e9f\u00e8re aussi \u00e0 la biologie cellulaire. Il explique ainsi que si de nombreuses cellules ont pour effet une amplification de leur potentiel lors de leurs rencontres (1+1= 3), certaines au contraire s\u2019inhibent et perdent leur pouvoir d\u2019agir et d\u2019entrer en interaction avec les autres \u00e9l\u00e9ments du syst\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce ph\u00e9nom\u00e8ne peut survenir en APP. Si Alessandro et Christelle ne sont pas d\u2019accord et si leurs \u00e9changes ne permettent \u00e0 aucun des participants d\u2019y voir plus clair, alors un brouillard s\u2019installe\u00a0et 1+1= 0. Entre les hypoth\u00e8ses et mod\u00e8les de compr\u00e9hension dominants une concurrence de pertinence et de force se met en place et les autres participants (dont l\u2019exposant) ne sont peut-\u00eatre pas assez outill\u00e9s pour construire leur propre compr\u00e9hension ; dans ce cas, la validit\u00e9 des hypoth\u00e8ses se neutralise et parfois des conflits de l\u00e9gitimit\u00e9 s\u2019installent. Les enjeux de domination et de pouvoir ne sont pourtant pas toujours la cause de cette \u00e9quation \u00ab\u00a0destructrice\u00a0\u00bb\u00a0(1+1= 0) ; la complexit\u00e9 de la situation, les comp\u00e9tences de l\u2019animateur ou le niveau des participants dans la ma\u00eetrise des formulations sont autant de causes potentielles d\u2019apparition de ce brouillard inhibiteur. Lorsque le 1+1= 0 s\u2019installe durablement, l\u2019esp\u00e9rance de vie du groupe d\u2019APP semble r\u00e9duite et d\u2019autres modalit\u00e9s<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> de r\u00e9gulation des processus de formation ou de d\u00e9veloppement paraissent temporairement plus appropri\u00e9es.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>5. Quelques relativisations de la grille de lecture propos\u00e9e\u2026<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme tout outil de cat\u00e9gorisation, la grille de lecture que je propose s\u2019expose au risque de n\u2019entrevoir que les configurations sous un angle st\u00e9r\u00e9otypique voire caricatural. Afin de sonder ou de respecter la complexit\u00e9 pr\u00e9sente dans les situations d\u2019APP en groupe, je pr\u00e9senterai quelques \u00e9l\u00e9ments de relativisation de la grille propos\u00e9e en mettant en lumi\u00e8re la complexit\u00e9 des processus \u00e0 partir de l\u2019\u00e9tude de trois indicateurs\u00a0: la temporalit\u00e9, la singularit\u00e9 des acteurs et des contextes, les interventions de l\u2019animateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les dynamiques d\u2019apprentissage et de d\u00e9veloppement qui se mettent en place lors de la participation \u00e0 des groupes d\u2019APP, la question du temps est importante. Il est ainsi possible que les diff\u00e9rentes configurations propos\u00e9es apparaissent de fa\u00e7on synchronique ou diachronique. Dans le m\u00eame temps, une partie des participants peuvent \u00eatre par exemple dans une d\u00e9marche de mutualisation alors que les autres s\u2019inscrivent dans un processus de co-construction. La temporalit\u00e9 est aussi en question sur la totalit\u00e9 du dispositif. La perception des processus en jeu pouvant appara\u00eetre aux participants dans l\u2019inter-s\u00e9ance, voire \u00e0 l\u2019issue de plusieurs s\u00e9ances. Enfin, la construction du groupe peut se r\u00e9aliser \u00e0 travers un cheminement dont le passage par les diff\u00e9rentes configurations peut \u00eatre un ferment. De ce point de vue, il semble impossible d\u2019affirmer qu\u2019un module d\u2019APP donne lieu dans le temps \u00e0 une configuration unique ou \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, que l\u2019apparition de toutes les configurations soit un passage oblig\u00e9. Plusieurs configurations peuvent se d\u00e9velopper en parall\u00e8le, au rythme de chacun et \u00e0 travers la perception subjective du v\u00e9cu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment permettant de relativiser ma proposition est relatif au couple complexit\u00e9\/singularit\u00e9. Le processus d\u2019analyse en groupe donne lieu \u00e0 des engagements et des perceptions qui se (re)d\u00e9finissent dans la subjectivit\u00e9 de chacun des participants. Ainsi, toutes les configurations que nous avons \u00e9voqu\u00e9es ne seraient probablement pas per\u00e7ues de la m\u00eame fa\u00e7on par l\u2019ensemble des participants. L\u00e0 o\u00f9 certains verraient un \u00e9tayage de leur compr\u00e9hension par les apports experts d\u2019un participant, d\u2019autres y liraient une domination conduisant \u00e0 l\u2019inhibition de la parole\u00a0; ou, alors qu\u2019un groupe serait dans une dynamique cr\u00e9ative, l\u2019un ou l\u2019autre des participants peinerait \u00e0 entrer dans celle-ci. De m\u00eame, si une configuration dominante semble \u00eatre \u00e9tablie, l\u2019intervention d\u2019un participant sur un autre mode n\u2019a pas pour cons\u00e9quence m\u00e9canique de faire basculer ou modifier la dynamique en place.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La singularit\u00e9 des acteurs et du contexte est \u00e0 ce titre d\u00e9cisive. L\u2019histoire du groupe ou l\u2019exp\u00e9rience des participants dans la pratique de l\u2019APP constituent des \u00e9l\u00e9ments qui favoriseront, freineront ou inhiberont potentiellement l\u2019\u00e9mergence de telle ou telle configuration. Un groupe qui a l\u2019habitude de fonctionner ensemble et s\u2019est construit au fil du temps un climat de confiance et d\u2019\u00e9coute, permettra probablement l\u2019\u00e9mergence facilit\u00e9e de la configuration \u00ab\u00a01+1= 3\u00a0\u00bb. A l\u2019oppos\u00e9, un groupe d\u00e9butant, constitu\u00e9 sans volontariat initial par exemple, donnera peut-\u00eatre lieu \u00e0 l\u2019apparition des autres configurations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, dans ces deux cas de figures, l\u2019\u00e9mergence des dynamiques ne peut \u00eatre pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e, et l\u2019anticipation pr\u00e9ventive, mais non d\u00e9terministe, de l\u2019animateur (d\u00e9finition du cadre, analyse de la demande\u2026) peut favoriser une plus grande ma\u00eetrise de la situation par ce dernier. Ainsi, Le troisi\u00e8me des moyens de relativisation est relatif \u00e0 l\u2019intervention de l\u2019animateur. Ce dernier a la possibilit\u00e9, par son accompagnement\/animation de tenter de faire \u00e9voluer les configurations pr\u00e9sentes. Ses leviers sont multiples pour cela. Les rappels des r\u00e8gles, des objectifs, des engagements sont les plus \u00e9vidents mais la mise en place d\u2019une phase \u00ab\u00a0m\u00e9ta\u00a0\u00bb (Vacher, 2014), l\u2019accompagnement des reformulations, l\u2019interrogation de la port\u00e9e des apports sont autant de possibilit\u00e9s qui s\u2019offrent \u00e0 l\u2019animateur pour tenter de valoriser l\u2019\u00e9mergence des configurations. Cependant, son intervention peut aussi avoir d\u2019autres objectifs que cette valorisation. En effet, l\u2019animateur peut avoir constat\u00e9 ou anticip\u00e9 que certaines configurations ne lui paraissent pas constructives pour le d\u00e9veloppement du groupe et de l\u2019analyse\u00a0; il orientera alors le processus de fa\u00e7on \u00e0 ce qu\u2019il tende vers la configuration du \u00ab\u00a01+1= 3\u00a0\u00bb. La construction des r\u00e8gles de parole, la mise en place de temps de parole \u00e9quitables ou l\u2019instauration de sous-groupes de travail temporaires apparaissent comme des leviers possibles (non exhaustifs) pour proc\u00e9der \u00e0 ces r\u00e9gulations ou anticipations. Face aux diff\u00e9rentes configurations propos\u00e9es dans la grille de lecture, l\u2019animateur poss\u00e8de ainsi de grandes marges d\u2019intervention et de r\u00e9gulation dont on trouvera quelques pistes dans les articles de Thi\u00e9baud et Robo (2014) et Thi\u00e9baud (2015).<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>6. Le groupe d\u2019APP fait-il des maths\u00a0?<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">En guise de r\u00e9sum\u00e9, et avant de cl\u00f4turer la r\u00e9flexion, je propose le tableau suivant qui reprend les principales configurations et les effets sur la dynamique de groupe que j\u2019ai pu proposer tout au long de l\u2019article.<\/p>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"5\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"302\"><strong>Configurations<\/strong><\/td>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"302\"><strong>Effets sur la dynamique du groupe<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"302\">1+1= 3<\/td>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"302\">Co-construction<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"302\">1+1= 2<\/td>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"302\">Mutualisation<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"302\">1+1= 1<\/td>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"302\">Domination\/expertise<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"302\">1+1= 0<\/td>\n<td style=\"text-align: center;\" width=\"302\">Neutralisation\/inhibition<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je redirai aussi que les diff\u00e9rentes configurations propos\u00e9es dans cet article peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme \u00e9tant diff\u00e9rents stades de maturit\u00e9 et d\u2019apprentissage du groupe mais aussi comme combin\u00e9es et\/ou individualis\u00e9es dans la complexit\u00e9 des situations r\u00e9elles. En ce sens, il ne s\u2019agit pas pour l\u2019animateur de chercher \u00e0 les \u00e9viter mais bien de faire avec en anticipant et r\u00e9gulant ces \u00e9mergences. Face \u00e0 cette complexit\u00e9 des possibles, l\u2019intention de ce texte est bien de donner quelques rep\u00e8res sur ces effets de groupe et les \u00e9ventuelles cons\u00e9quences sur l\u2019analyse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour entrouvrir la porte de l\u2019\u00e9change sur ce sujet, je proposerai aux lecteurs quelques questions\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">quels indicateurs peuvent permettre \u00e0 l\u2019animateur de d\u00e9tecter ces diff\u00e9rentes configurations d\u2019\u00e9quation, mais aussi, peut-\u00eatre, pour que les participants en fassent un objet d\u2019analyse lors de la phase m\u00e9ta ?<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">comment l\u2019animateur et les participants peuvent-ils exploiter cette grille de lecture pour favoriser le potentiel co-constructif du groupe\u00a0?<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">existe-t-il d\u2019autres cas de figures et d\u2019\u00e9quations, 1+1 =\u00a0? &#8230;<\/li>\n<\/ul>\n<h4><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/h4>\n<p>Chocat, J. (2016). La place de l\u2019animateur comme chef d\u2019orchestre du groupe d\u2019analyse de pratiques professionnelles. <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 7, pp 54-65. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2054\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2054<\/a>.<\/p>\n<p>Gr\u00e9goire, E. (2014). Le cadre de l\u2019analyse de pratique. In\u00a0<em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 2, pp 11-19.\u00a0<a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1046\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1046<\/a>.<\/p>\n<p>Morin, E. (2005). <em>Introduction \u00e0 la pens\u00e9e complexe<\/em>. Seuil.<\/p>\n<p>Perret-Clermont, A-N (1996). <em>La construction de l\u2019intelligence dans l\u2019interaction sociale<\/em>. Peter Lang \u00e9dition.<\/p>\n<p>Rebetez, F. (2014). Le r\u00f4le de l\u2019animateur sur le climat socio-affectif comme condition d\u2019apprentissage lors d\u2019une APP.\u00a0<em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 4,<br \/>\npp. 42-53. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1383\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1383<\/a>.<\/p>\n<p>Robo, P. (2017). Vers un m\u00e9mento pour mettre en place et d\u00e9marrer un groupe d\u2019APP\u2026\u00a0<em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 10, pp 2341.\u00a0<a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2433\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2433<\/a>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. (2013). Multiples b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019analyse de pratiques professionnelles en groupe : quels \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s les favorisent ? <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>,\u00a01, pp 61-72.\u00a0<a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=54\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=54<\/a>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. et Robo, P. (2014). Comment aborde-t-on dans l\u2019APP la question de la tendance \u00e0 demander \/ donner des solutions, savoirs d\u2019expert ou conseils ? <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 2, pp 74-90. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=993\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=993<\/a>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. (2015). Animer un groupe d\u2019APP, \u00e7a s\u2019apprend. Oui mais comment ? Retour sur les formations et l\u2019exp\u00e9rience d\u00e9velopp\u00e9es en Suisse. <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 5, pp. 31-47. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1681\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1681<\/a>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. (2016). Coanimer un groupe d\u2019APP : 1+1=\u2026 ? \u00a0 <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 9, pp. 37-50. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2271\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2271<\/a>.<\/p>\n<p>Vacher, Y. (2014). Phase m\u00e9ta en APP\u2026 quels contenus, quelles fonctions\u00a0? <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 4, pp. 23-34. \u00a0<a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1379\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1379<\/a>.<\/p>\n<p>Vigotsky, L. (1997). <em>Pens\u00e9e et langage<\/em>, La dispute (\u00e9dition originale 1934).<\/p>\n<p><b><br \/>\n<\/b><a href=\"#\" class=\"shortcode button  \" style=\"background-color: silver;\" target=\"\" onclick=\"\"> Haut de page<\/a>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><strong>Notes\u00a0<\/strong><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> On citera de fa\u00e7on non exhaustive Thi\u00e9baud (2013), Gr\u00e9goire (2014), Rebetez (2014), Chocat (2016), Robo (2017).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Notons que ce \u00ab\u00a01+1\u00a0\u00bb n\u2019est qu\u2019une image repr\u00e9sentant le groupe et l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, 1+1 ne se limitant donc bien \u00e9videmment pas au nombre de deux participants.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Groupe de formation \u00e0 et par l\u2019analyse de pratiques professionnelles.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Analyse r\u00e9flexive de pratiques professionnelles en groupe d\u2019\u00e9change.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> On peut penser \u00e0 des temps de formation plus classiques avec apport de connaissances et de savoirs d\u2019exp\u00e9rience par les participants reconnus comme plus experts, \u00e0 des formes d\u2019accompagnement individuel ou encore \u00e0 un temps d\u2019\u00e9lucidation des fondements des positionnements de chacun des membres qui portent une vision \u00ab\u00a0dominante\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div id=\"themify_builder_content-2864\" data-postid=\"2864\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-2864 themify_builder themify_builder_front\">\n\n\t<\/div>\n<!-- \/themify_builder_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Yann Vacher Formateur chercheur, Universit\u00e9 de Corse Vacher[arobase]univ-corse.fr &nbsp; R\u00e9sum\u00e9 Les effets du groupe en analyse de pratiques professionnelles (APP) sont multiples. Si certains de ces effets participent \u00e0 l\u2019atteinte des objectifs, d\u2019autres, au contraire, viennent s\u2019opposer au projet initial. 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