{"id":2862,"date":"2018-01-23T11:47:50","date_gmt":"2018-01-23T10:47:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2862"},"modified":"2021-10-05T15:47:23","modified_gmt":"2021-10-05T14:47:23","slug":"accompagnement-et-analyse-de-pratiques-professionnelles-en-groupe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2862","title":{"rendered":"Accompagnement et analyse de pratiques professionnelles en groupe"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><\/h3>\n<h3><em><b><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?page_id=117#mt\">Marc Thi\u00e9baud<\/a><\/b><\/em><\/h3>\n<p><em>Psychologue, sp\u00e9cialiste de l&rsquo;accompagnement et de l&rsquo;animation de groupe, Suisse<br \/>\n<a href=\"mailto:thiebaud@formaction.ch\">thiebaud[arobase]formaction.ch<\/a><\/em><br \/>\n<em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<h4><i>R\u00e9sum\u00e9<\/i><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019analyse de pratiques professionnelles (APP) est souvent \u00e9voqu\u00e9e comme une d\u00e9marche d\u2019accompagnement. Ses sp\u00e9cificit\u00e9s dans le cadre d\u2019un groupe sont cependant rarement pr\u00e9cis\u00e9es. Ce texte a pour but de r\u00e9fl\u00e9chir aux liens entre accompagnement et APP en s\u2019appuyant sur des \u00e9crits et les exp\u00e9riences d\u2019animation et de formation \u00e0 l\u2019animation de l\u2019auteur. Quelle place les aspects d\u2019accompagnement peuvent-ils avoir ? Sous quelles formes\u00a0? \u00c0 quelles conditions ? Avec quels effets ? Les r\u00e9flexions sont d\u00e9velopp\u00e9es selon trois angles compl\u00e9mentaires en lien avec\u00a0: a) le dispositif global d\u2019APP\u00a0; b) les processus sp\u00e9cifiques d\u2019accompagnement de l\u2019exposant\u00a0par le groupe ; c) le travail de facilitation et la relation de l\u2019animateur avec le collectif.<\/p>\n<h5><em>Mots-cl\u00e9s\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>accompagnement, \u00e9thique relationnelle, posture, processus collectifs,\u00a0r\u00e9flexivit\u00e9<\/p>\n<h5><em>Cat\u00e9gorie d&rsquo;article\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>Synth\u00e8se et mise en perspective\u00a0; texte de r\u00e9flexion en lien avec des pratiques<\/p>\n<h5><em>R\u00e9f\u00e9rencement\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>Thi\u00e9baud, M. (2018). Accompagnement et analyse de pratiques professionnelles en groupe. In <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 12, pp. 13-30. http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2862.<\/p>\n<hr class=\"shortcode hr light-gray\" style=\"border-width:1px;\" \/>\n<p class=\"alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/marc-thiebaud-revue-app-mars2018.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/download-icon.png\" alt=\"download-icon\" width=\"24\" height=\"29\" \/><\/a>\u00a0<a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/marc-thiebaud-revue-app-mars2018.pdf\">Article en PDF<\/a> \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 <a href=\"#co\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/et-info-comment.png\" alt=\"et-info-comment\" width=\"30\" height=\"31\" \/><\/a>\u00a0<a href=\"#co\">Commentaires<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h5><strong><em>Accompaniment and analysis of professional practices in groups<\/em><\/strong><\/h5>\n<h5><em>Abstract<\/em><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">The analysis of professional practices (APP) is often evoked as an approach of accompaniment. However, its specificities within a group are seldom clarified. This text aims to reflect on the links between accompaniment and APP based on writings and on experiences of facilitation and animation training of the writer. Which way can be given to accompanying aspects ? In what forms? Under what conditions? With what effects? The reflections are developed according to three complementary angles related to: a) the overall APP plan; b) the specific processes of accompanying the narrator by the group; c) the animator\u2019s facilitation work and relationship with the collective.<\/p>\n<h5><em>Keywords<\/em><\/h5>\n<p>accompaniment, relational ethics, posture, collective processes, reflexivity<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[toc]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: left;\"><strong>1. Accompagnement et analyse de pratique en groupe\u00a0: quelques interrogations<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab C\u2019est tr\u00e8s riche, il y a beaucoup de choses \u00bb. \u00ab Cela suscite plein de r\u00e9flexions que je vais pouvoir m\u00fbrir, cela m\u2019ouvre des perspectives \u00e0 travailler \u00bb. \u00ab\u00a0Je vous remercie pour votre soutien et votre accompagnement. \u00bb <\/em>De telles phrases sont souvent exprim\u00e9es par la personne qui a pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une analyse de pratiques, au terme de celle-ci. La premi\u00e8re de ces phrases souligne la richesse des multiples \u00e9clairages et regards crois\u00e9s produits dans le groupe. La deuxi\u00e8me renvoie \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019ouverture et de r\u00e9flexion de la personne. La troisi\u00e8me se rapporte \u00e0 la relation qu\u2019elle a v\u00e9cue avec le groupe. C\u2019est ce troisi\u00e8me aspect qui m\u2019interroge plus particuli\u00e8rement et qui sera au centre de mon propos\u00a0: quelles sont les caract\u00e9ristiques de cet accompagnement lorsqu\u2019il est pr\u00e9sent et v\u00e9cu dans un groupe d\u2019analyse de pratiques professionnelles (APP)\u00a0? Selon quels processus peut-il se d\u00e9velopper\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m\u2019appuierai sur des t\u00e9moignages de participants, des \u00e9crits produits \u00e0 ce sujet, des d\u00e9marches de groupes r\u00e9flexifs d\u2019accompagnement et d\u2019analyse de pratiques (GRAAP) anim\u00e9es depuis 25 ans (voir Thi\u00e9baud, 2001 ; 2013) ainsi que sur les formations \u00e0 l\u2019animation de groupes d\u2019APP \u00e9labor\u00e9es<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> ces 15 derni\u00e8res ann\u00e9es dans une perspective qui met l\u2019accent sur les aspects d\u2019accompagnement (Thi\u00e9baud, 2015).<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>1.1. Diff\u00e9rentes approches et finalit\u00e9s en APP <\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il existe de nombreuses approches d\u2019APP en groupe avec des finalit\u00e9s qui peuvent \u00eatre vari\u00e9es. La place potentielle de l\u2019accompagnement diff\u00e8re de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre. Marcel, Olry, Rothier-Bautzer et Sonntag (2002) distinguent trois intentions dominantes dans les groupes d\u2019APP : a) la production de savoirs ; b) la professionnalisation (li\u00e9e \u00e0 un questionnement et \u00e0 la construction de nouvelles compr\u00e9hensions de la personne en lien avec sa pratique) ;\u00a0c) l&rsquo;\u00e9volution des pratiques (d\u00e9bouchant sur une recherche d&rsquo;optimisation, de \u00ab\u00a0bonnes pratiques\u00a0\u00bb et de performance). Les approches qui promeuvent l\u2019accompagnement s\u2019inscrivent dans la deuxi\u00e8me de ces intentions. Elles visent plut\u00f4t \u00e0 d\u00e9velopper une pratique r\u00e9flexive et \u00e0\u00a0travailler son identit\u00e9 et son projet professionnel. Elles mettent l\u2019accent sur l\u2019implication personnelle (les subjectivit\u00e9s, repr\u00e9sentations, r\u00e9sonances, prises de conscience) et la dynamique des relations entre participants (constitution du groupe et communications qui facilitent les exp\u00e9riences de soutien mutuel) (voir Thi\u00e9baud, 2013). Elles pr\u00e9sentent aussi, au-del\u00e0 de leurs finalit\u00e9s, des sp\u00e9cificit\u00e9s \u00e0 clarifier.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>1.2. Sp\u00e9cificit\u00e9s de l\u2019accompagnement en APP <\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">On consid\u00e8re volontiers l\u2019APP comme un <em>dispositif de formation accompagnante<\/em> (Robo, 2002) ou une <em>d\u00e9marche d\u2019accompagnement formateur<\/em> (Thi\u00e9baud, 2003). Une rapide \u00e9tude sur plus de cent articles parus dans le domaine de l\u2019APP depuis 2010 et accessibles via les moteurs de recherche permet de constater que pr\u00e8s de la moiti\u00e9 utilise le terme ou mentionne l\u2019id\u00e9e d\u2019accompagnement alors que moins de dix d\u2019entre eux explicitent en quoi il s\u2019agit d\u2019accompagnement et sous quelle forme il se r\u00e9alise. Il est vrai que de nos jours, cette notion est de plus en plus souvent \u00e9voqu\u00e9e. Elle est donc parfois utilis\u00e9e pour signifier que dans l\u2019APP, on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 analyser la singularit\u00e9 des pratiques v\u00e9cues par les participants et que ceux-ci peuvent s\u2019y sentir reconnus et soutenus. Selon Vacher (2018), si l\u2019APP et l\u2019accompagnement partagent des \u00e9l\u00e9ments communs (\u00e9coute, s\u00e9curisation du dispositif, contractualisation), ils ne se superposent pas exactement. L\u2019accompagnement renvoie \u00e0 des objectifs, des principes et des processus sp\u00e9cifiques. Dans un groupe d\u2019APP, cela implique de d\u00e9velopper une <em>\u00ab\u00a0posture clinique\u00a0\u00bb<\/em> (Cifali, 2007). De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, on peut distinguer dans cette perspective quatre configurations (non exclusives l\u2019une de l\u2019autre) :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>l\u2019accompagnement d\u2019un exposant par le groupe (la plus fr\u00e9quemment mentionn\u00e9e)\u00a0;<\/li>\n<li>l\u2019accompagnement d\u2019un exposant par l\u2019animateur du groupe ou un pair au sein d\u2019un collectif dont les membres sont observateurs ou se limitent \u00e0 donner un simple \u00e9cho ;<\/li>\n<li>l\u2019accompagnement en plusieurs dyades qui travaillent en parall\u00e8le au sein du groupe<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>;<\/li>\n<li>l\u2019accompagnement mutuel v\u00e9cu entre tous les participants pendant une analyse de pratique en lien avec les \u00e9changes d\u00e9velopp\u00e9s entre eux.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je me limiterai \u00e0 l\u2019accompagnement dans la premi\u00e8re configuration qui sp\u00e9cifie trois r\u00f4les (voir par exemple Guillemette, 2017\u00a0; Gregoire, 2014\u00a0; Robo, 2002\u00a0; Thi\u00e9baud, 2001) :<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li>l\u2019exposant qui vient avec un questionnement et pr\u00e9sente sa pratique professionnelle\u00a0;<\/li>\n<li>les participants qui s\u2019engagent \u00e0 accompagner collectivement l\u2019exposant en d\u00e9veloppant une analyse centr\u00e9e sur sa pratique qui vise \u00e0 stimuler sa r\u00e9flexion (ils vont aussi se questionner et faire des liens avec leur propre pratique, mais ils ne l\u2019exposent pas)\u00a0;<\/li>\n<li>la personne charg\u00e9e de l\u2019animation qui favorise des \u00e9changes durant lesquels les ressources de l\u2019ensemble des participants sont sollicit\u00e9es par rapport \u00e0 la pratique analys\u00e9e, dans une perspective d\u2019accompagnement de la personne qui pr\u00e9sente celle-ci.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet accompagnement par le collectif soul\u00e8ve de nombreuses questions. En effet, on parle g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019une relation entre un accompagnant et une personne (en dyade) ou entre un accompagnant et un groupe ou une \u00e9quipe (voir Le Bou\u00ebdec, 2016\u00a0; Paul, 2004, 2016\u00a0; Vial et Caparros-Mencacci, 2007). Or nous avons ici une configuration invers\u00e9e\u00a0: c\u2019est un collectif qui, dans une r\u00e9flexion commune, accompagne une personne. L\u2019exp\u00e9rience montre que cet accompagnement est possible et qu\u2019il offre de multiples b\u00e9n\u00e9fices (voir Thi\u00e9baud, 2013), ouvrant des possibilit\u00e9s autres que celles d\u2019un accompagnement par un individu. Il est cependant loin d\u2019\u00eatre facile. Si le collectif apporte une grande richesse, il doit parvenir \u00e0 travailler en synergie et avec souplesse dans sa relation avec l\u2019accompagn\u00e9. Comment un tel accompagnement peut-il se r\u00e9aliser\u00a0? Qui plus est, par des participants \u00ab\u00a0accompagnants\u00a0\u00bb souvent non form\u00e9s \u00e0 l\u2019accompagnement\u00a0? Quelle place peut-il avoir en APP\u00a0? Et en quoi consiste-t-il\u00a0? Dans quelle mesure l\u2019analyse par le groupe peut-elle \u00eatre de l\u2019accompagnement ? \u00c0 quelles conditions ? Qu\u2019est-ce que cela implique pour l\u2019animation\u00a0? Pour tenter de r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, je pr\u00e9senterai quelques \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9finition de l\u2019accompagnement, puis je d\u00e9velopperai des r\u00e9flexions selon trois angles compl\u00e9mentaires :<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li>la dynamique collective que le dispositif global d\u2019APP est susceptible de favoriser\u00a0;<\/li>\n<li>les processus d\u2019accompagnement par le groupe qui peuvent \u00eatre mobilis\u00e9s en APP\u00a0;<\/li>\n<li>le travail de facilitation de cet accompagnement collectif par l\u2019animateur du groupe.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chacun de ces points renvoie \u00e0 des d\u00e9fis qu\u2019il s\u2019agit de relever pour qu\u2019un accompagnement de l\u2019exposant par le collectif puisse se r\u00e9aliser en APP.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>2. Qu\u2019entendre par \u00ab\u00a0accompagnement\u00a0\u00bb\u00a0? <\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le terme \u00ab\u00a0accompagnement\u00a0\u00bb est de plus en plus utilis\u00e9 dans un contexte o\u00f9 appara\u00eet la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9velopper la capacit\u00e9 \u00e0 penser la complexit\u00e9 des pratiques professionnelles. Il n\u2019est pas \u00e9tonnant ainsi de constater que ce terme soit devenu pour ainsi dire, un mot valise, le plus souvent polys\u00e9mique et r\u00e9f\u00e9rant alors \u00e0 une grande vari\u00e9t\u00e9 de pratiques et de contextes\u00a0: une \u00ab\u00a0<em>n\u00e9buleuse<\/em>\u00a0\u00bb selon l\u2019expression de Paul (2003).\u00a0 Le Bou\u00ebdec, Lavenier et Pasquier (2016) \u00e9voquent l\u2019id\u00e9e \u00ab\u00a0<em>d\u2019im-posture\u00a0\u00bb <\/em>en lien avec la prolif\u00e9ration s\u00e9mantique observ\u00e9e. L\u2019accompagnement est aussi \u00ab<em>\u00a0prot\u00e9iforme\u00a0<\/em>\u00bb selon Paul (2004) et il s\u2019inscrit dans des courants aux fondements tr\u00e8s diff\u00e9rents, ce qui en rend difficile une d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale. \u00ab\u00a0<em>Autant il est possible de d\u00e9crire un accompagnement, autant il est difficile de parler de l\u2019accompagnement.<\/em> \u00bb (Paul, 2016, p. 15). De m\u00eame que la notion de \u00ab\u00a0pratique\u00a0\u00bb renvoie \u00e0 quelque chose de singulier, situ\u00e9, l\u2019accompagnement doit n\u00e9cessairement \u00eatre \u00ab\u00a0<em>ajust\u00e9 \u00e0 chaque personne, \u00e0 chaque contexte et situation\u00a0<\/em>\u00bb (Paul, 2016, p. 16). Cependant, des auteurs comme Le Bou\u00ebdec <em>et al<\/em>. (2001, 2002, 2016), Paul (2004, 2009, 2016) et Vial et Caparros-Mencacci (2007) ont soulign\u00e9 l\u2019importance de se donner des rep\u00e8res pour s\u2019orienter dans cette complexit\u00e9 et ils en proposent plusieurs. Pour mes r\u00e9flexions en lien avec l\u2019APP de groupe, j\u2019en retiendrai les quatre \u00e9l\u00e9ments principaux ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>La relation<\/em><\/strong><em>.<\/em> Elle est au c\u0153ur de l\u2019accompagnement. Cette relation est asym\u00e9trique, construite avec la compl\u00e9mentarit\u00e9 des comp\u00e9tences de chacun, inscrite dans la reconnaissance de la subjectivit\u00e9 et de la singularit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience. Paul (2009, p. 95) part de la s\u00e9mantique du verbe accompagner pour mieux le d\u00e9finir\u00a0: <em>\u00ab\u00a0ac-cum-pagnis, ac (vers), cum (avec), pagnis (pain), dotant l\u2019accompagnement d\u2019une double dimension de relation et de cheminement. [\u2026] Se joindre \u00e0 quelqu\u2019un (dimension relationnelle), pour aller o\u00f9 il va (dimension temporelle et op\u00e9rationnelle), en m\u00eame temps que lui : \u00e0 son rythme, \u00e0 sa mesure, \u00e0 sa port\u00e9e. Tel est le principe de base : l\u2019action se r\u00e8gle \u00e0 partir de l\u2019autre, de ce qu\u2019il est, de l\u00e0 o\u00f9 il en est.\u00a0[\u2026] <\/em><em>La dimension relationnelle est premi\u00e8re. La dimension op\u00e9rationnelle lui est subordonn\u00e9e. La \u00ab\u00a0mise en relation\u00a0\u00bb (avec) est la condition de la \u00ab\u00a0mise en chemin\u00a0\u00bb (vers). <\/em><em>\u00bb<\/em> La qualit\u00e9 de la relation, de l\u2019\u00e9coute et de la confiance est centrale dans l\u2019accompagnement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>La posture<\/em><\/strong><em>. <\/em>Les auteurs cit\u00e9s \u00e9voquent tous une posture sp\u00e9cifique, qui \u00e0 partir d\u2019une demande de l\u2019accompagn\u00e9, vise \u00e0 mobiliser ses ressources et \u00e0 soutenir son d\u00e9veloppement. L\u2019accompagnement est \u00ab\u00a0<em>une forme particuli\u00e8re d\u2019\u00e9tayage, \u00e0 distinguer du guidage\u00a0\u00bb <\/em>(Vial et Caparros-Mencacci, 2007). L\u2019accompagnant \u00ab <em>ne d\u00e9tient pas le sens profond de l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019accompagn\u00e9<\/em> \u00bb (Le Bou\u00ebdec <em>et al<\/em>., 2001, p. 49). Il favorise la r\u00e9flexion de l\u2019accompagn\u00e9 qui r\u00e9alise lui-m\u00eame les prises de conscience et changements dans la direction qu\u2019il a choisie. La posture d\u2019accompagnement comporte trois composantes cl\u00e9s pour Le Bou\u00ebdec (2002, p.18) : <em>\u00ab accueillir et \u00e9couter \u00bb, \u00ab aider \u00e0 discerner et d\u00e9lib\u00e9rer \u00bb, et \u00ab cheminer aux c\u00f4t\u00e9s de \u00bb<\/em>. Il souligne que l\u2019accompagnant n\u2019occupe pas le premier r\u00f4le, sa posture est humble, en retrait par rapport \u00e0 la personne accompagn\u00e9e. <em>\u00ab\u00a0C<\/em><em>elui qui accompagne est second, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0suivant\u00a0\u00bb (et non \u00ab\u00a0suiveur\u00a0\u00bb<\/em>) selon Paul (2009, p. 96). Pour autant, il ne s\u2019efface pas, il fait tiers dans la relation que l\u2019accompagn\u00e9 a avec sa pratique, ses valeurs et le r\u00e9el. Par son questionnement ouvert et ses stimulations, il aide l\u2019accompagn\u00e9 \u00e0 travailler \u00e0 l\u2019\u00e9lucidation de son projet, \u00e0 la construction de rep\u00e8res et \u00e0 son \u00e9mancipation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Le cheminement<\/em><\/strong><em>. <\/em>Le processus d\u2019accompagnement est coconstruit, \u00e9mergent, il ne peut pas \u00eatre programm\u00e9. Si l\u2019accompagnant l\u2019oriente \u00e0 un moment ou un autre par ses questions et ses r\u00e9flexions, il le fait \u00e0 partir d\u2019une \u00e9coute, dans le cours de la relation et le respect de l\u2019\u00e9volution de l\u2019accompagn\u00e9 et non selon une trajectoire pr\u00e9d\u00e9finie. <em>\u00ab Accompagner, c\u2019est \u00eatre personne ressource, ici et maintenant, et ce \u00ab \u00eatre avec \u00bb fera que le chemin se trace, que des buts nouveaux apparaissent, que les effets naissent \u2013 largement impr\u00e9vus <\/em>\u00bb (Vial et Caparros-Mencacci, 2007, p. 34). Ainsi \u00ab\u00a0<em>l<\/em><em>\u2019id\u00e9e de\u00a0cheminement\u00a0pr\u00e9vaut sur celle d\u2019un but \u00e0 atteindre. Dans cette avanc\u00e9e, le but n\u2019est<\/em> <em>jamais repr\u00e9sent\u00e9 de mani\u00e8re<\/em> <em>concr\u00e8te<\/em> <em>et d\u00e9finitive avant la mise en mouvement. Se donner une direction constitue une ressource mais ne d\u00e9termine pas le but [\u2026] il peut changer au cours du cheminement.\u00a0<\/em>\u00bb (Paul, 2009, p. 97).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>L\u2019\u00e9thique<\/em><\/strong><em>.<\/em> Les auteurs cit\u00e9s \u00e9voquent l\u2019importance des aspects \u00e9thiques, qui sont li\u00e9s \u00e0 la relation entre accompagnant et accompagn\u00e9\u00a0et ne sont pas des principes moraux. Une \u00e9thique de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, de la rencontre, qui renvoie \u00e0 des valeurs partag\u00e9es d\u2019ouverture, de bienveillance, de respect. Elle implique \u00ab <em>la prise de conscience de la faillibilit\u00e9 de son propre point de vue, la reconnaissance de l\u2019autre en sa particularit\u00e9 irr\u00e9ductible autant que la recherche de ce qu\u2019il y a de commun <\/em>\u00bb (Paul, 2016, p. 151). L\u2019accompagnement s\u2019inscrit ainsi dans une r\u00e9ciprocit\u00e9\u00a0: l\u2019accompagnant n\u2019est pas dans la ma\u00eetrise, il se questionne, il est r\u00e9ceptif \u00e0 ce qui peut l\u2019affecter et le modifier dans la relation comme \u00e0 ce qu\u2019exprime et vit l\u2019accompagn\u00e9. Il s\u2019expose \u00e0 l\u2019impr\u00e9vu et au doute, s\u2019ouvre aux incertitudes et \u00e0 la diversit\u00e9 des possibles. \u00a0\u00ab <em>Le professionnel entre dans le domaine \u00e9thique \u00e0 partir de ces points de vue plus ou moins contradictoires qu\u2019il porte, il se met en processus d\u2019auto questionnement. <\/em>[\u2026]<em> L\u2019\u00e9thique est au c\u0153ur de l\u2019accompagnement professionnel, parce que la rationalit\u00e9 humaine est limit\u00e9e. <\/em>\u00bb (Vial et Caparros-Mencacci, 2007, p. 105). Pour Le Bou\u00ebdec <em>et al<\/em>. (2016), l\u2019accompagnement se d\u00e9veloppe dans une foi, une confiance en l\u2019\u00eatre humain. Il rejoint l\u2019approche humaniste et les trois \u00ab\u00a0conditions\u00a0\u00bb expos\u00e9es par Rogers (1972)\u00a0que sont la congruence, le regard positif inconditionnel, la compr\u00e9hension empathique\u00a0; et ce, avec la dialectique dans laquelle elles s\u2019expriment, entre implication et distanciation\u00a0: comment comprendre l\u2019autre, aller \u00e0 sa rencontre sans l\u2019enfermer ni perdre sa propre place ; comment \u00eatre authentique, attentif \u00e0 soi\u2026 en gardant l\u2019ouverture \u00e0 l\u2019autre et la souplesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Relation de confiance, posture humble au service de la demande exprim\u00e9e par l\u2019accompagn\u00e9, cheminement coconstruit, \u00e9thique de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et de la r\u00e9ciprocit\u00e9\u00a0: je me r\u00e9f\u00e9rerai \u00e0 ces quatre \u00e9l\u00e9ments &#8211; rep\u00e8res pour r\u00e9fl\u00e9chir aux liens entre accompagnement et APP.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>3. Quelle dynamique collective le<\/strong> <strong>dispositif global d\u2019APP\u00a0peut-il favoriser ? <\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un groupe n\u2019est pas une collection d\u2019individus. Un accompagnement par le groupe n\u00e9cessite le d\u00e9veloppement d\u2019une dynamique collective favorable. Il s\u2019agit d\u2019atteindre une capacit\u00e9 synergique (et non une pens\u00e9e de groupe unie\u00a0; cf. le <em>groupthink<\/em> de Janis, 1972). J\u2019aborde ce premier d\u00e9fi en \u00e9voquant trois caract\u00e9ristiques pr\u00e9sentes dans tout groupe d\u2019APP travaillant \u00e0 l\u2019analyse de la pratique d\u2019un exposant. Ces caract\u00e9ristiques peuvent susciter une dynamique propice \u00e0 l\u2019accompagnement par le groupe. Cela ne signifie pas que celui-ci se d\u00e9veloppera. La mobilisation de processus sp\u00e9cifiques est requise (expos\u00e9s dans la partie 4).<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>3.1. Un cadre qui organise le travail collectif et d\u00e9veloppe des valeurs partag\u00e9es <\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cadre mis en place pour l\u2019APP aide le groupe \u00e0 se constituer et donne des rep\u00e8res aux participants. Ceux-ci \u00e9voquent souvent le r\u00f4le important qu\u2019il joue\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le cadre instaur\u00e9 me s\u00e9curise.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Cela nous aide \u00e0 travailler tous dans la m\u00eame direction.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Je comprends qu\u2019il ne s\u2019agit pas de donner des conseils, mais quel d\u00e9fi\u00a0!\u00a0\u00bb <\/em>Gregoire (2014) mentionne quatre \u00e9l\u00e9ments principaux dans le cadre\u00a0: les aspects <em>spatio-temporels<\/em> (lieu, horaire, r\u00e9gularit\u00e9, rythme des s\u00e9ances, etc.)\u00a0; les <em>r\u00e8gles<\/em> (confidentialit\u00e9, respect, non jugement, etc.)\u00a0; les <em>postulats ou principes fondamentaux <\/em>(le travail d\u2019analyse repose sur des attitudes de r\u00e9ceptivit\u00e9, de compr\u00e9hension, d\u2019empathie, de centration sur l\u2019exposant, son exp\u00e9rience et sa pratique)\u00a0; les <em>objectifs<\/em> (au service de la professionnalisation). Selon Blanchard-Laville et Nadot (2004, p. 131),<em> \u00ab\u00a0ce cadre est fait d\u2019un espace, de rep\u00e8res temporels, de r\u00e8gles et limites, d\u2019un esprit. En alliant fermet\u00e9 et souplesse, il est vivant. Il permet d\u2019\u00eatre attentif \u00e0 la vie de groupe ainsi qu\u2019\u00e0 la singularit\u00e9 de chacun\/e. Il s\u2019agit que le groupe ait une certaine homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, qui ne soit pas une uniformit\u00e9 d\u00e9vitalisante.\u00a0\u00bb<\/em> Ces \u00e9l\u00e9ments, lorsqu\u2019ils sont bien clarifi\u00e9s et l\u2019objet d\u2019un suivi, vont aider les participants \u00e0 d\u00e9velopper un sens partag\u00e9 et une dynamique de travail collectif, m\u00eame s\u2019ils ne peuvent pas toujours d\u2019embl\u00e9e se les approprier (un apprentissage est n\u00e9cessaire ;\u00a0Thi\u00e9baud et Robo, 2014\u00a0; Clerc et Roche, 2017).<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>3.2. Une attention convergente autour d\u2019un objet commun, la pratique expos\u00e9e<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autre caract\u00e9ristique facilitante r\u00e9side dans le fait qu\u2019en APP, les participants ciblent la r\u00e9flexion avec l\u2019exposant sur sa pratique. Celle-ci<em> \u00ab focalise l\u2019attention de tous. Elle devient objet concret pour l\u2019analyse et le d\u00e9veloppement de l\u2019intelligence collective, qui s\u2019en trouve facilit\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/em> (Thi\u00e9baud, 2013, p. 65). Ce focus central aide chacun \u00e0 travailler au diapason dans son effort d\u2019empathie pour \u00ab\u00a0reconstruire\u00a0\u00bb sa compr\u00e9hension de la pratique de l\u2019exposant. Cet \u00ab\u00a0objet-lien\u00a0\u00bb, m\u00eame s\u2019il est large et gagne \u00e0 \u00eatre pr\u00e9cis\u00e9 dans l\u2019APP, est un \u00e9l\u00e9ment essentiel pour la dynamique du groupe. <em>\u00ab\u00a0Il est fascinant de voir la compl\u00e9mentarit\u00e9 des apports de chacun\u00a0convergeant dans la m\u00eame direction. \u00bb<\/em> dit une participante. Cette dynamique est amplifi\u00e9e par l\u2019organisation de l\u2019APP selon diff\u00e9rentes \u00e9tapes structur\u00e9es autour de la pratique expos\u00e9e (par exemple\u00a0: r\u00e9cit &#8211; questions de clarification \u00e0 l\u2019exposant &#8211; partage d\u2019hypoth\u00e8ses et d\u2019\u00e9clairages &#8211; mise en perspective et m\u00e9ta-analyse). Cela facilite un travail en coh\u00e9sion, au niveau de la pens\u00e9e et de la prise de parole dans le groupe (chacun pose des questions \u00e0 une \u00e9tape, exprime des hypoth\u00e8ses ou ses v\u00e9cus \u00e0 une autre, etc.).<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>3.3. Des relations de r\u00e9ciprocit\u00e9 entre pairs<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les participants \u00e9voquent souvent l\u2019effet soutenant produit par l\u2019attention re\u00e7ue du groupe en tant qu\u2019exposant\u00a0: <em>\u00ab\u00a0J\u2019ai aim\u00e9 cette \u00e9coute de tout le monde, cela me donne une \u00e9nergie incroyable que j\u2019emporte avec moi.\u00a0\u00bb <\/em>Cette exp\u00e9rience est v\u00e9cue comme exceptionnelle de par son intensit\u00e9, ce qui explique parfois que la personne dise se sentir \u00ab\u00a0accompagn\u00e9e\u00a0\u00bb. Le fait que chacun peut \u00e0 son tour b\u00e9n\u00e9ficier du travail r\u00e9flexif en lien avec sa pratique suscite, selon Guillemette et Simon (2014, p. 15), \u00ab\u00a0<em>l\u2019\u00e9volution d\u2019une dynamique, passant de l\u2019individuel au collectif, o\u00f9 chacun devient tant\u00f4t personne accompagn\u00e9e, tant\u00f4t personne accompagnatrice, entra\u00eenant une coconstruction et une coformation.<\/em>\u00a0\u00bb \u00a0En outre, chaque participant aura tendance \u00e0 \u00e9couter et intervenir durant l\u2019APP comme il souhaite que les autres le fassent lorsqu\u2019il sera exposant. Apr\u00e8s avoir eu la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0accompagn\u00e9\u00a0\u00bb, il sera davantage sensible \u00e0 la mani\u00e8re dont les paroles exprim\u00e9es dans le groupe peuvent \u00eatre per\u00e7ues par l\u2019exposant. Le tour de r\u00f4le instaure de fait une r\u00e9ciprocit\u00e9 et favorise le respect mutuel. Par ailleurs, la pratique d\u2019un participant r\u00e9sonne chez d\u2019autres. La prise de conscience exprim\u00e9e par l\u2019un stimule des questionnements chez d\u2019autres. La r\u00e9ciprocit\u00e9 s\u2019en trouve renforc\u00e9e. <em>\u00ab\u00a0Je sens que des liens particuliers se cr\u00e9ent entre nous\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Une confiance grandit \u00bb. \u00ab\u00a0On se rejoint dans ce qu\u2019il<\/em><em> y a de commun dans chaque \u00eatre humain\u00a0\u00bb.<\/em> Comme le cadre et le focus d\u2019attention \u00e9voqu\u00e9s, cette r\u00e9ciprocit\u00e9 contribue au d\u00e9veloppement d\u2019une dynamique collective propice \u00e0 un accompagnement par le groupe (d\u2019autant plus importante que les attentes des participants vis-\u00e0-vis de l\u2019APP vont vers un soutien entre pairs).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces trois caract\u00e9ristiques favorisent des relations impr\u00e9gn\u00e9es d\u2019une \u00e9thique n\u00e9cessaire (voir les \u00e9l\u00e9ments de la partie 2). Elles ne suffisent cependant pas. Il importe qu\u2019une posture d\u2019accompagnement collectif puisse \u00eatre actualis\u00e9e avec l\u2019exposant et que des processus sp\u00e9cifiques soient mobilis\u00e9s, au service du cheminement et de l\u2019\u00e9mancipation de ce dernier.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>4. Quels<\/strong> <strong>processus sp\u00e9cifiques d\u2019accompagnement<\/strong> <strong>peuvent<\/strong> <strong>\u00eatre<\/strong> <strong>mobilis\u00e9s<\/strong> <strong>en<\/strong> <strong>APP ?<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un v\u00e9ritable d\u00e9fi pour un groupe de parvenir \u00e0 d\u00e9velopper dans l\u2019APP avec un exposant une posture qui accompagne ce dernier dans une direction et un cheminement qui lui sont propres. Je m\u2019appuierai sur les exp\u00e9riences que j\u2019ai v\u00e9cues depuis 25 ans afin d\u2019examiner quelques processus (non exhaustifs) susceptibles d\u2019aider \u00e0 relever ce d\u00e9fi. Il s\u2019agit de processus collectifs qui doivent s\u2019appuyer sur des dispositions personnelles que je ne d\u00e9velopperai pas ici. Cifali (2007) les d\u00e9crit avec pr\u00e9cision (elle \u00e9voque\u00a0: patience, pr\u00e9sence d\u2019esprit, humilit\u00e9,\u00a0flair, sagacit\u00e9, sensibilit\u00e9, authenticit\u00e9, capacit\u00e9 d\u2019attention). Les processus que je pr\u00e9senterai gagnent \u00e0 \u00eatre mis en \u0153uvre conjointement, leurs effets \u00e9tant synergiques (m\u00eame si ce n\u2019est pas toujours possible\u00a0: l\u2019accompagnement par le collectif se d\u00e9veloppe en effet progressivement, en souplesse\u00a0et comme tout accompagnement, il ne peut pas \u00eatre pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9). La mobilisation de ces processus n\u00e9cessite une clarification et une contractualisation en amont, lors de la mise en place ou dans le cours de l\u2019APP, dans une concertation avec et entre tous les acteurs concern\u00e9s (voir Thi\u00e9baud, 2017). Vu l\u2019espace imparti pour cet article, je ne pourrai pas d\u00e9velopper ces aspects ni pr\u00e9senter des d\u00e9tails et des exemples. Au risque de r\u00e9duire la complexit\u00e9 (l\u2019accompagnement est en outre en lien avec d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s\u00a0; voir Thi\u00e9baud 2013), je pr\u00e9senterai successivement sept processus en \u00e9voquant leur mise en \u0153uvre et leurs apports ainsi qu\u2019une ou l\u2019autre difficult\u00e9 \u00e0 laquelle on peut \u00eatre confront\u00e9. Le travail de facilitation par l\u2019animateur sera abord\u00e9 dans la partie 5. Un r\u00e9sum\u00e9 avec quelques indications pratiques figure par ailleurs en annexe.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>4.1. Le choix d\u2019exposants d\u00e9sireux de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un accompagnement <\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce choix op\u00e9r\u00e9 lors de l\u2019\u00e9tape pr\u00e9liminaire de toute rencontre d\u2019APP n\u2019est pas anodin si l\u2019on veut favoriser un accompagnement par le groupe. Il s\u2019agit de privil\u00e9gier, comme crit\u00e8re pour le choix, l\u2019implication des personnes, leur motivation \u00e0 \u00eatre accompagn\u00e9es pour ouvrir leur compr\u00e9hension par rapport \u00e0 leur pratique. Il est plus facile d\u2019envisager un travail d\u2019accompagnement lorsque, selon les termes de Blanchard-Laville et Nadot (2004, p. 130)<em> \u00ab\u00a0les participants viennent pour continuer \u00e0 se former comme praticiens, transformer leur pratique, se transformer dans l\u2019exercice de leur pratique ; se transformer comme praticiens par une d\u00e9marche o\u00f9 il s\u2019agit avant tout d\u2019\u00e9laborer son rapport \u00e0 soi, \u00e0 son soi professionnel, son lien aux autres, ces autres auxquels le relie la pratique professionnelle. \u00bb <\/em>Il est ainsi int\u00e9ressant d\u2019entendre les personnes s\u2019exprimer sur leur questionnement et leur projet. Pour \u00e9viter que cela prenne trop de temps, seules les personnes qui d\u00e9sirent \u00eatre accompagn\u00e9es sont invit\u00e9es \u00e0 communiquer en quelques phrases leur int\u00e9r\u00eat et le degr\u00e9 de leur motivation. S\u2019il y a trop d\u2019exposants potentiels, elles pourront se d\u00e9terminer entre elles (leur demande pour un accompagnement primant sur les souhaits des autres participants).<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>4.2. Un travail collectif reli\u00e9 \u00e0 une demande clarifi\u00e9e avec l\u2019exposant <\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n\u2019y a pas d\u2019accompagnement sans demande de l\u2019accompagn\u00e9 et sans\u2026 travail de clarification de la demande. Dans ce travail, il s\u2019agit d\u2019aider \u00e0 l\u2019explicitation \u00e0 la fois de ce qui pr\u00e9occupe la personne, de ses besoins, de ce \u00e0 quoi elle aspire et du r\u00f4le attendu de la part du collectif accompagnant. En APP, il est utile d\u2019inviter la personne \u00e0 exprimer une demande au groupe avant le r\u00e9cit. Cela permet de pr\u00e9ciser la ou les question(s) qui l\u2019habite(nt) ainsi que la contribution souhait\u00e9e du groupe et de faire un \u00ab\u00a0contrat\u00a0\u00bb entre l\u2019exposant et les participants pour commencer l\u2019APP. L\u2019importance d\u2019un contrat pour l\u2019accompagnement est soulign\u00e9e notamment par Balas-Chanel (2014) et P\u00e9aud (2015). Une difficult\u00e9 r\u00e9side dans le fait que souvent, l\u2019exposant ne parvient pas \u00e0 \u00eatre d\u2019embl\u00e9e clair par rapport \u00e0 sa demande. Comment le travail de clarification n\u00e9cessaire pourra-t-il \u00eatre accompagn\u00e9 par le groupe\u00a0? Diff\u00e9rents participants peuvent reformuler \u00e0 cet effet leur compr\u00e9hension \u00e0 l\u2019exposant et l\u2019aider ainsi \u00e0 pr\u00e9ciser. Il est pr\u00e9f\u00e9rable de mobiliser imm\u00e9diatement les ressources collectives plut\u00f4t que de d\u00e9velopper un dialogue seulement \u00e0 deux. Par ailleurs, il ne s\u2019agit pas de vouloir entrer dans les d\u00e9tails ni de fixer la demande, il suffit de comprendre la direction souhait\u00e9e par l\u2019exposant pour favoriser la possibilit\u00e9 d\u2019un accompagnement. <em>\u00ab\u00a0Au fur et \u00e0 mesure, la question et la demande de \u00ab d\u00e9part \u00bb vont le plus souvent \u00e9voluer, parfois m\u00eame tr\u00e8s vite et cela facilite aussi la prise de conscience notamment des repr\u00e9sentations \u00e0 l\u2019\u0153uvre.\u00a0\u00bb<\/em> (Thi\u00e9baud, 2013, p. 65). Cette demande devient un focus (\u00ab\u00a0objet-lien\u00a0\u00bb) pour le travail collectif de m\u00eame que la pratique expos\u00e9e (voir 3.2).<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>4.3. Un collectif qui chemine avec l\u2019exposant dans une posture d\u2019accompagnement <\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette clarification de la demande et du contrat d\u2019accompagnement aide le groupe \u00e0 d\u00e9velopper une posture d\u2019accompagnement (en <em>\u00ab\u00a0suivant\u00a0\u00bb<\/em> la personne accompagn\u00e9e,\u00a0selon le terme de Paul, 2009, p. 96 ; voir partie 2). Le d\u00e9fi consiste \u00e0 la maintenir tout au long de l\u2019APP. Il est utile pour cela de revenir \u00e0 plusieurs reprises s\u2019enqu\u00e9rir aupr\u00e8s de l\u2019exposant des r\u00e9flexions qu\u2019il d\u00e9veloppe en son for int\u00e9rieur et de la mani\u00e8re dont son questionnement et sa demande \u00e9voluent. Les participants restent ainsi attentifs \u00e0 la personne et au projet de l\u2019exposant. Le risque existe qu\u2019ils cherchent \u00e0 savoir pour l\u2019accompagn\u00e9, \u00e0 lui proposer l\u2019explication (voire la piste d\u2019action) la plus \u00e9clairante, basculant dans un <em>\u00ab\u00a0guidage\u00a0\u00bb<\/em> (voir Vial et Caparros-Mencacci, 2007) qui, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un groupe, peut prendre de grandes proportions. Dans un accompagnement, ils d\u00e9velopperont peu \u00e0 peu une \u00e9coute \u00e0 plusieurs niveaux (par rapport au contenu, \u00e0 la structure de ce qui est dit, \u00e0 ce qui n\u2019est pas exprim\u00e9, etc.), \u00e0 s\u2019interroger, \u00eatre avec l\u2019accompagn\u00e9 en exploration de ce qu\u2019il vit et de son rapport \u00e0 sa pratique. Ainsi, ils l\u2019accompagnent dans sa recherche de compr\u00e9hensions nouvelles et l\u2019aident \u00e0 d\u00e9passer les repr\u00e9sentations qui peuvent l\u2019enfermer, sans lui imposer un projet ni renier leurs propres convictions, en cheminant avec lui en lien avec ses r\u00e9flexions et sa demande qu\u2019il sera invit\u00e9 \u00e0 expliciter au fur et \u00e0 mesure de leur \u00e9volution. Dans les dispositifs d\u2019APP, le d\u00e9roulement des \u00e9tapes est souvent d\u00e9fini \u00e0 l\u2019avance, parfois sur une dur\u00e9e pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e. Si cette mani\u00e8re de proc\u00e9der pr\u00e9sente l\u2019avantage de donner d\u2019embl\u00e9e au groupe des rep\u00e8res s\u00e9curisants, elle comporte le risque d\u2019emp\u00eacher un accompagnement centr\u00e9 sur le travail en cours pour l\u2019accompagn\u00e9. Il est donc utile d\u2019ajuster plus finement le d\u00e9roulement de l\u2019APP en se concertant avec lui. Ce qui se r\u00e9v\u00e8le important, c\u2019est qu\u2019\u00e0 chaque transition d\u2019une \u00e9tape \u00e0 l\u2019autre, ce qui va \u00eatre fait soit clarifi\u00e9. Ainsi par exemple, le partage d\u2019hypoth\u00e8ses et d\u2019\u00e9clairages par les participants peut se r\u00e9aliser en plusieurs temps et \u00eatre cibl\u00e9 et d\u00e9cid\u00e9 successivement selon les besoins de l\u2019accompagn\u00e9. Parfois, des participants souhaiteraient un autre d\u00e9veloppement et vivent des frustrations\u2026 qui peuvent \u00eatre exprim\u00e9es et accueillies. Mais dans un accompagnement de l\u2019exposant, c\u2019est la demande de celui-ci qui prime\u2026 et ce qui \u00e9merge dans l\u2019instant. Avec l\u2019exp\u00e9rience, le collectif va d\u00e9velopper <em>\u00ab\u00a0une prise de confiance\u00a0\u00bb<\/em> (Cifali, 2007, p. 4) dans cette posture, une ouverture pour <em>\u00ab\u00a0accueillir l\u2019impr\u00e9vu\u00a0\u00bb<\/em> (P\u00e9aud, 2015, p. 51), une capacit\u00e9 \u00e0 travailler dans la dur\u00e9e, pour explorer les potentialit\u00e9s, dans la souplesse et sans perdre la rigueur de la d\u00e9marche.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>4.4. Des habilet\u00e9s d\u2019\u00e9coute et de questionnement au service de l\u2019accompagnement<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019APP, la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9coute active centr\u00e9e sur l\u2019accompagn\u00e9 est essentielle. De m\u00eame celle de questionnement. Et non le savoir d\u2019expert. Les reformulations et les questions adress\u00e9es \u00e0 l\u2019exposant sont un moyen privil\u00e9gi\u00e9 pour stimuler ses r\u00e9flexions\u2026 comme celles de tout le groupe. Les participants ont tendance au d\u00e9but de leur exp\u00e9rience en APP \u00e0 formuler leurs questions de mani\u00e8re ferm\u00e9e (en \u00ab\u00a0Est-ce que\u00a0? \u00bb) en termes d\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019ils cherchent \u00e0 v\u00e9rifier\u00a0; ou en \u00ab\u00a0Pourquoi\u00a0? \u00bb qui invitent \u00e0 des explications (voire des justifications)\u00a0; et parfois en forme de solutions ou de conseils d\u00e9guis\u00e9s. Il s\u2019agit, selon P\u00e9aud (2015, p. 51) de \u00ab\u00a0<em>privil\u00e9gier des questions descriptives (\u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que\u00a0?\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Comment\u00a0?\u00a0\u00bb). \u00catre dans le questionnement, c\u2019est-\u00e0-dire chercher \u00e0 comprendre (et non \u00e0 savoir), explorer et pour cela partir \u00e0 la recherche d\u2019informations non encore verbalis\u00e9es\u00a0\u00bb. <\/em>Des auteurs ont soulign\u00e9 ces aspects, tels que Balas-Chanel (2014) qui parle d\u2019acquisition de gestes mentaux ou Guillemette (2017) qui met en \u00e9vidence, dans une des rares recherches sur le sujet, la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019apprendre des strat\u00e9gies d\u2019\u00e9coute, d\u2019observation, de questionnement et de r\u00e9troaction\u00a0pour mener la personne accompagn\u00e9e vers la r\u00e9flexivit\u00e9. L\u2019authenticit\u00e9, l\u2019\u00e9coute, les reformulations de la part du groupe renforcent la confiance mutuelle et facilitent, selon Rogers (1972), le travail d\u2019auto-exploration par l\u2019accompagn\u00e9. Comment les participants peuvent-ils r\u00e9aliser ces apprentissages\u00a0? Guillemette (2017) \u00e9voque un processus de mod\u00e9lisation sur plusieurs s\u00e9ances par lequel les participants, dans un cadre soutenant, s\u2019entraident pour reformuler leur question afin de permettre \u00e0 l\u2019exposant de cheminer dans ses propres r\u00e9flexions. Par ailleurs, les participants peuvent d\u00e9velopper la capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019interroger sur le sens de leur question (au-del\u00e0 de sa formulation) avant de la poser et \u00e0 la r\u00e9fl\u00e9chir sous diff\u00e9rents angles\u00a0: Quelle est son degr\u00e9 d\u2019ouverture\u00a0? Pour qui sera-t-elle potentiellement utile\u00a0? Par quelle grille d\u2019analyse est-elle habit\u00e9e\u00a0? Comment peut-elle amener l\u2019attention sur un aspect non abord\u00e9\u00a0? On se souviendra aussi que, quel que soient les questions pos\u00e9es, on ne saura jamais tout de la pratique pr\u00e9sent\u00e9e. L\u2019essentiel est ailleurs, dans la mani\u00e8re dont on s\u2019interroge et dont on probl\u00e9matise ce qui est expos\u00e9 et les repr\u00e9sentations \u00e0 l\u2019\u0153uvre. De plus, l\u2019exposant peut ne pas apporter de r\u00e9ponse \u00e0 une question pos\u00e9e. La question restera\u2026 et les r\u00e9flexions chemineront souvent avec le temps.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>4.5. Des analyses et une prise de recul qui mobilisent les ressources de l\u2019exposant <\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une perspective d\u2019accompagnement, les questions comme les \u00e9clairages apport\u00e9s par les participants n\u2019ont pas pour but de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9tude, comme on le ferait d\u2019un cas ou d\u2019une situation fictive, ni de d\u00e9velopper une analyse qui tende vers l\u2019exhaustivit\u00e9 ou qui soit pertinente en regard d\u2019une th\u00e9orie \u00e9tablie. Il ne s\u2019agit pas davantage d\u2019aller vers une \u00e9valuation-contr\u00f4le, une recherche de bonnes pratiques ou \u00ab\u00a0<em>d\u2019\u00e9riger le r\u00e9f\u00e9rentiel d\u2019analyse utilis\u00e9 en norme.<\/em>\u00a0\u00bb (Vial (2006, p. 4). Dans l\u2019accompagnement, le but consiste \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aux diff\u00e9rents r\u00e9f\u00e9rentiels, \u00e0 leur utilisation, \u00e0 leur pertinence en lien avec le projet et la pratique de l\u2019exposant. La multiplication des \u00e9clairages produits par le groupe, exprim\u00e9s par chacun de mani\u00e8re subjective, sans volont\u00e9 d\u2019en hi\u00e9rarchiser la valeur, donne la possibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019accompagn\u00e9 d\u2019y r\u00e9fl\u00e9chir sans le pouvoir d\u2019une expertise de quiconque et de quelque th\u00e9orie que ce soit. Une certaine h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans le groupe peut y contribuer, pour autant qu\u2019elle ne soit pas extr\u00eame et n\u2019entrave pas le travail en collectif. Il s\u2019agit d\u2019\u00eatre en lien avec la personne accompagn\u00e9e, ses \u00e9motions, ses repr\u00e9sentations, ses motivations, pour favoriser ses possibilit\u00e9s de s\u2019approprier la r\u00e9flexion, d\u2019actualiser ses ressources, de trouver ses voies d\u2019action. Il peut \u00eatre ainsi utile que les analyses partag\u00e9es soient formul\u00e9es en les liant le plus explicitement possible \u00e0 ce que l\u2019accompagn\u00e9 a exprim\u00e9 de sa pratique et de ses r\u00e9flexions et demandes tout au long de l\u2019APP. Selon Balas-Chanel (2014, p. 44), il importe que les participants proposent <em>\u00ab\u00a0leur compr\u00e9hension de la situation avec beaucoup de pr\u00e9caution. La consigne est de repartir des mots, tels qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 dits dans la description avant de proposer une compr\u00e9hension de la situation et une analyse, dans le but de partir de l\u2019exp\u00e9rience subjective de la personne\u00a0\u00bb<\/em>. Dans ce sens, l\u2019exposant sera invit\u00e9 \u00e0 exprimer ses analyses en premier, avant le groupe. Mais il peut \u00eatre aussi utile parfois de proposer des hypoth\u00e8ses compl\u00e8tement nouvelles voire provocatrices. Des pauses r\u00e9flexives, silencieuses, de quelques minutes peuvent aider l\u2019exposant et chaque participant \u00e0 \u00e9laborer ses prises de conscience, mettre en lien et en perspective les r\u00e9flexions d\u00e9velopp\u00e9es. Selon les termes de Blanchard-Laville et Nadot (2004), on peut ainsi <em>\u00ab\u00a0constater que le praticien d\u00e9couvre par lui-m\u00eame et pour lui-m\u00eame, \u00e0 son rythme, ce qui se passe dans sa pratique.\u00a0\u00bb <\/em>Le groupe exp\u00e9rimente alors simultan\u00e9ment les b\u00e9n\u00e9fices pour l\u2019exposant de l\u2019\u00e9coute et de l\u2019attention offertes dans le d\u00e9pliement de la complexit\u00e9 des pratiques. Autrement dit, cette posture d\u2019accompagnement du groupe favorise un travail commun de prise de recul.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>4.6. Des relations et une r\u00e9flexivit\u00e9 de groupe f\u00e9condes pour l\u2019accompagnement<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourrait penser, \u00e0 premi\u00e8re vue, que ce travail d\u2019accompagnement par le groupe s\u2019effectue dans l\u2019addition des apports de chaque participant. Cette vision appara\u00eet limitante et ne refl\u00e8te pas la nature des relations pr\u00e9sentes. Si c\u2019\u00e9tait le cas, le risque serait grand de vivre un processus d\u00e9cousu qui susciterait rapidement chez des participants une attente forte d\u2019actions de coordination et de structuration, lesquelles auraient l\u2019inconv\u00e9nient de contraindre le processus d\u2019accompagnement recherch\u00e9. Dans les faits, on peut observer de multiples interactions entre les participants et le d\u00e9veloppement d\u2019une dynamique qui permet de riches regards crois\u00e9s et l\u2019\u00e9mergence de nouvelles capacit\u00e9s. Vial et Caparros-Mencacci (2007, p. 87) \u00e9mettent l\u2019hypoth\u00e8se en lien avec les APP d\u2019une <em>\u00ab comp\u00e9tence collective appartenant en quelque sorte au collectif comme un tout qui n\u2019est pas r\u00e9ductible \u00e0 l\u2019addition de ses parties. [\u2026] Cette fonction d\u2019accompagnement se d\u00e9gagerait du collectif comme syst\u00e8me d\u2019interrelations complexes (qu\u2019il faudrait identifier) et ne serait port\u00e9e par personne en particulier.<\/em> \u00bb Les auteurs n\u2019explicitent pas davantage les processus qui permettraient au groupe de devenir un tout accompagnant. Il sort du cadre de cet article d\u2019\u00e9tudier en d\u00e9tail la nature de ce syst\u00e8me d\u2019interrelations complexes et ce qui est susceptible de le faire \u00e9merger. On peut cependant mentionner quelques observations qui vont dans ce sens. Les participants, lorsqu\u2019ils y sont invit\u00e9s, prennent en compte ce qui a \u00e9t\u00e9 dit pour rebondir, approfondir et mettre en lien diff\u00e9rents \u00e9clairages. En outre, \u00e0 mesure qu\u2019ils travaillent ensemble et que cro\u00eet la confiance, ils d\u00e9veloppent la capacit\u00e9 \u00e0 se r\u00e9guler. Ainsi en est-il concernant la circulation de la parole\u00a0: plut\u00f4t qu\u2019elle soit distribu\u00e9e par un animateur ou qu\u2019elle proc\u00e8de selon un tour de table fixe, ils apprennent \u00e0 observer \u00e0 quel moment leur parole pourra s\u2019inscrire dans le flux et faire sens et ils tiennent compte des personnes qui ne se sont pas encore exprim\u00e9es pour leur laisser de la place. On constate par ailleurs que dans la dur\u00e9e, cette comp\u00e9tence collective d\u2019accompagnement se d\u00e9veloppe d\u2019autant plus qu\u2019un temps est consacr\u00e9 \u00e0 \u00e9voquer avec le groupe ce qui favorise le succ\u00e8s de la d\u00e9marche et ce que sa mise en \u0153uvre a permis comme \u00e9mergence (m\u00e9ta-analyse non seulement sur les analyses d\u00e9velopp\u00e9es, mais aussi sur les processus v\u00e9cus et les liens entre les deux\u00a0; voir Vacher, 2014). Cette dimension r\u00e9flexive gagne \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sente tout au long de la d\u00e9marche et ne pas se limiter au seul temps de bilan en fin de s\u00e9ance. Elle d\u00e9veloppe la conscience collective du groupe et enrichit le travail d\u2019accompagnement collectif.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>4.7. La r\u00e9flexion et l\u2019exploration en parall\u00e8le de chacun en lien avec sa pratique <\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab J\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir autant appris pour moi que si j\u2019avais pu pr\u00e9senter ma situation \u00bb \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e9tonnant de voir que l\u2019on avance m\u00eame quand on n\u2019expose pas sa pratique\u00a0\u00bb<\/em> <em>\u00ab Nos r\u00e9flexions se f\u00e9condent mutuellement\u00a0\u00bb<\/em> disent les participants. Durant une APP, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019exposant, personne dans le groupe ne fait le r\u00e9cit de sa pratique professionnelle, mais cela chemine dans l\u2019esprit de chacun. <em>\u00ab\u00a0A mesure que progresse l\u2019analyse, chacun va faire des liens avec ses propres v\u00e9cus et \u00eatre stimul\u00e9 dans sa r\u00e9flexion. Chaque participant est reli\u00e9 \u00e0 sa pratique et y travaille d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre.\u00a0\u00bb <\/em>(Thi\u00e9baud, 2013, p. 65). Les participants tirent parti de la multiplicit\u00e9 de compr\u00e9hensions subjectives partag\u00e9es pour interroger et revisiter leurs propres pratiques. Cela g\u00e9n\u00e8re dans le groupe une dynamique d\u2019implication et d\u2019exploration qui va dans le sens de ce que les auteurs disent \u00e0 propos de l\u2019accompagnement, quand ils parlent du d\u00e9veloppement d\u2019un auto questionnement chez l\u2019accompagnant. Cette dynamique se refl\u00e8te dans la parole des participants lorsqu\u2019ils mettent en commun dans l\u2019analyse les liens qu\u2019ils font, la mani\u00e8re dont leurs repr\u00e9sentations \u00e9voluent au fil des partages et les prises de conscience qui en r\u00e9sultent. Ce qui va favoriser par effet miroir la r\u00e9flexivit\u00e9 de l\u2019exposant et la mobilisation de ses ressources.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9sum\u00e9, plusieurs processus et moyens peuvent ainsi \u00eatre mobilis\u00e9s, qui se renforcent mutuellement. La place de l\u2019accompagnement par le collectif grandit dans la dur\u00e9e, \u00e0 mesure que ces processus se d\u00e9ploient. Il s\u2019agit aussi au sein du groupe de penser et doser cette place en tenant compte du sens qu\u2019elle peut avoir, selon les besoins et attentes de chacun, et de sa coh\u00e9rence, notamment par rapport aux ressources et comp\u00e9tences pr\u00e9sentes.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>5. Quelles modalit\u00e9s de facilitation du groupe\u00a0peuvent \u00eatre envisag\u00e9es ?<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans quelle mesure le travail de facilitation peut-il prendre la forme d\u2019un accompagnement du collectif (lequel accompagne l\u2019exposant)\u00a0? La plupart des auteurs parlent de la facilitation d\u2019un groupe d\u2019APP en se r\u00e9f\u00e9rant aux cat\u00e9gories habituelles de l\u2019animation, \u00e0 savoir\u00a0: l\u2019organisation du groupe en lien avec ses objectifs et la r\u00e9gulation des processus relationnels (la production \u00e9tant de la responsabilit\u00e9 des participants, il s\u2019agit de n\u2019intervenir \u00e0 ce niveau qu\u2019en subsidiarit\u00e9\u00a0; voir Maisonneuve, 2000). En suivant Le Bou\u00ebdec <em>et al<\/em>. (2016, p. 112), on peut ajouter que cette posture d\u2019animation est \u00ab<em>\u00a0guid\u00e9e par les principes \u00e9thiques de respect et de service\u00a0\u00bb<\/em>. Ainsi, en APP, l\u2019animateur doit \u00eatre garant du cadre et faciliter le d\u00e9roulement de l\u2019APP et la prise de parole des participants. Il sera aussi attentif aux relations de groupe. Chocat (2016) compare sa place \u00e0 celle d\u2019un chef d\u2019orchestre. Clerc et Roche (2017) d\u00e9veloppent l\u2019id\u00e9e de la<em> \u00ab\u00a0ritualisation <\/em><em>au service d\u2019un sentiment de communaut\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les pages qui pr\u00e9c\u00e8dent ont mis en \u00e9vidence que ce travail d\u2019animation est requis pour une APP dans une perspective d\u2019accompagnement par le collectif, notamment pour assurer le cadre. En outre, le facilitateur peut \u00e9galement avoir une posture d\u2019accompagnement vis-\u00e0-vis du collectif. Les auteurs qui en font mention sont peu nombreux. Rebetez (2004) a identifi\u00e9 9 gestes de l\u2019animateur en regard du climat socio-affectif \u00e0 d\u00e9velopper dans le groupe et parmi ceux-ci un geste qui rel\u00e8ve plus particuli\u00e8rement de l\u2019accompagnement du groupe\u00a0: \u00ab\u00a0<em>l\u2019attention que l\u2019animateur devrait porter sur les participants et sur sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9guler et co-construire la d\u00e9marche avec ceux-ci.<\/em>\u00a0\u00bb (Rebetez, 2004, p. 52). Clerc et Roche (2017) \u00e9voquent un accueil des mouvements affectifs v\u00e9cus et un accompagnement de la constitution du groupe. Guillemette et Savoie-Zajc (2012) ont \u00e9tudi\u00e9 un dispositif dans lequel elles montrent que le facilitateur doit parvenir \u00e0 une prise de recul qui lui permette de <em>\u00ab\u00a0vivre les boucles d\u2019apprentissage et de r\u00e9flexivit\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, \u00e0 l\u2019instar des participants. Une posture d\u2019accompagnement du collectif d\u2019APP pr\u00e9sente l\u2019avantage de s\u2019inscrire dans une logique de coh\u00e9rence\u00a0: le facilitateur peut ainsi mod\u00e9liser la posture d\u2019accompagnement pour les participants-accompagnants\u00a0; les aider \u00e0 mobiliser leurs ressources\u00a0; travailler davantage en souplesse en suivant le cheminement du groupe\u00a0; et favoriser l\u2019\u00e9mergence de l\u2019intelligence collective. Cela comporte aussi des risques, notamment que le groupe se sente d\u00e9s\u00e9curis\u00e9, que des flottements s\u2019installent et que les participants ne sachent plus comment s\u2019orienter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le travail de facilitation peut ainsi mobiliser \u00e0 des degr\u00e9s variables la posture d\u2019animation et la posture d\u2019accompagnement du groupe, d\u2019autant plus si cela est clarifi\u00e9 explicitement. Le d\u00e9fi consiste \u00e0 ajuster en continu l\u2019\u00e9quilibre (entre ces postures) le plus propice \u00e0 d\u00e9velopper les comp\u00e9tences d\u2019accompagnement du groupe. Les participants ont besoin de s\u00e9curit\u00e9 et de rep\u00e8res pour se situer\u00a0; ils attendent beaucoup de l\u2019animateur. Mais s\u2019il en fait trop, la dynamique collective aura de la peine \u00e0 se d\u00e9ployer. Un \u00e9quilibre d\u00e9licat, \u00e0 construire en permanence. Dans ma pratique de facilitateur, je constate que cela requiert une vigilance particuli\u00e8re, une attention \u00e0 la relation que j\u2019ai avec le groupe. Le dosage gagne \u00e0 se faire en tenant compte des besoins du collectif, de ses potentialit\u00e9s et de ses capacit\u00e9s d\u2019autonomie. Le travail de facilitation prendra soin de ce que le groupe ne parvient pas encore \u00e0 assumer, en tendant autant que possible vers une posture d\u2019accompagnement. A cet effet, on peut notamment encourager les participants \u00e0 conscientiser le d\u00e9veloppement de leurs comp\u00e9tences \u00e0 accompagner l\u2019exposant. Il est utile de privil\u00e9gier des interventions dites indirectes qui mobilisent les ressources du collectif pour \u00e9laborer avec eux la d\u00e9marche d\u2019accompagnement de l\u2019exposant plut\u00f4t qu\u2019intervenir directement comme animateur qui organise celle-ci. Solliciter la capacit\u00e9 de r\u00e9flexivit\u00e9 des participants dans des m\u00e9ta-analyses. Veiller \u00e0 ne pas se substituer aux participants dans le travail d\u2019analyse comme d\u2019accompagnement effectu\u00e9 avec l\u2019exposant (m\u00eame si on peut contractualiser la possibilit\u00e9, \u00e0 des moments bien pr\u00e9cis, de faire un apport d\u2019analyse \u00e0 la demande du groupe). Cela requiert <em>\u00ab <\/em><em>une pr\u00e9sence de tous les instants, une capacit\u00e9 \u00e0 travailler avec l\u2019\u00e9mergence, \u00e0 \u00eatre attentif aux multiples processus en cours, \u00e0 identifier les options possibles, \u00e0 m\u00e9ta-communiquer, \u00e0 mettre en perspective, \u00e0 faciliter la r\u00e9gulation permanente des choix, \u00e0 accepter (et faire accepter) la complexit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Le fait d\u2019expliciter clairement d\u00e8s le d\u00e9part la place que l\u2019on donnera \u00e0 la r\u00e9flexivit\u00e9 et \u00e0 la r\u00e9gulation de la d\u00e9marche facilite ce travail\u00a0\u00bb <\/em>(Thi\u00e9baud, 2013). De telles capacit\u00e9s n\u00e9cessitent une formation cons\u00e9quente, \u00e0 m\u00eame de d\u00e9velopper les comp\u00e9tences \u00e0 la fois en accompagnement individuel, animation de groupe d\u2019APP et accompagnement de collectif (cf. Thi\u00e9baud, 2015).<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>6.\u00a0En conclusion<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019exp\u00e9rience montre que le collectif peut accompagner l\u2019exposant dans une APP selon les \u00e9l\u00e9ments identifi\u00e9s en lien avec la notion d\u2019accompagnement. De multiples b\u00e9n\u00e9fices peuvent en r\u00e9sulter (voir Thi\u00e9baud, 2013). Les participants y trouvent une grande richesse qui tient en particulier au fait que les analyses d\u00e9velopp\u00e9es sont en relation avec les besoins et projets de l\u2019exposant. Tous les groupes comme toutes les APP ne se pr\u00eatent pourtant pas \u00e0 de l\u2019accompagnement tel qu\u2019\u00e9voqu\u00e9 ici\u2026 ou du moins pas dans la m\u00eame mesure. Il s\u2019agit de clarifier et contractualiser les objectifs vis\u00e9s, d\u2019en appr\u00e9cier la pertinence dans chaque contexte, d\u2019\u00e9laborer les conditions favorables en termes de relation et d\u2019\u00e9thique notamment et de d\u00e9velopper au niveau du collectif la posture et les processus requis pour lui permettre de devenir accompagnant. L\u2019accompagnement comporte aussi ses limites. Il n\u2019est pas du go\u00fbt de tout le monde. Il accro\u00eet la complexit\u00e9. Il doit s\u2019apprendre, au m\u00eame titre que le travail d\u2019analyse, et s\u2019inscrire dans la dur\u00e9e\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Un collectif qui devient lentement accompagnateur de chacun <\/em>(Cifali, 2014, p. 26)<em>. \u00ab\u00a0Accompagner demande du temps\u00a0\u00bb <\/em>et n\u00e9cessite de travailler\u00a0avec des groupes restreints selon Savoie-Zajc (2010, p. 19). L\u2019accompagnement se d\u00e9veloppe souvent dans une d\u00e9marche \u00e9volutive. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une logique du tout ou rien\u00a0: les processus \u00e9voqu\u00e9s peuvent \u00eatre mobilis\u00e9s \u00e0 des degr\u00e9s variables. Par ailleurs, plut\u00f4t qu\u2019opposer les approches, il apparait utile de les apposer (voir Comp\u00e8re et Vacher, 2016\u00a0; Thi\u00e9baud, 2003, 2013). Et de se souvenir que, comme dans un accompagnement individuel, le travail d\u2019accompagnement par le collectif se coconstruit dans une exploration continue des potentialit\u00e9s pr\u00e9sentes. Il en est de m\u00eame du travail d\u2019analyse et du d\u00e9veloppement de la pratique. Ouvrage jamais ma\u00eetris\u00e9, toujours en devenir\u2026<\/p>\n<h4><strong><br \/>\nAnnexe <\/strong><\/h4>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 <\/strong><strong>: indications pratiques pour faciliter un accompagnement par le collectif<\/strong><\/p>\n<p><em>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Clarifier avec le groupe le cadre propice \u00e0 un accompagnement collectif et en \u00eatre garant<\/li>\n<li>Etre facilitateur de la d\u00e9marche = au service du groupe qui accompagne l\u2019exposant<\/li>\n<li>Veiller \u00e0 ce que tout le groupe soit au diapason (par rapport au focus de chaque \u00e9tape)<\/li>\n<li>Privil\u00e9gier la mobilisation des productions du groupe, la circulation de la parole entre tous<\/li>\n<li>Inviter les participants, selon besoin, \u00e0 se relier \u00e0 la demande de l\u2019exposant \/ \u00e0 \u00eatre en exploration \/ \u00e0 \u00eatre attentif \u00e0 l\u2019ensemble du groupe<\/li>\n<li>Rappeler que chacun peut exprimer le souhait d\u2019une pause r\u00e9flexive ou d\u2019un temps m\u00e9ta<\/li>\n<li>Etre attentif aux besoins, aux potentialit\u00e9s, aux ressources du groupe<\/li>\n<li>Exprimer au besoin ses propres questionnements par rapport au travail de facilitation<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Pour la premi\u00e8re \u00e9tape<\/em><em> de l\u2019APP<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Faire pr\u00e9ciser la demande \u00e0 l\u2019exposant\u00a0: r\u00e9sultats esp\u00e9r\u00e9s, attentes par rapport au groupe<\/li>\n<li>V\u00e9rifier que cela s\u2019inscrit dans le dispositif convenu et que le groupe peut s\u2019y engager<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>A chaque transition d\u2019une \u00e9tape \u00e0 l\u2019autre<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Inviter l\u2019exposant \u00e0 dire au groupe comment cheminent ses r\u00e9flexions et sa demande<\/li>\n<li>Aider l\u2019exposant et le groupe \u00e0 clarifier ensemble le sens de l\u2019\u00e9tape \u00e0 venir<br \/>\n(de nombreuses \u00e9tapes peuvent se succ\u00e9der pour d\u00e9velopper de nouvelles compr\u00e9hensions par exemple\u00a0: reformulations\u00a0; questions\u00a0ouvertes ; partage de m\u00e9taphores\u00a0; \u00e9chos et r\u00e9sonances\u00a0; hypoth\u00e8ses g\u00e9n\u00e9rales\u00a0; \u00e9clairages cibl\u00e9s\u00a0;<br \/>\nmises en lien\u00a0; m\u00e9ta-analyses\u00a0; etc.)<\/li>\n<li>Marquer le passage \u00e0 la nouvelle \u00e9tape en v\u00e9rifiant l\u2019accord de chacun<\/li>\n<li>Donner la parole en premier \u00e0 l\u2019exposant pour qu\u2019il s\u2019exprime en lien avec le focus d\u00e9fini<\/li>\n<li>Inviter les participants \u00e0 partager leurs apports qui peuvent \u00eatre nouveaux ou approfondir et \u00e9largir ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 partag\u00e9 ou \u00eatre mis en lien avec d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Pour l\u2019\u00e9tape de bilan et de partage de v\u00e9cus \u00e0 la fin de l\u2019APP<\/em><\/p>\n<ul>\n<li>Donner la parole \u00e0 l\u2019exposant puis favoriser un tour de table et l\u2019expression de chacun<\/li>\n<li>Inviter le groupe \u00e0 un travail r\u00e9flexif sur le collectif et ses processus d\u2019accompagnement<br \/>\n(d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences collectives dans l\u2019analyse et l\u2019accompagnement)<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h4><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/h4>\n<p>Balas-Chanel, A. (2014). La pratique r\u00e9flexive dans un groupe, du type analyse de pratique ou retour de stage. In <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 2, pp. 28-49. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1062\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1062<\/a>.<\/p>\n<p>Blanchard-Laville, C. et Nadot, S. (2004). Analyse de pratiques et professionnalisation. Entre affect et repr\u00e9sentation. <em>Connexions<\/em>, 2, N\u00b0 82, pp. 119-142. <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-connexions-2004-2-page-119.htm\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-connexions-2004-2-page-119.htm<\/a>.<\/p>\n<p>Cifali, M. (2014). Brefs rep\u00e8res pour l\u2019analyse des pratiques professionnelles. In<em>\u00a0Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 2, pp.\u00a020-27. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1014\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1014<\/a>.<\/p>\n<p>Cifali, M. (2007). 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Modalit\u00e9s pour le d\u00e9marrage d\u2019une d\u00e9marche d\u2019analyse de pratique et de r\u00e9flexivit\u00e9 selon une perspective de bienveillance. In\u00a0<em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 10, pp. 119-132. <u><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2452\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2452<\/a><\/u>.<\/p>\n<p>Guillemette, S. et Simon, L. (2014). Dispositifs d\u2019un mod\u00e8le d\u2019accompagnement collectif qui guident la r\u00e9flexivit\u00e9 chez des directions d\u2019\u00e9tablissement en milieu scolaire. In <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 3, pp. 13-17. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1223\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1223<\/a>.<\/p>\n<p>Guillemette, S. et Savoie-Zajc, L. (2012). La recherche-action et ses rapports de coconstruction de savoirs et de formation dans une perspective de professionnalisation entre acteurs praticiens et chercheurs. <em>Formation et profession : revue scientifique internationale en \u00e9ducation.<\/em> Revue du CRIFPE. 3, No20, pp. 41-53. <a href=\"http:\/\/formation-profession.org\/pages\/article\/20\/3\/7\">http:\/\/formation-profession.org\/pages\/article\/20\/3\/7<\/a>.<\/p>\n<p>Janis, J. (1972).\u00a0<em>Victims of Groupthink. <\/em>Boston\u00a0: Houghton Mifflin.<\/p>\n<p>Le Bou\u00ebdec G., du Crest, A., Pasquier L. et Stahl. R. (2001) <em>L\u2019accompagnement en \u00e9ducation et formation, un projet impossible ?<\/em> Paris : L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p>Le Bou\u00ebdec G. (2002). La d\u00e9marche d\u2019accompagnement, un signe des temps. 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In <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 6, pp. 42-53. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1833\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1833<\/a>.<\/p>\n<p>Perrenoud, P. (2004). Analyse de pratiques et pratique r\u00e9flexive : autour de quelques questions vives. In Inisan, J.-F. (dir.), <em>Analyse de pratiques et attitude r\u00e9flexive en formation, <\/em>pp. 71-78. Reims : CRDP de Champagne-Ardenne. <a href=\"https:\/\/www.unige.ch\/fapse\/SSE\/teachers\/perrenoud\/php_main\/php_2004\/2004_13.html\">https:\/\/www.unige.ch\/<br \/>\nfapse\/SSE\/teachers\/perrenoud\/php_main\/php_2004\/2004_13.html.<\/a><\/p>\n<p>Rebetez, F. (2014). Le r\u00f4le de l\u2019animateur sur le climat socio-affectif comme condition d\u2019apprentissage lors d\u2019une APP.\u00a0<em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 4, pp. 42-53. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1383\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1383<\/a>.<\/p>\n<p>Robo, P. (2018). Trois colonnes, modes d\u2019emploi. Pratiques auto\/co-analys\u00e9es par \u00e9crit. In <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 12, pp. 31-39. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2871\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2871<\/a>.<\/p>\n<p>Robo, P. (2002). L\u2019analyse de pratiques professionnelles : un dispositif de formation accompagnante. <em>Vie p\u00e9dagogique.<\/em> 122, pp. 7-11 \/ 57 avec errata dans le n\u00b0 123. <a href=\"http:\/\/probo.free.fr\/ecrits_app\/A_propos_APP_Vie_Pedagogique.htm\">http:\/\/probo.free.fr\/ecrits_app\/A_propos_APP_Vie_Pedagogique.htm<\/a>.<\/p>\n<p>Rogers, C. (1972).\u00a0<em>Libert\u00e9 pour apprendre\u00a0?<\/em>\u00a0 Paris\u00a0: Dunod.<\/p>\n<p>Savoie-Zajc, L. (2010). Les dynamiques d\u2019accompagnement dans la mise en place de communaut\u00e9s d\u2019apprentissage de personnel scolaire.\u00a0In <em>\u00c9ducation et formation<\/em>, e-293. <a href=\"http:\/\/revueeducationformation.be\/include\/download.php?idRevue=9&amp;idRes=60\">http:\/\/revueeducationformation.be\/include\/download.php?idRevue=9&amp;idRes=60<\/a>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. (2017). Mettre en place un groupe d\u2019analyse de pratiques qui fasse sens et inspire confiance. Quels d\u00e9fis ? Quels rep\u00e8res ? Quels chemins ? In\u00a0<em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 10, pp. 9-22. <u><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2431\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2431<\/a><\/u>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. (2015). Animer un groupe d\u2019APP, \u00e7a s\u2019apprend. Oui mais comment ?<br \/>\nIn <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles,<\/em> 5, pp. 31-47. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1681\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1681<\/a>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. et Robo, P. (2014). Comment aborde-t-on dans l\u2019APP la question de la tendance \u00e0 demander \/ donner des solutions, savoirs d\u2019expert ou conseils ?<br \/>\nIn <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 2, pp 74-90. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=993\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=993<\/a>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. (2013). Multiples b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019analyse de pratiques professionnelles en groupe : quels \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s les favorisent ? In\u00a0<em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles,\u00a0<\/em>1, pp. 61-72. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=54\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=54<\/a>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. (2003). Supervision, coaching ou APP ? Les pratiques d\u2019accompagnement formateur se multiplient. <em>Psychoscope, Journal de la F\u00e9d\u00e9ration Suisse des Psychologues FSP<\/em>, 10, pp. 24-26. <a href=\"http:\/\/www.animer.ch\/wp-content\/uploads\/art-accomp-formateur.pdf\">http:\/\/www.animer.ch\/wp-content\/uploads\/art-accomp-formateur.pdf<\/a>.<\/p>\n<p>Thi\u00e9baud, M. (2001). Groupes d\u2019analyse de pratiques professionnelles. Pr\u00e9sentation r\u00e9sum\u00e9e. \u00a0<a href=\"http:\/\/www.formaction.ch\/wp-content\/uploads\/thiebaud-groupe-analyse-de-pratiques-presentation-resumee.pdf\">http:\/\/www.formaction.ch\/wp-content\/uploads\/thiebaud-groupe-analyse-de-pratiques-presentation-resumee.pdf<\/a>.<\/p>\n<p>Vacher, Y. (2018). APP, accompagnement et professionnalisation : essai de mod\u00e9lisation de l\u2019espace de coh\u00e9rence dans les pratiques de formation. In Boucenna, S., Charlier, E., Perr\u00e9ard-Vit\u00e9, A. et Wittorski, R. <em>L&rsquo;accompagnement et l&rsquo;analyse des pratiques professionnelles\u00a0: des vecteurs de professionnalisation<\/em>. Octar\u00e8s Editions.<\/p>\n<p>Vacher, Y. (2014). Phase m\u00e9ta en APP\u2026 quels contenus, quelles fonctions\u00a0? In\u00a0<em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 4, pp. 23-34. <a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1379\">http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1379<\/a>.<\/p>\n<p>Vial, M. et Caparros-Mencacci, N. (2007).\u00a0<em>L\u2019accompagnement professionnel ? M\u00e9thode \u00e0 l\u2019usage des praticiens exer\u00e7ant une fonction \u00e9ducative<\/em>. Bruxelles : De Boeck.<\/p>\n<p>Vial, M. (2007). <em>Guider ou accompagner un groupe dit d\u2019analyse des pratiques ?<\/em> Congr\u00e8s international AREF (Actualit\u00e9 de la Recherche en Education et en Formation). \u00a0Symposium ADMEE. Strassbourg. <a href=\"http:\/\/www.michelvial.com\/boite_06_10\/2007-Guider_ou_accompagner_un_groupe_dit_d_analyse_des_pratiques.pdf\">http:\/\/www.michelvial.com\/boite_06_10\/2007-Guider_ou_accompagner_un_groupe_dit_d_analyse_des_pratiques.pdf<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<a href=\"#\" class=\"shortcode button  \" style=\"background-color: silver;\" target=\"\" onclick=\"\"> Haut de page<\/a>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><strong>Notes<\/strong><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Formations \u00e9labor\u00e9es avec des coll\u00e8gues amis\u00a0: J\u00fcrg Bichsel, Jean-Loup Muller en 2000, puis Fr\u00e9d\u00e9rique Rebetez, Marco Allenbach, Genevi\u00e8ve Tschopp Rywalski, Nir Zalts, Pierre Petignat.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Selon par exemple le dispositif ARPPEGE (Vacher, 2014) ou l\u2019outil propos\u00e9 par Robo (2018).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"themify_builder_content-2862\" data-postid=\"2862\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-2862 themify_builder themify_builder_front\">\n\n\t<\/div>\n<!-- \/themify_builder_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Marc Thi\u00e9baud Psychologue, sp\u00e9cialiste de l&rsquo;accompagnement et de l&rsquo;animation de groupe, Suisse thiebaud[arobase]formaction.ch R\u00e9sum\u00e9 L\u2019analyse de pratiques professionnelles (APP) est souvent \u00e9voqu\u00e9e comme une d\u00e9marche d\u2019accompagnement. Ses sp\u00e9cificit\u00e9s dans le cadre d\u2019un groupe sont cependant rarement pr\u00e9cis\u00e9es. Ce texte a pour but de r\u00e9fl\u00e9chir aux liens entre accompagnement et APP en s\u2019appuyant sur des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8,10,11],"tags":[42,352,62,353,31],"class_list":["post-2862","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-thiebaud","category-1texte","category-2synthese","tag-accompagnement","tag-ethique-relationnelle","tag-posture","tag-processus-collectifs","tag-reflexivite","has-post-title","no-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p3VXfJ-Ka","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2862","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2862"}],"version-history":[{"count":26,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2862\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4989,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2862\/revisions\/4989"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2862"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2862"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2862"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}