{"id":1377,"date":"2014-09-28T00:01:54","date_gmt":"2014-09-27T23:01:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1377"},"modified":"2021-09-22T13:28:58","modified_gmt":"2021-09-22T12:28:58","slug":"comment-le-commun-cree-du-singulier-dans-un-dispositif-danalyse-de-pratiques-associe-a-un-travail-decriture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1377","title":{"rendered":"Comment le \u00ab commun \u00bb cr\u00e9e du singulier dans un dispositif d\u2019analyse de pratiques associ\u00e9 \u00e0 un travail d\u2019\u00e9criture"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><strong><em>Nicole Clerc<\/em><\/strong><\/h3>\n<p><em>Ma\u00eetre de conf\u00e9rences, Universit\u00e9 Cergy Pontoise, laboratoire CREF, <\/em><br \/>\n<em> Paris Ouest Nanterre la D\u00e9fense<br \/>\n<a href=\"mailto:clercpnp@free.fr\">clercpnp[arobase]free.fr<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><i>R\u00e9sum\u00e9<\/i><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">La s\u00e9curit\u00e9 psychique des membres d\u2019un groupe d\u2019analyse de pratiques s\u2019appuie sur un \u00e9quilibre affectif stable indispensable pour accueillir la narration singuli\u00e8re d\u2019une pratique. Mais comment prendre en compte dans l\u2019analyse l\u2019\u00e9motion groupale inscrite dans le travail collectif\u00a0? Je montrerai qu\u2019elle ouvre \u00e0 la construction d\u2019un \u00ab objet commun\u00a0\u00bb dans la temporalit\u00e9 engag\u00e9e par le protocole. Je fais l\u2019hypoth\u00e8se ici que cet objet est un support d\u2019investissement puissant permettant de souder autant que d\u2019assujettir le groupe dans sa dynamique intellectuelle et affective. Ce \u00ab\u00a0bien commun\u00a0\u00bb augurerait donc autant la force que les limites de l\u2019analyse. Depuis un protocole exp\u00e9riment\u00e9 dans le cadre d\u2019une supervision, je d\u00e9crypterai comment la mise en mouvement du \u00ab\u00a0commun\u00a0\u00bb dans une d\u00e9marche d\u2019\u00e9criture remobilise des significations singuli\u00e8res pour chacun.<\/p>\n<h5><em>Mots-cl\u00e9s\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>\u00e9motion groupale, objet commun, singularit\u00e9, \u00e9criture<\/p>\n<h5><em>Cat\u00e9gorie d&rsquo;article\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>Modalit\u00e9s d\u2019analyse de pratiques professionnelles\u00a0; texte th\u00e9orique<\/p>\n<h5><em>R\u00e9f\u00e9rencement\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>Clerc, N. (2014). Comment le \u00ab\u00a0commun\u00a0\u00bb cr\u00e9e du singulier dans un dispositif d\u2019analyse de pratique associ\u00e9 \u00e0 un travail d\u2019\u00e9criture. In <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 4, pp. 12-22. http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1377.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr class=\"shortcode hr light-gray\" style=\"border-width:1px;\" \/>\n<p><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/nicole-clerc-revue-app-octobre2014.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/download-icon.png\" alt=\"download-icon\" width=\"24\" height=\"29\" \/><\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/nicole-clerc-revue-app-octobre2014.pdf\">Article en PDF<\/a> \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 <a href=\"#co\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/et-info-comment.png\" alt=\"et-info-comment\" width=\"30\" height=\"31\" \/><\/a>\u00a0<a href=\"#co\">Commentaires<\/a><br \/>\n<hr class=\"shortcode hr light-gray\" style=\"border-width:1px;\" \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[toc]<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>1. Un dispositif d\u2019analyse r\u00e9flexive de pratiques professionnelles\u00a0 en supervision<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019analyse de pratiques professionnelles pour accompagner la professionnalisation n\u2019est d\u00e9sormais plus \u00e0 d\u00e9montrer. Pour ma part, d\u00e8s 2002, apr\u00e8s une exp\u00e9rience d\u2019accompagnement des futurs professeurs des \u00e9coles \u00e0 l\u2019IUFM<sup class='footnote'><a href='#fn-1377-1' id='fnref-1377-1' onclick='return fdfootnote_show(1377)'>1<\/a><\/sup> de Versailles, j\u2019ai pris l\u2019initiative<sup class='footnote'><a href='#fn-1377-2' id='fnref-1377-2' onclick='return fdfootnote_show(1377)'>2<\/a><\/sup> de mettre en place un dispositif d\u2019Analyse R\u00e9flexive de Pratiques Professionnelles<sup class='footnote'><a href='#fn-1377-3' id='fnref-1377-3' onclick='return fdfootnote_show(1377)'>3<\/a><\/sup> dans le cadre universitaire d\u2019un master de \u00ab\u00a0formation de formateurs \u00e0 l\u2019accompagnement professionnel\u00a0\u00bb<sup class='footnote'><a href='#fn-1377-4' id='fnref-1377-4' onclick='return fdfootnote_show(1377)'>4<\/a><\/sup>.\u00a0 C\u2019est dans ce cadre r\u00e9unissant des professionnels des m\u00e9tiers de l\u2019enseignement, de l\u2019\u00e9ducation, de l\u2019animation, de la formation, du travail social et du soin, que j\u2019ai exp\u00e9riment\u00e9 l\u2019orientation psychosociologique que je soutiens (Clerc, 2013b).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 un dispositif d\u2019analyse puissant dans sa capacit\u00e9 \u00e0 stimuler chaque participant \u00e0 se confronter aux repr\u00e9sentations sociales et professionnelles qui l\u2019organisent et \u00e0 r\u00e9sister aux logiques parfois bien violentes des pratiques contemporaines. En 2013, certains professionnels dipl\u00f4m\u00e9s responsables de l\u2019animation d\u2019un groupe (ou d\u00e9sireux de prendre cette responsabilit\u00e9), stimul\u00e9s par des comp\u00e9tences r\u00e9flexives nouvelles, ont exprim\u00e9 une demande appuy\u00e9e de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un espace de supervision. Suite \u00e0 un temps de questionnements et de doutes quant \u00e0 ma responsabilit\u00e9, j\u2019ai donn\u00e9 naissance \u00e0 cet espace original. Il devait r\u00e9pondre au vif d\u00e9sir de produire ensemble un type de travail nouveau. Il ne s\u2019agissait pas de gagner en conformit\u00e9 \u00e0 un mod\u00e8le d\u2019analyse comme pourrait le sugg\u00e9rer le terme \u00ab\u00a0supervision\u00a0\u00bb. Prenant en compte l\u2019expression du besoin d\u2019accompagnement de ces professionnels dans leur pratique et loin de toute contrainte de formation, c\u2019est dans la \u00ab\u00a0reprise\u00a0\u00bb de la pratique et dans la rencontre de leur identit\u00e9 de \u00ab\u00a0sujet professionnel\u00a0\u00bb que j\u2019ai accept\u00e9 de guider ces professionnels. J\u2019esp\u00e9rais proposer une nouvelle exp\u00e9rience d\u2019\u00e9laboration en accord avec mes convictions th\u00e9oriques (voir par exemple Hans &amp; Hatchuel, 2010). Nous avions tous envie de nous engager, moi y compris, dans un espace cr\u00e9atif de savoirs et savoir-faire.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>1.1\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><strong>\u00a0Une approche clinique touchant le rapport personnel au travail<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dispositif initial que je conduis dans le contexte universitaire porte sur un travail d\u2019accompagnement sensible et d\u00e9licat que je qualifie de \u00ab\u00a0clinique\u00a0\u00bb (Gaulejac, Giust-Desprairies, Massa, 2013). Il n\u2019est pas question de nier les dynamiques affectives qui s\u2019expriment mais de les reconna\u00eetre comme objet de travail puisqu\u2019elles traduisent le v\u00e9cu de sujets singuliers en prise avec des significations imaginaires contemporaines en tension. Une d\u2019entre elles, rep\u00e9r\u00e9e par C\u00e9dric Faure (2013) concerne \u00ab\u00a0l\u2019appauvrissement et l\u2019ext\u00e9riorisation de l\u2019int\u00e9riorit\u00e9\u00a0\u00bb. Il justifie \u00e0 mes yeux la d\u00e9fense d\u2019une modalit\u00e9 de travail clinique. Je suis particuli\u00e8rement sensible \u00e0 cet individu contemporain que l\u2019auteur d\u00e9crit comme pris au pi\u00e8ge de la connexion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et du pilotage par l\u2019ext\u00e9rieur. Et je prends ais\u00e9ment \u00e0 mon compte la d\u00e9nonciation politique de Pascal Nicolas-Le-Strat (2007)\u00a0qui voit dans les fragilit\u00e9s des sujets les effets de \u00ab\u00a0fabriques de l\u2019impuissance\u00a0\u00bb produites par nos institutions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s\u2019agit pour chaque membre du groupe de professionnels en supervision de trouver une disposition psychique qui interroge son rapport personnel au travail, de se d\u00e9gager des captations imaginaires pour acqu\u00e9rir une nouvelle lucidit\u00e9 sur sa \u00ab\u00a0pratique\u00a0\u00bb. Je me retrouve dans la d\u00e9finition de Jacky Beillerot (1998) qui associe au terme \u00ab\u00a0pratique\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0les objectifs, les strat\u00e9gies, les id\u00e9ologies (qui sont) convoqu\u00e9es\u00a0\u00bb. J\u2019\u2019invite les participants aux analyses \u00e0 regarder cette pratique comme \u00ab\u00a0une r\u00e9alit\u00e9 psychosociale institutionnelle\u00a0\u00bb se d\u00e9ployant \u00ab\u00a0toujours dans les institutions, une r\u00e9alit\u00e9 psychique qui inclut la dimension inconsciente du sujet\u00a0\u00bb (Beillerot, 1998).<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>1.2\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><strong>\u00a0Les temps consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019analyse et \u00e0 la m\u00e9ta-analyse dans le dispositif<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les \u00e9tapes du protocole d\u2019analyse portent d\u2019abord sur l\u2019\u00e9coute de plusieurs \u00ab\u00a0situations qui interrogent\u00a0\u00bb et que quelques membres du groupe souhaitent \u00e9voquer. Je demande au narrateur un propos bref pr\u00e9sentant pour lui les \u00e9l\u00e9ments caract\u00e9risant la situation. Il doit les situer dans un cadre spatio-temporel. Le propos peut \u00eatre lacunaire. Il est accueilli dans sa singularit\u00e9. Ces diff\u00e9rentes \u00ab\u00a0paroles adress\u00e9es\u00a0\u00bb viennent toucher les participants qui sont invit\u00e9s alors \u00e0 mettre des mots sur leurs propres r\u00e9sonances et exprimer ce qu\u2019ils entendent de la demande de certains exposants. Des analogies, des associations, des implications s\u2019expriment pour parvenir \u00e0 choisir une situation. J\u2019aide ici le groupe \u00e0 d\u00e9gager un consensus sur la situation choisie et je reformule les int\u00e9r\u00eats que le groupe a exprim\u00e9s \u00e0 son propos. D\u00e8s ce premier temps, chacun a\u00a0 laiss\u00e9 une trace dans le travail groupal qui s\u2019initie. Et quand le narrateur, alors reconnu \u00e0 cette place, d\u00e9roule plus pr\u00e9cis\u00e9ment son t\u00e9moignage, il est d\u00e9j\u00e0 sensibilis\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cho que ses propres interrogations ont eu dans le groupe. Vient ensuite, classiquement, la phase des \u00ab\u00a0questions factuelles\u00a0\u00bb suivie par celle des \u00ab\u00a0hypoth\u00e8ses interpr\u00e9tatives\u00a0\u00bb, phase qui signera l\u2019engagement \u00ab\u00a0sans complaisance\u00a0\u00bb de chaque professionnel composant le groupe. Proposer une \u00ab\u00a0hypoth\u00e8se interpr\u00e9tative\u00a0\u00bb consiste ici \u00e0 dire comment chacun comprend la situation depuis des points de vue qui expriment singuli\u00e8rement des liens qui font sens pour soi. La co-\u00e9laboration se poursuit ensuite en \u00e9cho \u00e0 la parole qui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e au narrateur. Celui-ci pourra, dans un propos libre, exprimer ses d\u00e9gagements, ses nouvelles lucidit\u00e9s, ses troubles, son v\u00e9cu dans les diff\u00e9rents temps de l\u2019analyse du groupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai choisi d\u2019organiser le travail du groupe en supervision de fa\u00e7on \u00e0 ce qu\u2019il soit un espace d\u2019\u00e9lucidation et d\u2019\u00e9laboration personnelle pour chacun. Pour ce faire, il faut que l\u2019espace de supervision soit l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019\u00e9prouver sa capacit\u00e9 d\u2019\u00e9laboration groupale. Le groupe vit d\u2019abord au moins deux s\u00e9ances lors desquelles des ph\u00e9nom\u00e8nes sont v\u00e9cus et per\u00e7us tout au long de l\u2019analyse groupale selon le protocole pr\u00e9c\u00e9demment pr\u00e9cis\u00e9. Finalement on peut dire que les \u00ab\u00a0objets communs\u00a0\u00bb cr\u00e9\u00e9s dans l\u2019espace de chaque analyse proc\u00e8dent de la construction d\u2019un v\u00e9cu commun qui fait lien. Il ne s\u2019agit pas de nommer des \u00e9v\u00e8nements, des savoirs, de proposer des significations mais de les laisser s\u2019installer dans les psych\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le travail d\u2019\u00e9laboration s\u2019initie lors de l\u2019\u00e9coute du narrateur et dans les r\u00e9actions de quelques participants au r\u00e9cit du narrateur. Il se nourrit du v\u00e9cu de la s\u00e9ance et est activ\u00e9 entre les s\u00e9ances pour chacun. J\u2019ai souhait\u00e9 qu\u2019il soit pris en charge sp\u00e9cifiquement dans un temps plus cons\u00e9quent qui fait fonction de m\u00e9ta-analyse et d\u2019\u00e9laboration groupale. Apr\u00e8s avoir fait l\u2019exp\u00e9rience de ce type de travail guid\u00e9 lors d\u2019une s\u00e9ance sp\u00e9cifique, le groupe a exprim\u00e9 le besoin de poursuivre en ce sens. Le travail peut ici porter sur le v\u00e9cu du groupe, sur une \u00e9laboration collective qui peut s\u2019inscrire dans les \u00e9prouv\u00e9s, dans les nouvelles questions d\u00e9gag\u00e9es, interroger les r\u00e9p\u00e9titions et accueillir ce que chaque sujet du groupe peut dire de son exp\u00e9rience d\u2019analyse dans le groupe d\u2019ARPP, voire au-del\u00e0 dans d\u2019autres espaces professionnels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette gestion du temps m\u2019est apparue aidante pour l\u2019\u00e9laboration personnelle. Mais comment chaque sujet d\u00e9lie-t-il ce qui l\u2019a s\u00e9duit dans l\u2019\u00e9laboration collective de ce qui le concerne plus personnellement\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour mieux comprendre ce processus de diff\u00e9renciation, j\u2019ai fait \u00e9voluer le dispositif de la s\u00e9ance d\u2019ARPP vers un temps d\u2019\u00e9criture apr\u00e8s la phase d\u2019hypoth\u00e8ses interpr\u00e9tatives, ceci \u00e0 l\u2019issue de chaque s\u00e9ance. La parole n\u2019est plus donn\u00e9e au narrateur. Il \u00e9crira les points qui l\u2019ont interpell\u00e9, ce qui l\u2019a troubl\u00e9 ou ce qui s\u2019est \u00e9clair\u00e9 pour lui, comme un journal. Les autres participants devront faire entendre ensuite, s\u2019ils le souhaitent, leur r\u00e9flexion \u00e9crite que j\u2019aurai guid\u00e9e par une consigne. Je la pr\u00e9ciserai plus loin dans ce texte. J\u2019ai fait cette proposition au groupe non seulement pour proc\u00e9der \u00e0 une distanciation qui aide aux prises de consciences mais dans un but de d\u00e9gagement. Car des constats, sous forme r\u00e9p\u00e9titive, montraient un type d\u2019emprise du groupe dans l\u2019\u00e9motion immerg\u00e9e dans la situation professionnelle propos\u00e9e. Je faisais l\u2019hypoth\u00e8se que cette \u00e9tape ouvrirait \u00e0 de nouvelles significations en convoquant une inter-subjectivit\u00e9 lib\u00e9ratrice.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>2. La \u00ab\u00a0vie affective\u00a0\u00bb du groupe d\u2019analyse<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans mon r\u00f4le d\u2019animatrice, ici superviseure, responsable du travail des sujets du groupe, je ne peux me satisfaire de la seule application du respect du cadre et du protocole. Attentive \u00e0 la \u00ab\u00a0vie affective\u00a0\u00bb du groupe (Pages, 1968) je rep\u00e8re l\u2019impact des r\u00e9sonances des sujets aux ph\u00e9nom\u00e8nes psychosociaux renvoy\u00e9s par les situations analys\u00e9es. Je me laisse toucher par ce qui advient dans le travail, je soutiens les d\u00e9placements et d\u00e9gagements de chacun. Je fais acc\u00e9der \u00e0 des \u00ab\u00a0capacit\u00e9s d\u2019\u00e9laboration, des aptitudes \u00e0 remettre en sens, \u00e0 se r\u00e9organiser, \u00e0 se responsabiliser\u00a0\u00bb (Giust-Desprairies, 2004, p.118). Est alors \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u00ab\u00a0une activit\u00e9 interpr\u00e9tante au sens d\u2019une r\u00e9appropriation des significations (par d\u00e9finition jamais achev\u00e9e)\u00a0\u00bb (Giust-Desprairies, 2004, p.120). Mais l\u2019\u00e9motion de la pens\u00e9e du groupe peut, durant le temps de la s\u00e9ance, emporter le v\u00e9cu du groupe \u00e0 son insu. Ce sympt\u00f4me, je l\u2019avais rep\u00e9r\u00e9 subtilement dans mes espaces de formation. Je propose ici d\u2019en pr\u00e9senter la dynamique depuis quelques observations qui m\u2019interrogeaient.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>2.1 Des ph\u00e9nom\u00e8nes r\u00e9p\u00e9titifs \u00e9clairants<\/strong><\/h6>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>La situation porte sur une professionnelle \u00ab\u00a0enferm\u00e9e\u00a0\u00bb<sup class='footnote'><a href='#fn-1377-5' id='fnref-1377-5' onclick='return fdfootnote_show(1377)'>5<\/a><\/sup> dans la solitude dans son \u00e9cole. La narratrice exprime une exasp\u00e9ration m\u00eal\u00e9e \u00e0 de la ranc\u0153ur. Alors que les questions factuelles viennent de s\u2019achever, la narratrice se l\u00e8ve en r\u00e9clamant l\u2019accord du groupe pour \u00ab\u00a0ouvrir\u00a0\u00bb la fen\u00eatre de la salle.<\/li>\n<li>Un groupe peine \u00e0 investir la complexit\u00e9 d\u2019une situation dans laquelle il est question d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0int\u00e9grer\u00a0\u00bb une famille dans l\u2019\u00e9cole, peu \u00e0 peu un sentiment de \u00ab\u00a0d\u00e9tachement\u00a0\u00bb se joue de la part du groupe qui parait \u00eatre en difficult\u00e9 pour s\u2019approprier les pr\u00e9occupations de la narratrice.<\/li>\n<li>Un narrateur exprime la \u00ab\u00a0violence\u00a0\u00bb et le d\u00e9dain dont il a \u00e9t\u00e9 victime de la part de responsables politiques lors d\u2019une r\u00e9union professionnelle. Le groupe devra \u00eatre contr\u00f4l\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises pour ne pas t\u00e9moigner de situations similaires qui allaient alimenter l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab\u00a0violence\u00a0\u00bb \u00e0 laquelle \u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb ne peut \u00e9chapper dans nos institutions.<\/li>\n<li>Une narratrice exprime le \u00ab\u00a0doute\u00a0\u00bb dont elle est envahie face \u00e0 la demande d\u2019aide envahissante d\u2019une enseignante en d\u00e9tresse. Les d\u00e9tails de la situation sont explor\u00e9s et racont\u00e9s finement, la complexit\u00e9 des liens est prise en charge tr\u00e8s longuement par le groupe qui va finalement proposer des hypoth\u00e8ses avec \u00ab\u00a0peu d\u2019assurance\u00a0\u00bb, niant plusieurs fois leur valeur une fois \u00e9mises comme si une \u00ab\u00a0incertitude\u00a0\u00bb l\u2019amenait \u00e0 mettre en \u00ab\u00a0doute\u00a0\u00bb toute association.<\/li>\n<li>La sup\u00e9rieure hi\u00e9rarchique du narrateur ne l\u2019a pas nomm\u00e9 \u00e0 un poste qui lui revenait. Ses coll\u00e8gues ne le soutiennent pas sans pr\u00e9cis\u00e9ment s\u2019opposer \u00e0 ses id\u00e9es. Le narrateur ne fait pas partie du \u00ab\u00a0clan\u00a0\u00bb de ceux qui auront des responsabilit\u00e9s. Un \u00ab\u00a0vide institutionnel\u00a0\u00bb ne permet pas de poser les r\u00e8gles de fonctionnement. Le groupe d\u2019analyse va se \u00ab\u00a0partager\u00a0\u00bb. Les \u00ab\u00a0r\u00e9volt\u00e9s\u00a0\u00bb vont appuyer leur point de vue sur la violence de l\u2019institution dont il faut apprendre \u00e0 se d\u00e9fendre. D\u2019autres se \u00ab\u00a0tairont\u00a0\u00bb sans pouvoir exprimer des hypoth\u00e8ses ouvrant \u00e0 de nouvelles compr\u00e9hensions.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019aide tr\u00e8s fr\u00e9quemment les participants des groupes, en formation comme en supervision, \u00e0 faire des liens entre l\u2019\u00e9motion inh\u00e9rente \u00e0 la situation propos\u00e9e et celle qui va na\u00eetre dans le groupe lors de l\u2019analyse. A un premier niveau d\u2019analyse on rep\u00e9rera une forme d\u2019isomorphie.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong>2.2\u00a0 Les d\u00e9placements de l\u2019\u00e9motion groupale<\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment ce m\u00e9canisme op\u00e8re-t-il\u00a0? Je fais l\u2019hypoth\u00e8se que ce ph\u00e9nom\u00e8ne est caract\u00e9ristique de l\u2019engagement de chaque participant dans la pens\u00e9e groupale. Dans l\u2019exp\u00e9rience d\u2019analyse r\u00e9flexive de pratique, chaque sujet du groupe se livre intimement en acceptant de faire entendre une pens\u00e9e qui se construit sur un \u00e9v\u00e8nement rapport\u00e9, en r\u00e9agissant avec son corps vibrant de diff\u00e9rentes \u00e9motions. Si chaque observation d\u00e9crite <em>ante <\/em>sugg\u00e8re le d\u00e9placement d\u2019une \u00e9motion propre \u00e0 une situation faisant \u00e9v\u00e9nement vers le v\u00e9cu du groupe, ici et maintenant, on peut alors imaginer une porosit\u00e9 entre la repr\u00e9sentation de la situation et le corps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Adoptant ce point de vue, nous pouvons admettre que le transfert de l\u2019\u00e9motion se produirait \u00e0 travers chaque membre du groupe \u00e0 son insu. Il s\u2019agirait d\u2019un processus trans-subjectif que j\u2019ai mis en \u00e9vidence par ailleurs (Clerc, 2013c), montrant comment chaque membre d\u2019un groupe d\u2019ARPP est travers\u00e9 par un jeu de r\u00e9sonances affectives en \u00e9cho aux repr\u00e9sentations des sujets du groupe. Car chacun se r\u00e9f\u00e8re aux valeurs et ressentis relatifs aux diff\u00e9rents groupes d\u2019appartenance auxquels il a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 dans son histoire. Chacun \u00a0fait appel aux id\u00e9aux qui ont contribu\u00e9 \u00e0 construire son \u00e9quilibre identitaire. Chacun \u00e9coute depuis le cadre de r\u00e9f\u00e9rence et de pens\u00e9e qui l\u2019a structur\u00e9 dans sa trajectoire de vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment ces diff\u00e9rentes d\u00e9terminations singuli\u00e8res jouent-elles entre elles\u00a0lors d\u2019une exp\u00e9rience groupale\u00a0? La notion\u00a0 d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0imaginaire collectif\u00a0\u00bb \u00e9claire cette question. Florence Giust-Desprairies (2003, p.22) le pr\u00e9sente comme\u00a0 \u00ab\u00a0un ensemble d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui s\u2019organisent en une unit\u00e9 significative pour un groupe, \u00e0 son insu. Signification imaginaire centrale qui constitue une force liante, un principe d\u2019ordonnancement pour le groupe dans le rapport que ses membres entretiennent \u00e0 leur objet d\u2019investissement commun [\u2026].\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019avance que cet \u00ab\u00a0objet commun\u00a0\u00bb fonctionnerait comme la plaque r\u00e9fl\u00e9chissante d\u2019un travail cr\u00e9atif particulier dont l\u2019\u00e9laboration s\u2019inscrirait dans des dynamiques processuelles complexes. Les travaux de Denise Jodelet (2008) en d\u00e9terminent trois. Elles sont \u00e9clairantes pour moi. Cette auteure distingue en effet celle de la subjectivit\u00e9, celle de l\u2019inter-subjectiv\u00e9 et celle de la trans-subjectivit\u00e9 composant les trois \u00ab\u00a0univers d\u2019appartenance\u00a0\u00bb des repr\u00e9sentations\u00a0sociales. Pour elle, l\u2019univers de la trans-subjectivit\u00e9 serait fort de syst\u00e8mes de repr\u00e9sentations dont une part contraignantes. Il fonctionnerait comme un pont vers l\u2019inter-subjectivit\u00e9, espace souple de libert\u00e9, dans lequel une n\u00e9gociation avec les contraintes serait possible, gr\u00e2ce au dialogue et \u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019objet d\u2019int\u00e9r\u00eat commun. L\u2019auteur d\u00e9signe par \u00ab\u00a0communalit\u00e9\u00a0\u00bb cette sph\u00e8re de n\u00e9gociation qui relie la subjectivit\u00e9 \u00e0 l\u2019inter-subjectivit\u00e9.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>3. La s\u00e9duction d\u2019un \u00ab\u00a0objet commun\u00a0\u00bb\u00a0mobilis\u00e9 dans la pens\u00e9e collective<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">En reprenant les \u00e9tapes du protocole il est possible de rep\u00e9rer comment se construit un \u00ab\u00a0objet commun\u00a0\u00bb pour le groupe. Il faut se rappeler que l\u2019activit\u00e9 interpr\u00e9tante incessante de chaque membre du groupe est \u00e0 l\u2019\u0153uvre d\u00e8s la pr\u00e9sentation des situations professionnelles. Pour choisir la situation, chaque membre du groupe, gr\u00e2ce \u00e0 son \u00e9coute active, laisse place aux \u00e9prouv\u00e9s et aux r\u00e9sonances qui vont \u00eatre repris dans le dialogue n\u00e9cessaire au choix consensuel. La dynamique inter-subjective mobilise la diversit\u00e9 des sens. Pour l\u2019instant, c\u2019est ce qui fait \u00e9v\u00e9nement pour chacun qui est porteur de sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ensuite, sans renier les premiers ressentis d\u00e9gag\u00e9s par le groupe, l\u2019\u00e9tape des questions factuelles va mettre de la distance avec ce que la parole affect\u00e9e du narrateur a renvoy\u00e9 \u00e0 chacun.\u00a0 Un \u00ab\u00a0objet commun\u00a0\u00bb, objet de toute l\u2019attention et de l\u2019investissement du groupe se construit. Il va faire appara\u00eetre des caract\u00e9ristiques nouvelles, des indices dans un premier temps non investigu\u00e9s, des relations sous-jacentes entre les \u00e9v\u00e9nements, etc. L\u2019investigation consciencieuse permet \u00e0 chacun, en appui sur les repr\u00e9sentations qu\u2019il se fait d\u2019un objet qui lui est d\u2019abord \u00e9tranger, d\u2019explorer l\u2019\u00e9tranget\u00e9 premi\u00e8re de l\u2019objet avec des points de vue et des horizons diff\u00e9rents. Il devra, chemin faisant, proc\u00e9der \u00e0 une suspension du jugement (Etienne, 2008) et pour l\u00e2cher prise, il s\u2019efforcera d\u2019\u00e9couter d\u2019autres points de vue, de les comprendre et de les situer dans un espace de compr\u00e9hension qu\u2019il n\u2019avait pas investi jusque l\u00e0. L\u2019\u00a0\u00ab\u00a0objet commun\u00a0\u00bb sera alors investi de l\u2019histoire inattendue de l\u2019investigation comme des attitudes qui l\u2019ont permise, d\u00e9centrations et recentrements,\u00a0 d\u00e9gagements et ouvertures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La phase des hypoth\u00e8ses interpr\u00e9tatives me parait alors significative d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne particulier. Les travaux de Kaes (2002) montrent que \u00ab\u00a0dans les groupes, le processus associatif fonctionne comme un dispositif de transformation qui relance l&rsquo;activit\u00e9 du pr\u00e9conscient\u00a0\u00bb. C\u2019est en effet en \u00e9coutant les mots choisis par un autre que chaque participant du groupe appr\u00e9hende une nouvelle signification, pas encore tout \u00e0 fait sienne, mais attirante par sa nouveaut\u00e9\u00a0; une pens\u00e9e nouvelle mobilisatrice, excitante par les associations qui parviennent \u00e0 l\u2019esprit\u00a0; un moment o\u00f9 se ressent particuli\u00e8rement l\u2019\u00e9motion de la d\u00e9couverte et de l\u2019attrait du secret. De plus, dans le jeu de l\u2019animation de cette co-pens\u00e9e, toute reformulation produit de nouveaux \u00ab\u00a0effets de sens\u00a0\u00bb au niveau du groupe (Giust-Desprairies, 2004, p.110). Souvent, par une autre mani\u00e8re de dire ou d\u2019associer, suite \u00e0 l\u2019\u00e9coute d\u2019une interpr\u00e9tation qui convoque une autre id\u00e9e, l\u2019objet se trouve \u00ab\u00a0repris\u00a0\u00bb, vivifi\u00e9 par la pens\u00e9e groupale. On peut alors dire que l\u2019objet est investi collectivement et particuli\u00e8rement charg\u00e9 de l\u2019\u00e9motion de la pens\u00e9e collective.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, conjointement, le groupe malgr\u00e9 lui, est dans la nasse des effets sid\u00e9rants de la dynamique trans-subjective, m\u00eame si, heureusement, elle se d\u00e9bat dans la tension avec l\u2019\u00e9nergie lib\u00e9ratrice construite dans les relations interpersonnelles, propre \u00e0 la dynamique inter-subjective. Les ph\u00e9nom\u00e8nes de porosit\u00e9 \u00e9motionnelle \u00e9voqu\u00e9s en amont ici, ne peuvent \u00eatre conscientis\u00e9s que dans une \u00e9tape de m\u00e9ta-analyse. Ils n\u00e9cessitent un temps d\u2019\u00e9laboration pour que chaque participant soit en mesure de dire ce qui a \u00e9t\u00e9 important pour lui dans l\u2019analyse.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>4. Un processus de diff\u00e9renciation \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour chaque \u00ab\u00a0sujet professionnel\u00a0\u00bb, vers le d\u00e9gagement du lien trans-subjectif<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 pourquoi \u00a0j\u2019ai\u00a0 propos\u00e9 au groupe de supervision d\u2019exp\u00e9rimenter un outil de m\u00e9diation, l\u2019\u00e9criture. J\u2019ai demand\u00e9 au narrateur de d\u00e9poser, en \u00e9criture libre, ce qui l\u2019avait mobilis\u00e9 psychiquement et \u00e9motionnellement lors de l\u2019analyse. Le temps r\u00e9duit annonc\u00e9 de cinq minutes devait l\u2019amener \u00e0 mettre des mots sur ce qui l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0habitait\u00a0\u00bb plus particuli\u00e8rement. L\u2019ouverture de la consigne permettait d\u2019explorer sans priorit\u00e9 la fa\u00e7on dont il avait v\u00e9cu la s\u00e9ance, ce qui pouvait le d\u00e9ranger, l\u2019encombrer ou le d\u00e9gager et quels liens il pouvait faire avec son fonctionnement personnel et professionnel. Le partage avec le groupe n\u2019\u00e9tait pas une fin en soi. Je concevais plut\u00f4t ce temps comme un apaisement psychique quand on revient sur son \u00ab\u00a0soi\u00a0\u00bb qu\u2019il soit personnel ou professionnel.\u00a0 Il pouvait ainsi mettre des mots sur \u00ab\u00a0ce que (il a) j\u2019ai senti, ce que (il a) j\u2019ai compris dans des moments pr\u00e9cis de la s\u00e9ance d\u2019analyse\u00a0\u00bb. La prise de notes n\u2019ayant pas une vis\u00e9e de partage mais d\u2019aide \u00e0 la pens\u00e9e. Il me semble que je suis ici tr\u00e8s proche des pr\u00e9occupations de Nadine Faingold (2014) quand elle propose \u00ab\u00a0Vous pouvez prendre quelques notes sur ce qui vous revient,sur ce qui a fait \u00e9cho avec votre histoire professionnelle, et\/ou sur le sens qu\u2019a eu pourvous ce moment en termes de r\u00e9sonance avec votre probl\u00e9matique personnelle\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La consigne donn\u00e9e aux participants du groupe \u00e9tait bien diff\u00e9rente\u00a0: \u00ab\u00a0Quelles questions professionnelles d\u00e9gagez-vous de l\u2019analyse de la situation de ce jour\u00a0?\u00a0\u00bb J\u2019avais l\u2019intuition que les \u00e9motions qui avaient circul\u00e9 dans le groupe d\u2019analyse devaient \u00eatre \u00ab\u00a0auteuris\u00e9es\u00a0\u00bb mais qu\u2019elles ne pourraient l\u2019\u00eatre que si un d\u00e9gagement de la culture sous jacente qui avait tram\u00e9 le trans-subjectif \u00e9tait possible. Je voulais proposer\u00a0 un cadre commun stabilisant le \u00ab\u00a0bien commun\u00a0\u00bb. J\u2019imaginais ce cadre suffisamment fort pour acc\u00e9l\u00e9rer le travail de la pens\u00e9e du groupe mais aussi suffisamment souple pour que\u00a0 chaque personnalit\u00e9 investisse le temps d\u2019une \u00e9criture pour soi et \u00e9cout\u00e9e par d\u2019autres. Je pariais finalement sur un espace de \u00ab\u00a0significations en attente\u00a0\u00bb qui pourraient cr\u00e9er un nouveau mouvement de la pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons collectivement remarqu\u00e9 que la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 de la consigne avait autoris\u00e9 des types d\u2019\u00e9criture, des niveaux de significations et des agencements (plus ou moins en syst\u00e8me) singuliers. Cinq minutes seulement avaient \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es \u00e0 une \u00e9criture personnelle. Nous avons ensuite \u00e9cout\u00e9 ceux qui voulaient s\u2019exprimer, quand ils le voulaient. De fait, ce qui \u00e9tait expos\u00e9 relevait de probl\u00e9matiques professionnelles dans la mesure o\u00f9 chacun, malgr\u00e9 la diversit\u00e9 des registres, a \u00e9t\u00e9 compris par les autres membres du groupe. Les \u00e9changes paraissaient tracer les signes distinctifs d\u2019une culture identitaire. C\u2019est dans la diversit\u00e9 des questions et des \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9sent\u00e9s par les participants que le groupe \u00e9prouvait d\u2019une part la richesse de la co-pens\u00e9e mais aussi reconnaissait, dans les mots et le langage de l\u2019autre, ce qui concernait son propre rapport au travail et \u00e0 sa profession. Chacun a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 ensuite \u00e0 poursuivre le travail pour soi, hors s\u00e9ance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De cette exp\u00e9rience je peux dire que la m\u00e9diation par l\u2019\u00e9criture a permis la diff\u00e9renciation dans le groupe car chacun a pu reconna\u00eetre son style, ses sensibilit\u00e9s, ses pr\u00e9occupations et ses objets. Des rires montraient le plaisir \u00e0 reconna\u00eetre les singularit\u00e9s composant le groupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant de conclure j\u2019illustrerai ce temps en prenant appui sur l\u2019analyse d\u2019une situation professionnelle dans laquelle la narratrice interrogeait les limites de sa responsabilit\u00e9 \u00e0 accompagner une professionnelle en difficult\u00e9 dans son \u00e9cole. Les questions professionnelles d\u00e9gag\u00e9es par chacun et renvoy\u00e9es \u00e0 la narratrice \u00e9taient les suivantes<sup class='footnote'><a href='#fn-1377-6' id='fnref-1377-6' onclick='return fdfootnote_show(1377)'>6<\/a><\/sup>.<\/p>\n<ul>\n<li>La question des limites\u00a0entre le professionnel et le personnel<\/li>\n<li>La question des conditions de l\u2019engagement et du d\u00e9gagement<\/li>\n<li>La question de la responsabilit\u00e9, partage ou solitude, certitude ou doute<\/li>\n<li>La question de la place et du r\u00f4le dans la relation<\/li>\n<li>La question de la fantasmatique du formateur ou de la formatrice<\/li>\n<li>La question de l\u2019appui de l\u2019institution<\/li>\n<li>La question du pouvoir dans le m\u00e9tier<\/li>\n<li>La question de l\u2019ambig\u00fcit\u00e9 des places<\/li>\n<li>La question des demandes et des m\u00e9canismes du don et du contre don<\/li>\n<li>La question des espaces d\u2019apprentissage de comp\u00e9tences relationnelles<\/li>\n<li>La question de l\u2019\u00e9coute et de la garantie de son cadre<\/li>\n<li>La question des fragilit\u00e9s r\u00e9activ\u00e9es dans le cadre d\u2019un accompagnement<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le groupe d\u2019analyse a pu \u00e9laborer \u00e0 nouveau sur ce qui s\u2019\u00e9tait jou\u00e9 pour le groupe\u00a0; sugg\u00e9rant comment la pens\u00e9e par l\u2019\u00e9criture atteste de l\u2019int\u00e9r\u00eat pour soi du \u00ab\u00a0bien commun\u00a0\u00bb produit\u00a0; accueillant la diversit\u00e9 des sensibilit\u00e9s par une \u00e9coute respectueuse et parfois par une nouvelle prise de notes. Finalement la trace ne pourrait-elle pas arr\u00eater le questionnement\u00a0dans un dispositif clinique\u00a0? Je r\u00e9pondrai n\u00e9gativement en concevant la note comme le signe d\u2019un \u00ab\u00a0continuel questionnement\u00a0\u00bb (Giust Desprairies, 2004). Je d\u00e9fendrai m\u00eame l\u2019id\u00e9e que l\u2019\u00e9criture, comme je peux l\u2019attester dans l\u2019exp\u00e9rimentation de ce groupe de supervision, participe de la souplesse de la pens\u00e9e et de l\u2019inscription subjective de chaque participant dans l\u2019espace de travail.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><strong>5. Un processus d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0auteurisation\u00a0\u00bb dans une trame identitaire commune<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce dispositif d\u2019analyse r\u00e9flexive de pratiques professionnelles se veut clinique. En ce sens la prise en charge de l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 du sujet est une priorit\u00e9 pour que le travail d\u2019analyse ne soit pas d\u00e9tourn\u00e9 au profit de principes g\u00e9n\u00e9ralisateurs, ou de conseils enfermants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il me semble important \u00e0 l\u2019issue de cette exp\u00e9rience de rep\u00e9rer les deux types de modalit\u00e9s d\u2019\u00e9criture convoqu\u00e9es. Chacune a une forme et un statut qui ne doivent pas se confondre avec ceux du r\u00e9cit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re qui a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e au narrateur est une prise de note qui se d\u00e9tache par le temps sp\u00e9cifique propos\u00e9 dans l\u2019animation de la s\u00e9ance, de l\u2019\u00e9coute du groupe et de l\u2019emprise de l\u2019imaginaire de ce collectif. Elle s\u2019inscrit dans l\u2019\u00e9coute de soi (Nimier, 1996, p.69). Elle ne clarifie que ce qui peut s\u2019exprimer \u00e0 ce moment de la s\u00e9ance mais que le narrateur d\u00e9posera comme un appui sur lequel il reconstruira du sens \u00e0 l\u2019infini.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me est un appel aux savoirs professionnels convoqu\u00e9s pour que le groupe se sente fort de sa capacit\u00e9 d\u2019\u00e9lucidation et de cr\u00e9ativit\u00e9. L\u2019\u00e9coute avec les autres fait sens. Par distanciation des affects, des effets d\u2019\u00e9claircissement et de reconnaissance conjugu\u00e9s (Cifali, 1995) remobilisent chaque sujet professionnel et renforcent sa structure identitaire professionnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux modalit\u00e9s d\u2019\u00e9criture se nourrissent l\u2019une de l\u2019autre. Elles op\u00e8rent non seulement comme un d\u00e9tour r\u00e9flexif mais comme une exp\u00e9rience d\u2019\u00e9laboration collective qui s\u2019\u00e9chafaude. \u00a0L\u2019appui se fait sur les savoirs structurants d\u00e9gag\u00e9s par le dialogue inter-subjectif. L\u2019\u00a0\u00ab\u00a0auteurisation\u00a0\u00bb op\u00e8re pour chacun, narrateur et participants\u00a0; les rep\u00e8res professionnels et les int\u00e9riorit\u00e9s dialoguent pour que chaque professionnel \u00ab\u00a0assume sa subjectivit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h4><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/h4>\n<p>Beillerot J. (1998). L\u2019analyse des pratiques professionnelles, pourquoi cette expression\u00a0? in C. Blanchard-Laville &amp; D. Fablet (Eds), <em>Analyser les pratiques professionnelles<\/em>, Paris, Ed. L\u2019harmattan.<\/p>\n<p>Bion, W.R. (1989). <em>Experiences in Groups and others Papers, <\/em>London:\u00a0 Tavistock\/Routledge.<\/p>\n<p>Clerc, N. (2013a). Visages multiples d\u2019une dynamique int\u00e9grative\u00a0\u00bb. <em>VEI diversit\u00e9,<\/em> La r\u00e9ussite \u00e9ducative. Enjeux et territoires, 172, 147-156.<\/p>\n<p>Clerc, N. (2013b). R\u00e9flexivit\u00e9, tissage intersubjectif et analyse de pratiques. <em>Education Permanente, <\/em>196, 75-86.<\/p>\n<p>Clerc N. (2013c). Effets des multiples r\u00e9fl\u00e9chissements d\u2019une parole subjective dans un dispositif d\u2019analyse r\u00e9flexive de pratiques professionnelles. Colloque AREF, Montpellier.<\/p>\n<p>Clerc, N., Agogue, M. (2014). Analyse r\u00e9flexive de pratiques et d\u00e9veloppement de nouvelles comp\u00e9tences. <em>Recherche en Soins Infirmiers <\/em>(\u00e0 para\u00eetre en septembre 2014).<\/p>\n<p>Cifali, M. (1995). D\u00e9marche clinique, formation et \u00e9criture, in <em>: R\u00e9fl\u00e9chir sur la pratique, un levier pour la formation professionnelle des enseignants<\/em>, Bruxelles : De Boeck.<\/p>\n<p>Etienne,\u00a0 R. (2008). Du jugement et de l\u2019\u00e9valuation en analyses des pratiques. Un sujet d\u00e9licat, une pratique probl\u00e9matique. <em>La nouvelle revue de l\u2019adaptation et de la scolarisation,<\/em> Editions de l\u2019INS HEA, n\u00b041, p171-180.<\/p>\n<p>Faingold, N. (2014). Un dispositif d\u2019analyse de pratiques centr\u00e9 sur la question que se pose le narrateur. In <em>Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/em>, 3, pp 3-12. http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1221.<\/p>\n<p>Faure, C. (2013). \u00ab\u00a0Repenser avec Castoriadis les antinomies de l\u2019imaginaire politique contemporain, in V.Gaulejac (de), F.Giust-Desprairies &amp; A. Massa (2013) (Eds), \u00a0<em>La recherche clinique en sciences sociales<\/em>, pp.57-65. Toulouse\u00a0: Ed. Eres.<\/p>\n<p>Gaulejac, V. (de), Giust-Desprairies F., Massa A (2013). <em>La recherche clinique en sciences sociales<\/em>. Toulouse, Ed. Eres, col. Sociologie clinique.<\/p>\n<p>Giust Desprairies, F. (2003). <em>L\u2019Imaginaire collectif. <\/em>Paris\u00a0: Ed. Er\u00e8s, Col. Sociologie clinique.<\/p>\n<p>Giust-Desprairies, F. (2004). <em>Le d\u00e9sir de penser. Construction d\u2019un savoir clinique<\/em>. Paris\u00a0: T\u00e9ra\u00e8dre.<\/p>\n<p>Hans, D. &amp; Hatchuel, F. (2010). R\u00e9flexions \u00e0 propos d\u2019un dispositif de supervision dite \u00ab\u00a0institutionnelle\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019universit\u00e9\u00a0: une formation \u00e0 l\u2019animation clinique d\u2019un groupe. <em>Connexions,<\/em> 93, 167-183.<\/p>\n<p>Jodelet, D. (2008). Le mouvement de retour vers le sujet et l\u2019approche des repr\u00e9sentations sociales. <em>Connexions,<\/em> 89, 25-46.<\/p>\n<p>Ka\u00ebs, R. (2002). La consistance psychanalytique du travail psychanalytique en situation de groupe.\u00a0Texte pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Journ\u00e9e d&rsquo;Etude du Groupe d&rsquo;Etude et de Recherche Clinique en Psychanalyse de l&rsquo;Enfant et de l&rsquo;Adulte \u00e0 Luxembourg le 28 juin 2002.<\/p>\n<p>Levy A., Giust-Desprairies F. (dir) (2010). Crise du syst\u00e8me scolaire ou crise de soci\u00e9t\u00e9. <em>Nouvelle Revue de Psychosociologie<\/em>, Revue publi\u00e9e par le CIRFIP.<\/p>\n<p>Nicolas-Le-Strat, P. (2007). <em>Exp\u00e9rimentations politiques<\/em>. Editions Fulenn.<\/p>\n<p>Nimier, J. (1996).\u00a0 <em>La formation psychologique des enseignants\u00a0: connaissance du probl\u00e8me, applications pratiques<\/em><em>,<\/em> Paris\u00a0: ESF,\u00a0 collection Formation permanente en sciences humaines.<\/p>\n<p>Pag\u00e8s, M. (1968). <em>La vie affective des groupes<\/em>. Paris\u00a0: Dunod. Collection \u00a0Organisation et sciences humaines.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<a href=\"#\" class=\"shortcode button  \" style=\"background-color: silver;\" target=\"\" onclick=\"\"> Haut de page<\/a>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><strong>Notes<\/strong><\/h4>\n<div class='footnotes' id='footnotes-1377'>\n<div class='footnotedivider'><\/div>\n<ol>\n<li id='fn-1377-1'> Institut universitaire de formation des ma\u00eetres (les IUFM ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s par les \u00c9coles sup\u00e9rieures du professorat et de l\u2019\u00c9ducation \u2013 ESPE). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1377-1'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-1377-2'> Avec Nadine Faingold et Martine Agogue. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1377-2'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-1377-3'> Dispositif que je nomme en lien \u00a0avec Martine Agogue\u00a0: ARPP. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1377-3'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-1377-4'> Propos\u00e9 par l\u2019Universit\u00e9 de Cergy Pontoise. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1377-4'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-1377-5'> Je mets dans ce paragraphe entre guillemets les mots qui se font \u00e9cho dans chaque exemple cit\u00e9. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1377-5'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<li id='fn-1377-6'> Je ne t\u00e9moignerai pas des propos de la narratrice qui les a \u00e9cout\u00e9es pour garantir la confidentialit\u00e9 du travail. Les termes exacts des questions ne sont pas davantage rapport\u00e9s faute de demande d\u2019autorisation pour les utiliser. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-1377-6'>&#8617;<\/a><\/span><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n<div id=\"themify_builder_content-1377\" data-postid=\"1377\" class=\"themify_builder_content themify_builder_content-1377 themify_builder themify_builder_front\">\n\n\t<\/div>\n<!-- \/themify_builder_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Nicole Clerc Ma\u00eetre de conf\u00e9rences, Universit\u00e9 Cergy Pontoise, laboratoire CREF, Paris Ouest Nanterre la D\u00e9fense clercpnp[arobase]free.fr &nbsp; R\u00e9sum\u00e9 La s\u00e9curit\u00e9 psychique des membres d\u2019un groupe d\u2019analyse de pratiques s\u2019appuie sur un \u00e9quilibre affectif stable indispensable pour accueillir la narration singuli\u00e8re d\u2019une pratique. Mais comment prendre en compte dans l\u2019analyse l\u2019\u00e9motion groupale inscrite dans le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14,122,12],"tags":[135,132,133,134],"class_list":["post-1377","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-5modalites","category-nicole-clerc","category-3texte","tag-ecriture","tag-emotion-groupale","tag-objet-commun","tag-singularite","has-post-title","no-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p3VXfJ-md","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1377","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1377"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1377\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4918,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1377\/revisions\/4918"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1377"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1377"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1377"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}