{"id":2450,"date":"2017-04-22T09:50:44","date_gmt":"2017-04-22T08:50:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2450"},"modified":"2021-10-03T09:08:00","modified_gmt":"2021-10-03T08:08:00","slug":"les-atouts-et-les-limites-de-la-ritualisation-dans-la-mise-en-place-dun-dispositif-danalyse-de-pratiques-professionnelles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2450","title":{"rendered":"Les atouts et les limites de la ritualisation dans la mise en place d\u2019un dispositif d\u2019analyse de pratiques professionnelles"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<table width=\"612\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"391\">\n<h3><em><strong>Nicole Clerc<\/strong><\/em><\/h3>\n<p><em>Ma\u00eetre de conf\u00e9rences, Univ. de Cergy Pontoise<\/em><br \/>\n<em><a href=\"mailto:clercpnp@free.fr\">clercpnp[arobase]free.fr<\/a>\u00a0<\/em><\/td>\n<td width=\"321\">\n<h3><em><strong>Delphine Roche<\/strong><\/em><\/h3>\n<p><em>Infirmi\u00e8re \u2013 Formatrice<\/em><br \/>\n<em><a href=\"mailto:delf27@hotmail.fr\">delf27[arobase]hotmail.fr<\/a><\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><i>R\u00e9sum\u00e9<\/i><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les animateurs d\u2019un dispositif d\u2019analyse de pratiques doivent g\u00e9rer l\u2019incertitude. Apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 avec l\u2019institution pour proposer le dispositif, ils devront encore prendre en charge les craintes des participants dont les attentes sont diverses et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. Man\u0153uvrant avec les r\u00e9sistances, l\u2019animateur a la responsabilit\u00e9 de l\u2019analyse. Comment met-il en sc\u00e8ne le dispositif d\u00e8s la premi\u00e8re s\u00e9ance\u00a0?\u00a0 Sur quoi peut-il s\u2019appuyer pour donner du sens au travail groupal tout en ouvrant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une s\u00e9curit\u00e9 psychique acceptable\u00a0? Ce qui \u00ab\u00a0fait cadre\u00a0\u00bb ne peut se r\u00e9soudre, selon nous, \u00e0 la seule pr\u00e9sentation des r\u00e8gles de fonctionnement du dispositif. Nous pr\u00e9senterons ici comment la ritualisation que nous mettons en place assouplit les doutes et ouvre \u00e0 la pens\u00e9e groupale.<\/p>\n<h5><em>Mots-cl\u00e9s\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>accompagnement, gestes professionnels, clinique, incertitude, cadre, rituels, passage, faire groupe, contenance, posture<\/p>\n<h5><em>Cat\u00e9gorie d&rsquo;article\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>Texte de r\u00e9flexion en lien avec des pratiques<\/p>\n<h5><em>R\u00e9f\u00e9rencement\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>Clerc, N. et Roche, D. (2017). Les atouts et les limites de la ritualisation dans la mise en place d\u2019un dispositif d\u2019analyse de pratiques professionnelles. In <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 10, pp 106-118. <u>http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=2450<\/u>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr class=\"shortcode hr light-gray\" style=\"border-width:1px;\" \/>\n<p><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/clerc-roche-revue-app-mai2017.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/download-icon.png\" alt=\"download-icon\" width=\"24\" height=\"29\" \/><\/a>\u00a0<a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/clerc-roche-revue-app-mai2017.pdf\">Article<\/a> \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 <a href=\"#co\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/et-info-comment.png\" alt=\"et-info-comment\" width=\"30\" height=\"31\" \/><\/a>\u00a0<a href=\"#co\">Commentaires<\/a><br \/>\n<hr class=\"shortcode hr light-gray\" style=\"border-width:1px;\" \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[toc]<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>1. Introduction<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">La conduite d\u2019un groupe d\u2019adultes r\u00e9unis pour analyser leurs pratiques professionnelles r\u00e9clame de la part de l\u2019animateur de nombreuses comp\u00e9tences (Clerc et Agogue, 2014).\u00a0 Conduire un groupe est un acte qui s\u2019apprend certes, mais la transmission est difficile, l\u2019acte reste d\u00e9licat. En clarifiant la posture de l\u2019animateur nous souhaitons contribuer ici \u00e0 l\u2019accompagnement n\u00e9cessaire de l\u2019\u00e9volution du m\u00e9tier de formateur. Nous ne t\u00e9moignerons pas des probl\u00e8mes relatifs aux enjeux et aux formalit\u00e9s institutionnelles (d\u00e9finir les jours, les horaires et les lieux) qui conditionnent la mise en place des s\u00e9ances. Nous nous situerons dans le cadre de la \u00ab\u00a0rencontre\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> d\u2019un animateur<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> avec les participants d\u2019un groupe et nous \u00e9voquerons les r\u00e9flexions puis les d\u00e9cisions de l\u2019animateur participant \u00e0 la mise en place du groupe d\u00e8s son d\u00e9marrage. Nous nous interrogerons ici, <em>in fine<\/em>, sur l\u2019origine de la vie d\u2019un groupe, sur son \u00e9volution et sur les\u00a0qualit\u00e9s d\u2019analyse qu\u2019il sera en mesure de g\u00e9n\u00e9rer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre analyse r\u00e9sulte d\u2019une co-pens\u00e9e ancr\u00e9e dans notre orientation clinique commune. Une pens\u00e9e vivante, activ\u00e9e dans un groupe par le dialogue et la cpo-r\u00e9flexivit\u00e9, puisant sa force dans la mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la diff\u00e9rence et du partage des doutes vers des ouvertures cr\u00e9atrices. Nous \u00e9crirons ici en \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb construit dans l\u2019\u00e9change et l\u2019\u00e9laboration de deux praticiennes. L\u2019une, infirmi\u00e8re de formation initiale puis formatrice depuis huit ans, dipl\u00f4m\u00e9e du Master de formation de formateurs<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> de l\u2019Universit\u00e9 de Cergy Pontoise. Ses interventions principales portent sur des analyses des pratiques aupr\u00e8s de professionnels exer\u00e7ant dans le domaine de la sant\u00e9.\u00a0L\u2019autre, enseignant-chercheur et formatrice, a fait de l\u2019analyse de pratiques professionnelles son objet de recherche central. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre initialement investie dans le cadre de la formation initiale et continue des enseignants, elle se pr\u00e9occupe d\u00e9sormais plus largement des professionnels des \u00ab\u00a0m\u00e9tiers de la relation\u00a0\u00bb (Cifali et Perilleux, 2012).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incertitude fait partie du m\u00e9tier de formateur. Nous nous y attarderons dans un premier temps avant d\u2019orienter notre analyse sur le cadre et de positionner enfin l\u2019objet central de notre r\u00e9flexion, le rituel.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>2. L\u2019incertitude dans un groupe<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les professionnels investis dans les \u00ab\u00a0m\u00e9tiers de la relation malmen\u00e9s\u00a0\u00bb vivent l\u2019\u00e9preuve du doute et de l\u2019incertitude. Cette \u00e9preuve a un co\u00fbt psychique. Ils traversent en effet un quotidien professionnel mouvement\u00e9 dont ils n\u2019appr\u00e9hendent pas facilement les enjeux et le sens tant ils sont appel\u00e9s \u00e0 des missions multiples dont les contours institutionnels sont difficilement lisibles. Leurs probl\u00e9matiques \u00e9voluent rapidement, \u00ab\u00a0tout s\u2019acc\u00e9l\u00e8re\u00a0\u00bb,<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> leurs rep\u00e8res identitaires se troublent, certaines confusions s\u2019installent freinant alors leur capacit\u00e9 d\u2019affronter la complexit\u00e9. Le recours \u00e0 la pratique r\u00e9flexive (Perrenoud, 2005), pourtant si fondamentalement n\u00e9cessaire, peut repr\u00e9senter un risque de d\u00e9voilement, source d\u2019instabilit\u00e9 affective, li\u00e9e au poids d\u2019une parole engag\u00e9e aupr\u00e8s d\u2019autres professionnels participants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour nous, l\u2019incertitude est reli\u00e9e \u00e0 la question de la perte et des alliances inconscientes dans un groupe. Ce dernier est ressenti d\u2019abord comme \u00e9tranger, comme lieu d\u2019assujettissement et de contrainte. Ren\u00e9 Ka\u00ebs (2008) explique que dans un groupe il existe des alliances structurantes mais aussi des alliances d\u00e9fensives qui r\u00e9sultent de la m\u00e9connaissance et des manques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019activit\u00e9 r\u00e9flexive en groupe produit une \u00e9motion nouvelle et originale qui r\u00e9clame de l\u2019attention et du tact (Mosconi, 2005). Il est difficile, pour l\u2019animateur, de \u00ab\u00a0contenir\u00a0\u00bb (Ciccone, 2001) les \u00e9motions du groupe en les laissant actives tout en apportant un cadre de travail propice \u00e0 l\u2019accompagnement aux changements des pratiques professionnelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le formateur, ces troubles et ces postures d\u00e9fensives inscrites dans l\u2019inconscient du groupe construisent un \u00ab\u00a0rapport au cadre\u00a0\u00bb difficile \u00e0 anticiper. Le cadre doit rassurer, guider et situer le participant dans le groupe gr\u00e2ce aux r\u00e8gles qui le composent, mais comment l\u2019animateur le pose-t-il\u00a0? Comment le garantit-il sans heurter de fa\u00e7on trop invasive les barri\u00e8res d\u00e9fensives\u00a0? Comment alors le cadre stimule-t-il le travail et la pens\u00e9e du groupe\u00a0? L\u2019animateur est attentif \u00e0 certains indices lui permettant de rep\u00e9rer la diversit\u00e9 du \u00ab\u00a0rapport au cadre\u00a0\u00bb de chacun. Il va ressentir l\u2019alchimie d\u2019une \u00ab\u00a0<em>mentalit\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb (Anzieu, 1999)<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> du groupe \u00e9voluant de s\u00e9ances en s\u00e9ances. Dans ce contexte, le recours aux rituels nous parait pertinent \u00e0 interroger.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>3. Les \u00ab\u00a0rapports au cadre\u00a0\u00bb dans l\u2019espace de formation du dispositif d\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019animateur doit prendre des d\u00e9cisions r\u00e9pondant aux diff\u00e9rents \u00ab\u00a0rapports au cadre\u00a0\u00bb des participants. Il ne peut certes pas conna\u00eetre pr\u00e9cis\u00e9ment comment le fonctionnement personnel de chacun est r\u00e9activ\u00e9 par le cadre pos\u00e9. Pour certains, quand l\u2019animateur \u00ab\u00a0pose\u00a0\u00bb le cadre, il apporte de l\u2019apaisement et r\u00e9pond \u00e0 un besoin naturel de s\u00e9curit\u00e9. Pour d\u2019autres, il sera ressenti comme d\u00e9rangeant ou bloquant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019animateur est garant de la force du \u00ab\u00a0cadre\u00a0\u00bb de travail, permettant une implication \u00e0 l\u2019analyse de chaque participant dans un espace cadre suffisamment protecteur et contenant, activant les alliances structurantes (Ka\u00ebs, op.cit.) vers une posture collaborative des membres du groupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette coh\u00e9sion palpable r\u00e9sulte d\u2019un processus conduit, en toute conscience, d\u00e8s la premi\u00e8re rencontre par l\u2019animateur. Il a pris des pr\u00e9cautions. Le cadre a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment pr\u00e9sent\u00e9, le protocole a \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9 ainsi que les vis\u00e9es de la m\u00e9thode utilis\u00e9e. Chacun a pu cerner son r\u00f4le et sa place notamment celle de la parole. Nous pouvons dire qu\u2019une s\u00e9curit\u00e9 affective a \u00ab\u00a0fait groupe\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> \u00a0et que sa force coh\u00e9sive s\u2019installe. L\u2019animateur a \u00e9t\u00e9 garant d\u2019un \u00e9quilibre vers une dynamique groupale sereine et active. Il sait, en effet, qu\u2019\u00e0 tout moment l\u2019\u00e9quilibre install\u00e9 peut se rompre car la vie affective d\u2019un groupe passe par des phases dans lesquelles l\u2019animateur peut risquer \u00e0 tout moment de se laisser emporter s\u2019il n\u2019est pas vigilant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019installation d\u2019un groupe d\u2019analyse de pratiques professionnelles est un acte que nous concevons comme un \u00ab\u00a0passage\u00a0\u00bb dont le franchissement est une aventure collective. Les interrogations concernant l\u2019installation dans le travail d\u2019analyse d\u2019un groupe, diff\u00e8rent selon les conditions de regroupement, selon le projet de formation, selon l\u2019histoire de l\u2019institution dans lesquels le formateur intervenant doit adapter son projet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Poser donc le cadre est d\u00e9j\u00e0 un geste qui actera les r\u00e8gles et la loi symbolique qu\u2019elles signifient. Mais comment l\u2019animateur va-t-il g\u00e9rer les contradictions, les tensions et l\u2019histoire d\u2019une pratique install\u00e9e ou pas dans une organisation, une institution\u00a0? D\u00e8s la premi\u00e8re rencontre avec le groupe, des indices le guident.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>4. Les enjeux d\u2019une premi\u00e8re rencontre<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un contexte d\u2019incertitude institutionnelle et organisationnelle impacte donc la prise en charge du groupe d\u00e8s la premi\u00e8re rencontre. En effet le cadre du dispositif d\u2019analyse va devoir prendre en compte un \u00e9prouv\u00e9 collectif d\u2019incertitude, de manque de rep\u00e8res pour les participants. Chacun est en position de rencontrer l\u2019inconnu. Les sentiments ressentis, individuellement ou collectivement, rel\u00e8vent d\u2019une attitude anthropologique de mise en demeure de faire face au monde. Il s\u2019agit, pour Fran\u00e7oise Hatchuel (2015) de poser \u00ab\u00a0<em>la question de l\u2019engagement et de la prise de risque face au r\u00e9el et dans le souci [\u2026] de questionner l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et la rencontre<\/em> <em>avec le terrain<\/em>\u00a0\u00bb (Hatchuel, 2015 p.104). La rencontre d\u2019un animateur avec un groupe est une aventure dans laquelle les participants guettent des signes rassurants leur permettant d\u2019int\u00e9grer un espace de formation quelque peu ins\u00e9cure pour certains, particuli\u00e8rement d\u00e9stabilisant pour d\u2019autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons choisi d\u2019interroger pr\u00e9cis\u00e9ment une question -parmi d\u2019autres- que se pose l\u2019animateur d\u2019analyse de pratiques d\u00e8s la premi\u00e8re s\u00e9ance. Elle parait anodine par sa simplicit\u00e9 et sa discr\u00e9tion. Or, elle est pour nous symptomatique de la question de l\u2019accompagnement au changement. Chaque participant doit en effet s\u2019enrichir des ressources acquises en dehors de ce nouveau groupe tout en acceptant de \u00ab\u00a0<em>faire avec de l\u2019inconnu et de n\u00e9gocier un lien et un passage vers du diff\u00e9rent<\/em>\u00a0\u00bb (Hatchuel, 2015, p.110).<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>5. Comment accompagner l\u2019appr\u00e9hension du nouveau et\/ou du diff\u00e9rent au d\u00e9but d\u2019une formation \u00e0 l\u2019analyse de pratiques professionnelles\u00a0?<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u00f4toyant l\u2019indicible du sentiment de trouble, contenant les tensions li\u00e9es aux diff\u00e9rences, nous faisons appel, avec plus ou moins d\u2019insistance selon les groupes \u00e0 un principe de ritualisation. Il institue une transition vers de nouveaux rep\u00e8res. La premi\u00e8re s\u00e9ance a pu \u00eatre une \u00e9preuve pour l\u2019animateur comme pour les participants. Il se peut que ceux-ci, avec ou sans volont\u00e9 de d\u00e9stabiliser ou de provoquer l&rsquo;animateur, aient eu des attitudes \u00e9voquant le doute, la moquerie, l\u2019indiff\u00e9rence, la curiosit\u00e9 ou l\u2019ennui. Bien que les cadres, de travail, de fonctionnement, le protocole, aient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s, le contexte est nouveau, \u00e9trange, au regard des exp\u00e9riences groupales ant\u00e9rieures. Certains membres du groupe ressentent le cadre comme encombrant, stressant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En posant le cadre, l\u2019animateur per\u00e7oit ces divers sentiments sur le temps des deux ou trois heures de la premi\u00e8re s\u00e9ance. Accueillis avec attention, les ressentis plus n\u00e9gatifs pourraient faire penser qu\u2019il faudra \u00ab\u00a0resserrer\u00a0\u00bb le cadre, le pr\u00e9ciser. Or, nous les percevons, nous, comme des indices de \u00ab\u00a0n\u00e9gociation\u00a0\u00bb essentiels pour ce \u00ab\u00a0passage\u00a0\u00bb vers le diff\u00e9rent. Nous pensons alors le cadre en termes d\u2019accompagnement. Une pratique de ritualisation guidera le groupe vers une nouvelle \u00ab\u00a0mentalit\u00e9\u00a0\u00bb. Pour Bion (1989) \u00ab <em>La mentalit\u00e9 de groupe est l&rsquo;expression unanime de la volont\u00e9 du groupe<\/em>\u00a0\u00bb. La vie de ce groupe, construite sur une histoire, sous-bassement de l\u2019adh\u00e9sion de chacun au dispositif, se poursuit. L\u2019animateur en fait partie. La pratique de ritualisation dont nous allons ici \u00e9voquer quelques \u00e9l\u00e9ments, vise \u00e0 accompagner le passage. Nous identifierons ici ces actes ritualis\u00e9s et t\u00e9moignerons de leur place et de leur int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>6. La ritualisation<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mettre en place et d\u00e9marrer un groupe d&rsquo;analyse de pratiques professionnelles est pour nous un acte symboliquement fort et une \u00e9tape primordiale vers l\u2019atteinte des objectifs. L\u2019animateur am\u00e8ne chacun \u00e0 comprendre et s\u2019approprier un nouveau mode de communication et de r\u00e9flexion. Il aide \u00e0 int\u00e9grer ce qui fera cadre. Son attention est grande pour accompagner le passage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les diff\u00e9rents actes ritualis\u00e9s d\u2019une s\u00e9ance d\u2019analyse groupale de pratiques professionnelles ne sont pas rep\u00e9rables de fa\u00e7on ordonn\u00e9e dans le temps et l\u2019espace. Apr\u00e8s les avoir identifi\u00e9s depuis le discours, les gestes et les postures, en les d\u00e9liant de la complexit\u00e9 r\u00e9elle dans laquelle ils sont install\u00e9s, nous tenterons de leur donner du sens en pr\u00e9cisant les questions qu\u2019ils posent. A l\u2019aune d\u2019une s\u00e9ance explorons donc ces temps se caract\u00e9risant par l\u2019expression de gestes ritualis\u00e9s plus ou moins inconscients.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>6.1 <\/strong><strong>Le rituel de l\u2019accueil<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors du temps de l\u2019accueil symboliquement important en formation d\u2019adultes, s\u2019exprime ce que nous nommerons un \u00ab\u00a0rituel de l\u2019accueil\u00a0\u00bb. Certains gestes sont effectu\u00e9s en entrant dans la salle comme le salut coll\u00e9gial, la bise, les poign\u00e9es de mains avant que la s\u00e9ance d\u00e9bute. La pr\u00e9paration de th\u00e9 ou de caf\u00e9 participe \u00e0 l\u2019accueil du groupe. Elle est prise en charge par l\u2019animateur ou l\u2019institution d\u2019accueil d\u00e8s la premi\u00e8re s\u00e9ance, les participants l\u2019organisent \u00e0 leur tour au fil des s\u00e9ances.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces gestes et actes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s au d\u00e9but de chaque s\u00e9ance soutiennent une posture de respect dans la rencontre. Ils mettent en \u00e9vidence la singularit\u00e9 des personnalit\u00e9s et des places acquises en dehors de l\u2019espace de travail. Ils facilitent une transition d\u00e9licate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rituel de l\u2019accueil permet ainsi \u00e0 chaque personne de se reconna\u00eetre \u00ab\u00a0membre de ce groupe\u00a0\u00bb durant ce temps donn\u00e9 et d\u00e9fini.\u00a0\u00a0L\u2019animateur per\u00e7oit, l\u00e0, l\u2019\u00e9volution du groupe. Il mesure sa force adh\u00e9sive. Il ressent les r\u00e9sistances \u00e0 l\u2019\u0153uvre, \u00e9prouve sa capacit\u00e9 \u00e0 laisser le groupe \u00e9voluer dans son \u00e9tat \u00e9motionnel du moment. S\u2019il sait activer sa \u00ab\u00a0capacit\u00e9 n\u00e9gative\u00a0\u00bb (Blanchard-Laville, 2013) en laissant venir l\u2019impr\u00e9vu, il peut alors se fondre dans le groupe et vivre ce temps, pr\u00e9liminaire \u00e0 un autre temps. Toujours responsable de la formation, il donnera le signal du d\u00e9but du travail, se pr\u00e9parant \u00e0 \u00eatre moteur dans les futurs \u00e9changes ou frein selon ses ressentis lors du temps d\u2019accueil.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>6.2 <\/strong><strong>Le rituel de la disposition au travail<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous observons d\u2019autres gestes r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9p\u00e9t\u00e9s. Plus fonctionnels,\u00a0ils paraissent n\u00e9cessaires avant d\u2019engager le temps du travail conduit. Endossant son r\u00f4le, l\u2019animateur a signifi\u00e9 que l\u2019espace de travail est \u00e0 regagner. Le travail va commencer. Nous voyons alors appara\u00eetre des gestes comme par exemple, la pr\u00e9paration de la feuille et du stylo, la circulation de la feuille d\u2019\u00e9margement, le rangement plus ajust\u00e9 de l\u2019espace de travail. Ma table n\u2019est-elle pas trop encombr\u00e9e\u00a0? Vais-je garder ma veste sur moi ou la laisser sur ma chaise\u00a0? Peut-on fermer la porte\u00a0? Les portables sont-ils \u00e9teints\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains gestes s\u2019expriment spontan\u00e9ment, un peu comme si un besoin \u00e9vident \u00e9tait \u00e0 assouvir. Besoin de se calmer, d\u2019ordonner, de ranger une m\u00e9moire qui va \u00eatre mise au travail. La plupart sont initi\u00e9s par l\u2019animateur ma\u00eetre de l\u2019organisation p\u00e9dagogique. On peut faire l\u2019hypoth\u00e8se ici que leurs expressions ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 un pr\u00e9alable organisationnel mais pr\u00e9parent les corps et les pens\u00e9es. Se mettre au travail, l\u00e2cher le temps pr\u00e9c\u00e9dent, se concentrer, se mobiliser avec le groupe n\u2019est pas une posture naturelle. Ces gestes montrent la disposition psychique et cognitive de chacun. Leur r\u00e9p\u00e9tition et leur familiarit\u00e9 construites au fil des s\u00e9ances sous-tendront une connivence participant \u00e0 la force adh\u00e9sive du groupe.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>6.3 <\/strong><strong>L\u2019organisation ritualis\u00e9e de l\u2019espace et de l\u2019occupation des places<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant que l\u2019animateur prenne la parole en rappelant le cadre et les r\u00e8gles de travail, la vigilance de l\u2019animateur porte sur le cadre spatial. En effet, l\u2019organisation de la salle doit contribuer \u00e0 signifier un espace d\u2019analyse. Qu\u2019il soit rond ou carr\u00e9, avec des tables ou seulement avec des chaises, chaque membre du groupe doit pouvoir se voir m\u00eame si l\u2019exposition \u00e0 l\u2019autre fragilise. L&rsquo;installation derri\u00e8re une table ne montre pas tout le corps. Cette configuration peut s\u00e9curiser certaines personnes ne s&rsquo;autorisant pas \u00e0 se d\u00e9voiler spontan\u00e9ment, toutefois les ressentis sont l\u00e0, en \u00e9cho possible entre les participants. Si chaque personne est sur une chaise en rond, chaises c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, les ressentis, les \u00e9motions s\u2019expriment sans ambages. Les sens sont en \u00e9veil impliqu\u00e9s dans une \u00e9nergie intersubjective.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019espace signifie donc l\u2019analyse et la co-\u00e9laboration certes, mais aussi la prise de risque par les membres du groupe dans un espace de paroles facilit\u00e9 par l\u2019espace p\u00e9dagogique. En retrouvant \u00e0 chaque s\u00e9ance, cette configuration stable et signifiante, le participant apprend \u00e0 investir en s\u00e9curit\u00e9 un espace contenant fort. Encore faut-il que l\u2019animateur ait pr\u00e9cis\u00e9 son r\u00f4le. En prenant place de la m\u00eame mani\u00e8re que chaque personne pr\u00e9sente, il signifie par exemple qu\u2019il fait partie du groupe. Il devra aussi anticiper les questions\u00a0: prendra-t-il part \u00e0 l\u2019analyse ? Comment chaque participant pourra-t-il s\u2019exprimer\u00a0? Comment l\u2019\u00e9galit\u00e9 et l\u2019\u00e9quilibre signifi\u00e9s par un espace ferm\u00e9 en cercle sont-ils possibles\u00a0? Les choix p\u00e9dagogiques du formateur s\u2019appuient aussi sur le pouvoir de transformation des espaces. Depuis l\u2019espace de l\u2019accueil, il invitera \u00e0 s\u2019installer dans un espace de formation, ou un espace d\u2019analyse ou encore un espace de m\u00e9ta-analyse. A chaque espace, sa fonction.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>6.4 <\/strong><strong>Le rit<\/strong><strong>u<\/strong><strong>e<\/strong><strong>l <\/strong><strong>de pr\u00e9sentation du cadre de travail <\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le moment de pr\u00e9sentation par l\u2019animateur du cadre et des r\u00e8gles de fonctionnement du dispositif est accueilli dans un silence ressenti n\u00e9cessaire par tous les membres du groupe. Remarquons que les diff\u00e9rents rituels \u00e9voqu\u00e9s <em>ante<\/em>, se conjuguent, facilitant l\u2019accueil du cadre annonc\u00e9. La force institutionnalisante du cadre se trouve dans la parole de pr\u00e9sentation faite au moment \u00ab\u00a0juste\u00a0\u00bb, choisi par l\u2019animateur pour apporter une parole forte. Ce rituel de pr\u00e9sentation, r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de la m\u00eame fa\u00e7on, avec sensiblement les m\u00eames mots \u00e0 chaque s\u00e9ance, vient renforcer et signifier au groupe la modalit\u00e9 de travail. Il indique \u00e0 chacun sa place, il red\u00e9finit le r\u00f4le et la fonction de l\u2019animateur, il d\u00e9limite les r\u00e8gles du travail et donne de la force heuristique \u00e0 la m\u00e9thode. Des questions demeurent. Comment chaque participant s\u2019ajustera-t-il au cadre\u00a0? Dans quelle mesure la reprise et la r\u00e9p\u00e9tition participent-elles \u00e0 l\u2019int\u00e9gration des gestes ajust\u00e9s\u00a0? Le risque ne pourrait-il pas venir d\u2019une d\u00e9pendance a\u0300 la forme et aux r\u00e8gles\u00a0?<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>6.5 <\/strong><strong>Les gestes et postures rituelles<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le silence obtenu, la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9coute ainsi acquise r\u00e9sulte d\u2019un processus d\u00e9licat port\u00e9 par des gestes d\u2019expression de l&rsquo;animateur, mimiques, regards, postures. Il montrera son int\u00e9r\u00eat pour un membre du groupe qui a besoin par exemple de temps pour ranger son espace personnel avant de retrouver physiquement ou psychiquement le groupe. Il posera un regard entendu sur certaines autres personnes en attente manifeste du d\u00e9marrage du travail. Il pourra encore sourire, s\u2019\u00e9tonner ou hausser les sourcils d\u2019\u00e9tonnement devant des gestes d\u00e9cal\u00e9s, particuliers, de participants. Le timbre de voix utilis\u00e9 ou la r\u00e9p\u00e9tition de certaines phrases vont cr\u00e9er l\u2019\u00ab\u00a0atmosph\u00e8re\u00a0\u00bb du groupe, le pr\u00e9parer pour entamer une nouvelle s\u00e9ance. Nous voyons ainsi comment se m\u00ealent les diff\u00e9rents rituels pour soutenir les efforts d\u2019adh\u00e9sion au cadre des diff\u00e9rents acteurs.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>6.6 <\/strong><strong>Les rituels d&rsquo;interactions<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le travail d&rsquo;intersubjectivit\u00e9 et de co-pens\u00e9e s\u2019active \u00e0 chaque phase du protocole, choix de la situation, expression d\u2019une parole adress\u00e9e, phase de questionnement et expression des hypoth\u00e8ses. Durant une s\u00e9ance, l&rsquo;animateur est l\u00e0 pour faciliter et r\u00e9guler la prise de parole, valider l\u2019approche et, de fait, g\u00e9n\u00e9rer un type d\u2019interactions contr\u00f4l\u00e9es. Ne pas penser pour l\u2019autre mais avec l\u2019autre, ne pas juger mais se positionner, ne pas anticiper et forcer la pens\u00e9e de l\u2019autre, l\u00e2cher prise et se distancier rel\u00e8vent d\u2019une pens\u00e9e collective particuli\u00e8re dans laquelle les participants s\u2019engagent dans un cadre bien d\u00e9fini et protecteur. Une s\u00e9curit\u00e9 se transf\u00e8re quand par exemple une analyse est men\u00e9e au sein d&rsquo;une m\u00eame \u00e9quipe de travail en redonnant du sens aux valeurs et aux normes professionnelles et institutionnelles. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, d\u2019une s\u00e9ance \u00e0 l\u2019autre pour un m\u00eame groupe, les rituels d\u2019interactions feront l\u2019histoire du groupe et celle des participants. Apr\u00e8s avoir rep\u00e9r\u00e9 les rituels concernant la mise en place puis le travail d\u2019analyse, \u00e9voquons les questions qu\u2019ils posent \u00e0 l\u2019animateur. Dans quelle mesure la r\u00e9p\u00e9tition engendre-t-elle de la ritualisation ? A quelles conditions le rituel cr\u00e9erait-il un sentiment de communaut\u00e9 ? Peut-on craindre que les rituels g\u00e9n\u00e8rent une discontinuit\u00e9, voire un clivage dans les relations ? Dans quelle mesure le rituel facilite-t-il le \u00ab\u00a0passage\u00a0\u00bb amenant \u00e0 un espace d\u2019analyse\u00a0?<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>7. De la r\u00e9p\u00e9tition \u00e0 la ritualisation, une dynamique d\u2019accompagnement<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">La ritualisation cr\u00e9e le s\u00e9cure et le contenant du groupe en optimisant les \u00ab\u00a0conditions environnementales favorables\u00a0\u00bb au d\u00e9marrage de chaque s\u00e9ance, un peu comme dans les rituels familiaux qui signifient \u00e0 l\u2019enfant sa filiation cr\u00e9ant confiance et s\u00e9curit\u00e9 (Cyrulnik, 2013). La r\u00e9p\u00e9tition du cadre et des r\u00e8gles de fonctionnement \u00e0 chaque s\u00e9ance donne \u00e0 chacun le droit de s\u2019y inscrire \u00e0 son rythme. L\u2019apprentissage dit Philippe Perrenoud (2001) \u00ab\u00a0<em>est un processus qui offre des points de reprises<\/em>\u00a0\u00bb. Ces reprises, nous les concevons dans un tissage dont la solidit\u00e9 d\u00e9pend de \u00ab\u00a0<em>points de certitude symboliques<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. L\u2019adh\u00e9sion du groupe et la capacit\u00e9 de contenance de l\u2019animateur donnent de la force \u00e0 ce maillage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un geste pas encore ajust\u00e9 peut para\u00eetre, certes, artificiel hors du temps, est n\u00e9cessaire pour s\u2019approprier la posture. Les maladresses et les d\u00e9calages des participants en apprentissage ne peuvent donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme une sorte d\u2019assujettissement a\u0300 la forme et aux r\u00e8gles. Pour nous, tout d\u00e9calage appartient \u00e0 cette instabilit\u00e9 instituante, pr\u00e9lude \u00e0 l\u2019acte institu\u00e9. Les freins, les tiraillements d\u2019un geste s\u2019adaptant \u00e0 une posture en construction sont des signes d\u2019une singularit\u00e9 attest\u00e9e mais non opposante. Dire au groupe, \u00ab\u00a0moi je ne sais pas comment dire pour ne pas juger l\u2019autre\u00a0\u00bb, c\u2019est parler de soi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l\u2019animateur revient sur le cadre et l\u2019impose avec trop de force, il appauvrit le dispositif, consid\u00e9rant que le travail du groupe est monolithique et r\u00e9duit\u00a0les individualit\u00e9s qui le composent. Il oublie alors que chaque participant trouvera b\u00e9n\u00e9fice \u00e0 interroger ses r\u00e9actions personnelles dans la vie fonctionnelle et affective du groupe. L\u2019animateur est donc garant d\u2019une r\u00e9p\u00e9tition rassurante qui n\u2019annihile pas la singularit\u00e9.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>8. Le rituel au service d\u2019un sentiment de communaut\u00e9<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque l&rsquo;individu vit pour la premi\u00e8re fois une s\u00e9ance d&rsquo;analyse de pratiques, il se confronte \u00e0 une m\u00e9thode nouvelle l\u2019engageant dans l\u2019&rsquo;inconnu. Invit\u00e9 \u00e0 explorer avec rigueur et m\u00e9thode une situation dans le respect d\u2019une approche compr\u00e9hensive et non explicative, il se trouve d\u2019abord dans l\u2019obligation de faire confiance \u00e0 l\u2019animateur et \u00e0 son cadre. Il faudra du temps pour que le sentiment d\u2019une communaut\u00e9 o\u00f9 chacun sait ce qui est attendu se ressente et ainsi affaiblir les r\u00e9sistances individuelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce processus rel\u00e8ve globalement de la fonction adh\u00e9sive du rituel au service du commun. Christophe Wulf (2005) voit dans les rituels un moyen de se comprendre sur le plan communicationnel car, dit-il, \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;\u00e9nergie produite dans l&rsquo;agir du rituel commun d\u00e9passe l&rsquo;individu singulier et contribue \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;une communaut\u00e9 solidaire<\/em> \u00bb. \u00a0L\u2019exploration vers un \u00ab\u00a0<em>objet commun<\/em>\u00a0\u00bb (Clerc, 2014) construit dans la dynamique collective accroit l\u2019adh\u00e9sion. La solidarit\u00e9 pourrait apaiser des conflits internes (personnels ou du groupe) voire all\u00e9ger certaines crises institutionnelles dans un groupe institu\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la r\u00e9p\u00e9tition, affirmons-nous, certaines postures ou certains gestes initi\u00e9s par l&rsquo;animateur, peu \u00e0 peu int\u00e9gr\u00e9s par les membres du groupe, rel\u00e8vent d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019\u00e9motions partag\u00e9es de la valeur d\u2019un \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e8nement social\u00a0\u00bb. Quand un participant reconnait le geste attendu, il entre dans ce langage corporel commun en faisant de m\u00eame et en apportant sa contribution au travail d\u2019analyse engag\u00e9. Christophe Wulf (2003) met en syst\u00e8me les diff\u00e9rentes actions et expressions et affirme\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Aisth\u00e9sis<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><strong>[8]<\/strong><\/a> et expression, action et comportement sont r\u00e9unis dans un \u00e9v\u00e9nement social <\/em><em>appelant\u00a0\u00e0\u00a0l&rsquo;imitation et \u00e0 la collaboration<\/em>\u00a0\u00bb. Et pourtant\u2026l\u2019animateur ne peut attendre les m\u00eames r\u00e9actions, les m\u00eames sensibilit\u00e9s ni la m\u00eame \u00e9volution pour chaque groupe. A l\u2019\u00e9coute de l\u2019histoire de chaque groupe, il est responsable du respect du diff\u00e9rent.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>9. Le passage vers le diff\u00e9rent<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque participant du dispositif vit une situation nouvelle de travail. La posture d\u2019analyse est \u00e0 apprendre et chaque s\u00e9ance lui demande un travail original d&rsquo;\u00e9laboration. L\u2019animateur, passeur du gu\u00e9 vers le diff\u00e9rent ne peut nier l\u2019inconnu craint l\u00e9gitimement par les participants. Il doit lui donner une juste place et en identifier les limites et le poids sans cr\u00e9er de l\u2019exclusion. Entre les professionnels b\u00e9n\u00e9ficiant du dispositif et ceux qui n\u2019ont pas cette exp\u00e9rience, le clivage est toujours possible. C\u2019est un \u00e9ventuel danger pour une institution. \u00ab\u00a0<em>Le rite consacre la diff\u00e9rence, il l\u2019institue<\/em>\u00a0\u00bb dit Bourdieu (1982) appelant \u00e0 la prudence. Voil\u00e0 pourquoi la r\u00e8gle de confidentialit\u00e9 m\u00e9rite souvent un d\u00e9veloppement explicatif aupr\u00e8s des participants. Elle est caract\u00e9ristique de la fonction diff\u00e9renciatrice du rituel \u00e0 manier d\u00e9licatement. Un groupe produit en effet une analyse originale difficile \u00e0 mettre en mots en dehors du contexte de l\u2019\u00e9laboration du groupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au-del\u00e0 du respect des personnes impliqu\u00e9es dans la situation analys\u00e9e, rappelons donc que tout au long de l\u2019analyse, le v\u00e9cu commun a install\u00e9 une s\u00e9paration avec l\u2019ext\u00e9rieur du groupe. Les participants \u00e0 travers les rituels ont inscrit des images et des sensations dans leur m\u00e9moire et leur corps. L\u2019exp\u00e9rience ayant \u00ab\u00a0fait\u00a0\u00bb alors \u00e9v\u00e8nement social n\u2019est pas transmissible sans cr\u00e9er des sentiments de menace ou d&rsquo;angoisse. Elle porte la force adh\u00e9sive du groupe. Plus fondamentalement, l\u2019analyse a accueilli la situation professionnelle questionnante en cr\u00e9ant de nouvelles compr\u00e9hensions sans jugement. Les participants ont pris de nouvelles pistes, se sont enrichis de nouvelles connaissances, la pratique r\u00e9flexive qu\u2019ils manient d\u00e9sormais institue un d\u00e9calage. Les besoins de compr\u00e9hension sont d\u00e9sormais d\u00e9cupl\u00e9s.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>10. Une courroie d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration vers une posture r\u00e9flexive stabilis\u00e9e<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous identifierons finalement la pratique des rituels dans le dispositif d\u2019analyse de pratiques professionnelles comme une modalit\u00e9 d\u2019accompagnement du v\u00e9cu d\u2019une exp\u00e9rience particuli\u00e8re \u00e0 laquelle les participants vont se confronter en s\u00e9curit\u00e9 pour adopter une posture nouvelle en groupe. Le groupe repr\u00e9sente alors pour eux un support r\u00e9fl\u00e9chissant validant la conformit\u00e9 des attitudes et gestes attendus. La conformit\u00e9 vis\u00e9e n\u2019int\u00e9resse pas seulement la forme mais une nouvelle posture d&rsquo;\u00e9coute, de communication et d\u2019\u00e9laboration \u00e0 s\u2019approprier. L\u2019apprentissage se fait avec des reprises, des r\u00e9gulations, des changements, des essais. Il n\u2019est pas question de chercher un \u00ab\u00a0bon\u00a0\u00bb geste, un \u00ab\u00a0bon\u00a0\u00bb mot mais un geste et un mot justes permettant \u00e0 chacun de vivre un travail de co-pens\u00e9e, plus r\u00e9flexif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019appropriation de ces nouvelles comp\u00e9tences en construction supposent des comportements adapt\u00e9s comme le respect, l\u2019empathie ou encore l\u2019\u00e9coute active. Ils font acc\u00e9der \u00e0 de nouveaux besoins de compr\u00e9hension et tr\u00e8s vite nous pouvons attester que la comp\u00e9tence r\u00e9flexive s\u2019exprime sans effort. D\u00e8s les premi\u00e8res s\u00e9ances d\u2019analyse. Les participants s\u2019\u00e9tonnent de se sentir capables de transf\u00e9rer ces comp\u00e9tences acquises dans d\u2019autres temps de leur pratique professionnelle. Ils appr\u00e9cient le b\u00e9n\u00e9fice en distanciation et recul professionnel. Le statut de praticien r\u00e9flexif se concr\u00e9tise en appui sur la force int\u00e9gratrice du groupe. Une force qui ne se r\u00e9duit pas \u00e0 des gestes appris, \u00e0 des formes norm\u00e9es ou \u00e0 des habitudes routinis\u00e9es (Reinhardt, 2006).<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>11. Conclusion<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme animatrices, nous avons \u00e9t\u00e9 sensibles \u00e0 des indices de tiraillements dans les deux premi\u00e8res s\u00e9ances d\u2019un dispositif. Le groupe se forme et r\u00e9agit, les individualit\u00e9s se repositionnent et se questionnent avec plus ou moins de vigueur. Le d\u00e9marrage d&rsquo;un groupe est un acte \u00e9minemment lourd de sens qui augure d\u2019un d\u00e9gagement des tensions au profit de liens nouveaux et originaux construits dans l\u2019intimit\u00e9 de la vie du groupe.\u00a0 Accompagner ce \u00ab\u00a0passage\u00a0\u00bb est un acte \u00e9thique, garantissant la protection et le d\u00e9placement de chaque participant du groupe. Une double expertise\u00a0est n\u00e9cessaire, celle li\u00e9e \u00e0 la pose et au maintien du cadre dont une partie est ritualis\u00e9e, celle li\u00e9e au r\u00f4le de passeur vers l\u2019inconnu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons insist\u00e9 ici sur l\u2019importance de la force symbolique du cadre et des diff\u00e9rents rituels install\u00e9s pour \u00ab\u00a0faire groupe\u00a0\u00bb. La vigilance aux inqui\u00e9tudes et aux doutes des individus d\u2019un groupe qui s\u2019installe est tout autant essentielle. Le travail d\u2019accueil de ces mouvements affectifs est n\u00e9cessaire pour l\u2019apaisement et la virtuosit\u00e9 de l\u2019analyse groupale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00catre diff\u00e9rent est une force vive conduisant \u00e0 l&rsquo;ouverture et au r\u00e9flexif. L\u2019enjeu n\u2019est pas d\u2019enfermer un groupe dans des routines d\u2019attitude comme d\u2019analyse, manifestations d\u2019assujettissement et de conformit\u00e9. Il est au contraire de montrer comment la ritualisation que nous mettons en place assouplit et accompagne les doutes ouvrant \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019accepter le changement dans sa pratique professionnelle.<\/p>\n<h4><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/h4>\n<p>Anzieu, D. (1999). <em>Le groupe et l\u2019inconscient<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n<p>Barbier, J.-M. (2000). L\u2019analyse des pratiques : questions conceptuelles. In C. Blanchard Laville &amp; D. Fablet (Eds), <em>L\u2019analyse des pratiques professionnelles<\/em> (pp. 35-58). Paris : L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p>Bion W.R. (1989) <em>Experiences in Groups and others Papers<\/em>, London, Tavistock\/Routledge.<\/p>\n<p>Blanchard Laville, C. (1996) Aux sources de la capacit\u00e9 de penser et d\u2019apprendre. A propos des conceptions th\u00e9oriques de W.R. Bion. Pour une clinique du rapport au savoir in J. Beillerot, C. Blanchard-Laville, N. Mosconi (dir). <em>Pour une clinique du rapport au savoir,<\/em> Paris\u00a0: L\u2019harmattan.<\/p>\n<p>Blanchard-Laville, C. (2013).\u00a0 Accompagnement clinique et capacit\u00e9 n\u00e9gative. <em>Cahiers de psychologie clinique<\/em>, 2013\/2 41, 63-80.\u00a0 DOI: 10.3917\/cpc.041.0063.<\/p>\n<p>Bourdieu, P. (1982). <em>Les rites comme actes d&rsquo;institutions<\/em>. Pers\u00e9e, 43.<\/p>\n<p>Ciccone A. (2001). Enveloppe psychique et fonction contenante : mod\u00e8les et pratiques, <em>Cahiers de psychologie clinique<\/em>, 17, 81-102.<\/p>\n<p>Cifali, M. &amp; Perilleux T. (2012). <em>Les m\u00e9tiers de la relation malmen\u00e9s. R\u00e9pliques cliniques<\/em>. Paris\u00a0: L\u2019harmattan, col. Savoir et formation.<\/p>\n<p>Clerc, N., Agogu\u00e9, M. (2014). Analyse r\u00e9flexive de pratiques et d\u00e9veloppement de nouvelles comp\u00e9tences dans <em>Recherche en Soins Infirmiers<\/em>, septembre 2014,118, 7-16.<\/p>\n<p>Clerc, N. (2014). Comment le \u00ab commun \u00bb cr\u00e9e du singulier dans un dispositif d\u2019analyse de pratique associ\u00e9 \u00e0 un travail d\u2019\u00e9criture. In <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles,<\/em> 4, pp. 12-22. http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1377.<\/p>\n<p>Cyrulnik, B. (2013). Le rituel aide \u00e0 la construction de l&rsquo;identit\u00e9,<em> La Croix.<\/em><\/p>\n<p>Hatchuel, F. (2015). Faire face au monde\u00a0: regard clinique et anthropologique sur des invariants et des singularit\u00e9s humaines. In G. Arnaud et P. Fugier <em>Clinique et changement social<\/em>, Paris, L\u2019harmattan, col. Sociologie et psychanalyse, 21,103-12<\/p>\n<p>Ka\u00ebs, R.\u00a0 \u00ab Reconnaissance et m\u00e9connaissance dans les liens intersubjectifs. Une introduction \u00bb, <em>Le Divan familial <\/em>2008\/1 (N\u00b0 20), p. 29-46. DOI 10.3917\/difa.020.0029<\/p>\n<p>Marchive Alain (2007). Le rituel, la r\u00e8gle et les savoirs. Ethnographie de l\u2019ordre scolaire \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire\u00a0; <em>Ethnologie fran\u00e7aise<\/em>, 4, 37, 597-604.<\/p>\n<p>Mosconi, N. (2005) Tact et groupes d\u2019analyse des pratiques professionnelles. S\u00e9minaire sur le \u00ab\u00a0tact\u00a0\u00bb, Lille.<\/p>\n<p>Perrenoud, P. (2005). Assumer une identit\u00e9 r\u00e9flexive. <em>\u00c9ducateur<\/em>, 2, 30-33.<\/p>\n<p>Perrenoud, P. (2001, 3\u00e8me ed). In Paquay, L., Altet, M., Charlier, E. et Perrenoud, Ph. (dir.), <em>Former des enseignants professionnels. Quelles strat\u00e9gies ? Quelles comp\u00e9tences ? <\/em>Bruxelles, De Boeck<\/p>\n<p>Pichon M., Vermorel H. &amp; Ka\u00ebs R. (2010), <em>L&rsquo;exp\u00e9rience du groupe : Approche de l&rsquo;\u0153uvre de Ren\u00e9 Ka\u00ebs<\/em>, Paris, Dunod, Col. Inconscient et culture.<\/p>\n<p>Reinhardt, JC. (2006<em>). <\/em>Les rituels du coucher. <em>G\u00e9rontologie et soci\u00e9t\u00e9<\/em>. 116. 143-152.<\/p>\n<p>Wulf, C. (2003). Le rituel : formation sociale de l&rsquo;individu et de la communaut\u00e9. <em>Spirale<\/em>, <em>Revue de Recherches en \u00c9ducation<\/em>, 31, 65-74.<\/p>\n<p>Wulf, C. (2005). Introduction. Rituels. Performativit\u00e9 et dynamiques des pratiques sociales. <em>Herm\u00e8s, la revue<\/em>, 43, 9-20.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div><\/div>\n<a href=\"#\" class=\"shortcode button  \" style=\"background-color: silver;\" target=\"\" onclick=\"\"> Haut de page<\/a>\n<h4><\/h4>\n<h4><b><br \/>\nNotes<\/b><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Rencontre signifie ici l\u2019espace relationnel instaur\u00e9 par la mise en syst\u00e8me d\u2019un cadre, d\u2019un animateur et d\u2019un groupe de participants, rencontre se construisant d\u00e8s la premi\u00e8re s\u00e9ance.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Animateur sera employ\u00e9 au masculin et au sens g\u00e9n\u00e9rique sans consid\u00e9ration de genre.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Parcours\u00a0: \u00ab\u00a0Formation de Formateurs \u00e0 l\u2019Accompagnement Professionnel\u00a0\u00bb. Un de ses enseignements porte sur l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0analyse r\u00e9flexive des pratiques et l\u2019identit\u00e9 professionnelle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Titre du film de G. Vernet sur l\u2019\u00e9puisement d\u2019un financier devenu ma\u00eetre d\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Anzieu (1999, p.28) reprend l\u2019id\u00e9e de \u00ab\u00a0<em>mentalit\u00e9 commune<\/em>\u00a0\u00bb d\u00e9velopp\u00e9e par Mayo.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> \u00ab\u00a0<em>Faire groupe, c\u2019est tout d\u2019abord, dans le d\u00e9sir de chacun, faire co\u00efncider les bords du Moi et ceux du groupe, sans interstice, sans fissures<\/em>\u00a0\u00bb (Pichon, Vermorel &amp; Ka\u00ebs, 2010, p. 215).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Soulign\u00e9s par les travaux de Fran\u00e7oise Hatchuel (2015).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Intelligence en fran\u00e7ais\u00a0: perception, pas seulement par les sens, mais par l&rsquo;intellect.<\/p>\n<div id=\"themify_builder_content-2450\" data-postid=\"2450\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-2450 themify_builder themify_builder_front\">\n\n\t<\/div>\n<!-- \/themify_builder_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Nicole Clerc Ma\u00eetre de conf\u00e9rences, Univ. de Cergy Pontoise clercpnp[arobase]free.fr\u00a0 Delphine Roche Infirmi\u00e8re \u2013 Formatrice delf27[arobase]hotmail.fr &nbsp; R\u00e9sum\u00e9 Les animateurs d\u2019un dispositif d\u2019analyse de pratiques doivent g\u00e9rer l\u2019incertitude. Apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 avec l\u2019institution pour proposer le dispositif, ils devront encore prendre en charge les craintes des participants dont les attentes sont diverses et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. 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