{"id":1014,"date":"2014-01-25T18:43:08","date_gmt":"2014-01-25T17:43:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1014"},"modified":"2021-09-04T09:11:03","modified_gmt":"2021-09-04T08:11:03","slug":"brefs-reperes-pour-lanalyse-des-pratiques-professionnelles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1014","title":{"rendered":"Brefs rep\u00e8res pour l\u2019analyse des pratiques professionnelles"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><em><b>Mireille Cifali<\/b><\/em><\/h3>\n<p><em>Professeur honoraire &#8211; Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve<br \/>\n<\/em><em><a href=\"mailto:Mireille.Cifali@unige.ch\">Mireille.Cifali[arobase]unige.ch<\/a>\u00a0 &#8211;\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.mireillecifali.ch\/\">www.mireillecifali.ch<\/a><\/em><\/p>\n<h4><strong><i><br \/>\n<\/i><\/strong><i>R\u00e9sum\u00e9<\/i><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019analyse de pratiques professionnelles est un concept aux contours larges reli\u00e9 \u00e0 des th\u00e9ories, des courants, des dispositifs, des modalit\u00e9s, des postures, des enjeux divers. Cet article <sup class='footnote'><a href='#fn-1014-1' id='fnref-1014-1' onclick='return fdfootnote_show(1014)'>1<\/a><\/sup>\u00a0\u00a0tente d\u2019apporter des \u00e9claircissements, des rep\u00e8res en m\u00eame temps qu\u2019il ouvre \u00e0 des questionnements sur des paris \u00e9pist\u00e9mologiques et formatifs en lien avec la subjectivit\u00e9 des acteurs. A travers ces rep\u00e8res, il interroge le travail du formateur-animateur de dispositifs d\u2019analyse de pratiques, acteur r\u00e9flexif et penseur \u0153uvrant avec et pour une intelligence partag\u00e9e dans ce qui peut faire ou \u00eatre r\u00e9sistance. Davantage processus que proc\u00e9dure, l\u2019analyse de pratiques aurait alors \u00e0 se maintenir en tension avec ce qui la contredit, c\u2019est-\u00e0-dire en constant renouvellement et questionnement.<\/p>\n<h5><em>Mots-cl\u00e9s\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>rep\u00e8res, posture, comp\u00e9tences, clinique, accompagnement<\/p>\n<h5><em>Cat\u00e9gorie d&rsquo;article\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>Texte th\u00e9orique<\/p>\n<h5><em>R\u00e9f\u00e9rencement\u00a0<\/em><\/h5>\n<p>Cifali, M. (2014). Brefs rep\u00e8res pour l\u2019analyse des pratiques professionnelles. In<i>\u00a0Revue de l\u2019analyse de pratiques professionnelles<\/i>, 2, pp\u00a020-27. http:\/\/www.analysedepratique.org\/?p=1014.<\/p>\n<hr class=\"shortcode hr light-gray\" style=\"border-width:1px;\" \/>\n<p><a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/mireille-cifali-revue-app-fevrier2014.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/download-icon.png\" alt=\"download-icon\" width=\"24\" height=\"29\" \/><\/a>\u00a0<a href=\"http:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/mireille-cifali-revue-app-fevrier2014.pdf\">Article en PDF<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 <a href=\"#co\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.analysedepratique.org\/wp-content\/uploads\/et-info-comment.png\" alt=\"et-info-comment\" width=\"30\" height=\"31\" \/><\/a>\u00a0<a href=\"#co\">Commentaires<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><hr class=\"shortcode hr light-gray\" style=\"border-width:1px;\" \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[toc]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;analyse des pratiques professionnelles fait d\u00e9j\u00e0 histoire, m\u00eame si elle est r\u00e9cente. Elle a ses fondements \u00e9pist\u00e9mologiques, ses exigences par rapport \u00e0 la posture du formateur, et ses pr\u00e9suppos\u00e9s sur comment se construit un savoir de l\u2019exp\u00e9rience. Aujourd\u2019hui, il est de bon ton, en formation initiale comme en formation continue, de faire de \u00ab l\u2019analyse des pratiques \u00bb, mais sous ce vocable mettons-nous parfois tout autre chose qui ne m\u00e9rite pas cette appellation. Il est n\u00e9cessaire de le reconna\u00eetre et de s\u2019y tenir, en \u00e9vitant de provoquer des confusions dans l\u2019esprit de celles et ceux qui se forment, de m\u00eame que dans l\u2019esprit des formateurs. On ne passe pas simplement de la transmission d\u2019un savoir disciplinaire \u00e0 une posture d\u2019accompagnement des pratiques professionnelles. Il y a un saut, \u00e9pist\u00e9mologique. Les risques et les comp\u00e9tences mobilis\u00e9es ne sont pas les m\u00eames. L\u2019une ne supplante pas l\u2019autre, ni ne se pr\u00e9tend \u00eatre meilleure, mais des diff\u00e9rences sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>1. Tour d\u2019horizon<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Faisons tout d\u2019abord un rapide tour d\u2019horizon de celles et ceux qui abordent l\u2019analyse des pratiques dans le champ de l\u2019enseignement, du travail et de la formation. Dans le contexte d\u2019une approche clinique, nous pouvons nommer Claudine Blanchard-Laville (avec Fablet, 1996, 2005), Blanchard-Laville &amp; al., (2005), \u00a0Marie-Claude Baietto &amp; all (2003), Jacques Levine et Jeanne Moll (2001), Pierre Vermersch, avec l\u2019entretien d\u2019explicitation (1994), et l\u2019article d\u2019Andr\u00e9 L\u00e9vy (2002).\u00a0 Il y a aussi des options plus p\u00e9dagogiques, telles que celles d\u00e9velopp\u00e9es par Patrick Robo (<a href=\"http:\/\/www.gfapp.fr\/\">www.gfapp.fr\/<\/a>), ou le GEASE (Groupe d\u2019entra\u00eenement \u00e0 l\u2019analyse des situations \u00e9ducative) \u00e0 travers l\u2019ouvrage Analyser les situations \u00e9ducatives (Fumat &amp; all, 2003). Le lecteur peut se r\u00e9f\u00e9rer aux Cahiers p\u00e9dagogiques \u00ab\u00a0Analysons nos pratiques\u00a0\u00bb (2003), o\u00f9 il trouvera entre autres des articles de Philippe Perrenoud, Jacky Beillerot, Patrick Robo. Du c\u00f4t\u00e9 de la formation des adultes, dans la didactique professionnelle, nous pouvons citer le nom de Patrick Mayen\u00a0; dans la clinique du travail, ceux de Yves Clot (2008, 2010), Guy Jobert (2006), Christophe Dejours (1980)\u00a0; dans l\u2019ergonomie, celui de Fran\u00e7ois Hubault (2001, 2012). Avec \u00e9galement la revue Education permanente sur \u00ab\u00a0l\u2019analyse des pratiques \u00ab\u00a0(2004). Chacune de ses orientations a ses dispositifs particuliers pour conna\u00eetre les pratiques professionnelles et partir d\u2019elles dans un contexte de formation\u00a0: groupe Balint\u00a0; supervision individuelle, ou d\u2019\u00e9quipe, ou d\u2019institution\u00a0; soutien au soutien\u00a0; GEASE\u00a0; entretien d\u2019explicitation\u00a0; m\u00e9thode d\u2019instruction au sosie, par exemple.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ma part, j\u2019occupe une position de clinicienne dans les sciences de l\u2019\u00e9ducation. \u00c0 partir de la m\u00e9decine, d\u2019abord en psychologie, puis dans l\u2019ensemble des sciences humaines que ce soit en ethnologie, en histoire, en sociologie ou en sciences de l\u2019\u00e9ducation, s\u2019est en effet construite une \u00ab\u00a0d\u00e9marche ou approche clinique\u00a0\u00bb, par rapport \u00e0 laquelle je fais l\u2019hypoth\u00e8se que l\u2019analyse des pratiques, quelle que soit son approche, a une dette. Je ne vais donc entrer ici ni dans une comparaison de ces diff\u00e9rents courants ni rep\u00e9rer, dans un m\u00eame courant, les nuances que chaque auteur apporte. Je chercherai \u00e0 consid\u00e9rer les essentiels d\u2019une analyse des pratiques professionnelles, selon une approche clinique. Une d\u00e9marche clinique n&rsquo;appartient pas \u00e0 une seule discipline, elle ne constitue pas un terrain sp\u00e9cifique, c&rsquo;est un art de la recherche, de l\u2019intervention et de la formation (Cifali &amp; Giust-Desprairies, 2005).<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>2. Des paris \u00e9pist\u00e9mologiques<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec l\u2019analyse des pratiques, il y a des paris \u00e9pist\u00e9mologiques et formatifs que j\u2019associe donc \u00e0 une posture clinique et d\u2019accompagnement, \u00e0 une \u00e9thique de la parole, \u00e0 la construction d\u2019une pens\u00e9e dans l\u2019action\u00a0: &#8211; aller chercher le vivant des situations professionnelles avec ceux qui l\u2019ont v\u00e9cu\u00a0; \u00a0&#8211; faire en sorte qu\u2019une de ces situations puisse \u00eatre parl\u00e9e, d\u00e9roul\u00e9e, narr\u00e9e dans l\u2019espace d\u2019un s\u00e9minaire, d\u2019un groupe, c\u2019est-\u00e0-dire avec d\u2019autres qui l\u2019accueillent, la reprennent, pensent \u00e0 partir d\u2019elle\u00a0;\u00a0 &#8211; postuler que le travail sur la singularit\u00e9 d\u2019une situation o\u00f9 nous avons \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s, parfois aveugl\u00e9s, permet de comprendre apr\u00e8s coup les enjeux, les lignes de tension, et de se d\u00e9placer\u00a0; &#8211; supposer qu\u2019un travail sur ce qui se r\u00e9v\u00e8le difficile peut \u00eatre garant de la construction d\u2019une \u00e9thique, d\u2019une mani\u00e8re de se guider l\u00e0 o\u00f9 la solution n\u2019est pas tout de suite apparente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De tels paris ne sont pas sans cons\u00e9quence. Nous pouvons les nommer\u00a0: &#8211; apprendre des situations singuli\u00e8res dans lesquelles nous sommes engag\u00e9s (singularit\u00e9-g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9)\u00a0;\u00a0&#8211; comprendre cette singularit\u00e9, en cherchant \u00e0 ce que la situation ne s\u2019enkyste pas dans ce qui est parfois une impasse (penser par soi-m\u00eame)\u00a0; \u00a0&#8211; travailler en groupe ce qui engage chacun \u00e0 \u00eatre soutien de celle ou celui qui s\u2019expose \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler un fragment de sa pratique professionnelle (dispositifs)\u00a0; \u00a0&#8211; ou travailler en relation duelle, comme par exemple dans la supervision ou l\u2019accompagnement d\u2019un stagiaire, ce qui exige des guides et des rep\u00e8res \u00e9thiques n\u00e9cessaires pour maintenir la s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les formateurs qui \u0153uvrent dans ce contexte avancent qu\u2019il y est toujours question\u00a0:<br \/>\n&#8211; de situations o\u00f9 les acteurs sont impliqu\u00e9s ; \u00a0&#8211; o\u00f9 se m\u00ealent psychique, social et \u00e9conomique\u00a0; \u00a0&#8211; o\u00f9 s\u2019\u00e9labore, avec les interlocuteurs en pr\u00e9sence, une compr\u00e9hension de ce qui se passe, une co-construction d\u2019un sens qui provoque parfois du changement\u00a0; \u00a0&#8211; o\u00f9 s\u2019instaure une articulation th\u00e9orie-pratique particuli\u00e8re, un lien entre connaissance et action\u00a0; \u00a0&#8211; o\u00f9 se r\u00e9alise une pratique de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et de la singularit\u00e9, dont l\u2019\u00e9criture est peut-\u00eatre prioritairement celle du r\u00e9cit.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\" align=\"left\"><b>3. Une intelligence partag\u00e9e<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un formateur, qui est en posture d\u2019accompagner un tel groupe d\u2019analyse des pratiques, se doit alors de quitter certaines de ses positions\u00a0: comme celle de transmettre un savoir <i>a priori\u00a0<\/i>; celle de plaquer ses th\u00e9ories \u00e0 ce qui vient\u00a0; celle de ma\u00eetriser le cours du s\u00e9minaire en l\u2019ayant par avance programm\u00e9\u00a0; celle de vouloir que l\u2019autre pense avec les bons concepts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Travailler la pratique professionnelle de celui qui en est l\u2019auteur exige du doigt\u00e9, de la patience, de la pr\u00e9sence d\u2019esprit et de l\u2019humilit\u00e9. Si nous reprenons les termes de Michel Foucault (1993), ce sont des qualit\u00e9s propres \u00e0 une intelligence de l\u2019instant : flair, sagacit\u00e9, sensibilit\u00e9. On pourrait y ajouter : pr\u00e9sence, authenticit\u00e9, capacit\u00e9 d\u2019attention. En r\u00e9sum\u00e9, lorsqu&rsquo;un formateur se confronte \u00e0 des situations sociales soumises au temps, o\u00f9 le but premier est de permettre qu\u2019un autre acc\u00e8de \u00e0 une compr\u00e9hension des situations o\u00f9 il est impliqu\u00e9, nous serions dans un espace qui mobilise une \u00ab\u00a0sagesse pratique\u00a0\u00bb, et exige des qualit\u00e9s que tout formateur aurait \u00e0 d\u00e9velopper, quels que soient son origine disciplinaire et son domaine d\u2019enseignement comme formateur d\u2019enseignant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si dans un contexte d\u2019instruction, le formateur est celui qui sait et peut instruire celui qui ne sait pas encore, dans l\u2019analyse des pratiques il en sait quelque chose, mais l\u2019enjeu du savoir se d\u00e9place. Travailler <i>avec<\/i> ne revient pas prioritairement \u00e0 faire montre de nos connaissances, mais surtout \u00e0 rendre intelligent celui qui est impliqu\u00e9 dans des situations complexes et souvent difficiles \u00e0 comprendre. Les situations du vivant remettent en question notre savoir\u00a0: nous avons alors \u00e0 inventer sur le moment. Nous avons \u00e0 accepter l\u2019incertitude inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019action, et d\u00e9velopper une capacit\u00e9 de jeu avec l\u2019impr\u00e9vu. Cela nous pousse aussi \u00e0 questionner le rapport entre rationalit\u00e9 et action, pour saisir justement la limite d\u2019une rationalit\u00e9 scientifique dans l\u2019action sociale et intersubjective. Nous avons besoin de cadres, de dispositifs, de garde-fou, nous avons besoin de penser rationnellement. Mais ensuite l\u2019action \u00e0 vis\u00e9e juste ne peut s\u2019y r\u00e9duire, s\u2019y conformer, s\u2019y couler sans autre forme de proc\u00e8s. Nous avons ainsi la n\u00e9cessit\u00e9 de recourir \u00e0 l\u2019inventivit\u00e9 qui fait rupture avec nos savoirs\u00a0; d\u2019int\u00e9grer l\u2019imaginaire et le fantasme\u00a0; de reconna\u00eetre la force des sentiments\u00a0; de nous risquer sans \u00eatre frileusement abrit\u00e9s derri\u00e8re nos savoirs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un formateur en analyse de pratiques a continuellement \u00e0 s\u2019interroger. Utilise-t-il son savoir comme d\u00e9fense, comme arme contre l\u2019autre, pour avoir raison \u00e0 tout prix, ou son savoir lui permet-t-il de se guider tout en \u00e9tant ouvert \u00e0 la surprise d\u2019une compr\u00e9hension originale et \u00e0 la rencontre avec un autre\u00a0? (Cifali, Giust-Desprairies, 2008). Tout dispositif d\u2019analyse des pratiques vise \u00e0 ce que chacun pense par lui-m\u00eame en lien avec le savoir accumul\u00e9 de notre pr\u00e9sent. D\u2019autre part, nous y construisons certes notre intelligence, notre savoir, mais \u00e9galement notre int\u00e9riorit\u00e9. Il n\u2019y a pas ici de clivage entre le d\u00e9veloppement de l\u2019intelligence et le d\u00e9veloppement du \u00ab\u00a0soi\u00a0\u00bb, ce qui fait se rejoindre \u00e9thique professionnelle et \u00e9thique de vie. Or, nous sommes dans une \u00e9poque qui attaque la pens\u00e9e et l\u2019int\u00e9riorit\u00e9, de diff\u00e9rentes mani\u00e8res. Malherbe en parle comme d\u2019un v\u00e9ritable \u00ab\u00a0interdit de penser\u00a0\u00bb (2001) qui s\u2019insinue dans les professions, avec des discours contradictoires qui fait croire \u00e0 l\u2019autonomie des professionnels alors qu\u2019on les veut avant tout ex\u00e9cutants. L\u2019analyse des pratiques fait \u00e0 cet endroit r\u00e9sistance.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>4. Une subjectivit\u00e9 travaill\u00e9e<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019analyse de pratiques, il y a un pr\u00e9suppos\u00e9 qui engage le formateur \u00e0 reconna\u00eetre que la subjectivit\u00e9 dans l\u2019action ne peut pas \u00eatre \u00e9lud\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En parlant de subjectivit\u00e9, nous optons pour une d\u00e9finition du sujet comme ne pouvant exister sans intersubjectivit\u00e9, d\u2019un sujet constamment fabriqu\u00e9 par le monde et ses \u00e9v\u00e9nements, mais pas d\u00e9termin\u00e9 au point de n\u2019\u00eatre qu\u2019une p\u00e2le r\u00e9plique des mouvements qui le d\u00e9passent. Nous rejoignons des hypoth\u00e8ses des psychosociologues cliniciens, qui \u00e0 la fois acceptent la d\u00e9termination sociale mais postulent la possibilit\u00e9 pour un sujet de s\u2019en \u00e9carter, de se positionner. Non pas seulement un \u00ab\u00a0\u00eatre parl\u00e9 par\u00a0\u00bb, mais un \u00ab\u00a0\u00eatre parlant\u00a0\u00bb, r\u00e9agissant aux forces de destruction, transgressant des normes &#8211; m\u00eame douces &#8211; qui entra\u00eeneraient sa trop grande soumission. Un \u00eatre mettant en \u0153uvre sa libert\u00e9 n\u00e9gative, suffisamment passionn\u00e9 par le monde pour s\u2019y situer et vouloir l\u2019influencer, bien loin d\u2019\u00eatre perdu dans son quant \u00e0 soi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9finir ainsi la subjectivit\u00e9 dans la profession, c\u2019est postuler pr\u00e9sent pour un professionnel un d\u00e9sir de comprendre ce \u00e0 quoi il est confront\u00e9, de nommer ce qu\u2019il ressent, saisir un \u00e9l\u00e9ment qui surgit d\u2019une \u00e9volution; de postuler l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 \u00eatre alert\u00e9 par la souffrance, la sienne et celle des autres, de se laisser convoquer par la difficult\u00e9 en prenant sa part mais en regardant comment elle se fabrique pour lui-m\u00eame et pour les autres. Illusion ? Lucidit\u00e9 impossible, puisque nous serions enfants de notre si\u00e8cle, donc incapables de distance et de compr\u00e9hension, soumis \u00e0 des influences que nous ne pouvons percevoir\u00a0? Certes, cette lucidit\u00e9 constitue un impossible auquel nous avons pourtant \u00e0 tendre, tout en le sachant inatteignable. \u00c9loge d\u2019une lucidit\u00e9 qui garde ses zones d\u2019ombre, mais qui est l\u2019apanage d\u2019un humain r\u00e9sistant. Un\u00a0 homme debout, qui ne craint pas le risque, ni le trouble de penser, qui c\u00f4toie l\u2019ab\u00eeme, sait se diff\u00e9rencier. Non un \u00eatre de convictions seulement, mais un \u00eatre qui pose des hypoth\u00e8ses et les poursuit en amoureux du monde et des hommes jusque dans et malgr\u00e9 leurs capacit\u00e9s de d\u00e9truire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette conception de la subjectivit\u00e9 au travail ne vise donc pas \u00e0 enfermer le professionnel dans ses \u00e9motions, ni d\u2019en faire le centre de son action et de son contexte, ni de rapporter tout \u00e0 lui, mais de l\u2019enjoindre \u00e0 travailler son rapport au monde, aux autres et \u00e0 soi dans l\u2019espace de son m\u00e9tier, en incluant ses m\u00e9canismes inconscients. Nous touchons l\u00e0 des hypoth\u00e8ses qui peuvent \u00eatre contest\u00e9es. Avant dit-on, il y avait clivage entre le priv\u00e9 et le public, entre le r\u00f4le et la personne. Mani\u00e8re d\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9 d\u2019intrusions sociales. Maintenant l\u2019id\u00e9ologie du d\u00e9veloppement personnel postule et fait miroiter un d\u00e9veloppement qui serait \u00e0 la fois professionnel et personnel. On gagnerait ainsi sur les deux tableaux. Face \u00e0 cette perspective, certains d\u00e9noncent la possibilit\u00e9 d\u2019une mainmise plus pernicieuse encore sur les sujets, une confusion de sc\u00e8nes qui pourrait aboutir \u00e0 un usage du priv\u00e9, puis une fois le b\u00e9n\u00e9fice retir\u00e9 par une entreprise la possibilit\u00e9 de rejeter et la personne et le professionnel. L\u2019alarme est r\u00e9elle; la d\u00e9rive, certaine. Pourtant les professionnels ont n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 ne pas se structurer sur un tel clivage, et \u00e0 trouver dans un travail sur leur subjectivit\u00e9 de quoi \u00e9voluer sur le plan professionnel et personnel. La clinique se d\u00e9finit pour une part par cette \u00ab\u00a0subjectivit\u00e9 travaill\u00e9e\u00a0\u00bb, en opposition aux th\u00e9ories qui se contentent de parler de bo\u00eete noire, ou ne veulent pas toucher \u00e0 la subjectivit\u00e9 pour pr\u00e9server l\u2019aspect priv\u00e9 du professionnel. Dans les m\u00e9tiers de la relation, ce clivage ne tient pas. Seule une subjectivit\u00e9 travaill\u00e9e peut mettre un frein \u00e0 des engrenages destructeurs, \u00e0 des indiff\u00e9rences meurtri\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019analyse des pratiques, un formateur travaille \u00e9galement sa subjectivit\u00e9 en lien avec les professionnels en pr\u00e9sence, et dans cette intersubjectivit\u00e9 o\u00f9 il s\u2019engage, il s\u2019implique, il invente, lutte avec une difficult\u00e9 qui \u00e9chappe, le surprenant, faisant \u00e9merger son ignorance. C\u2019est parce qu\u2019il accepte aussi que sa subjectivit\u00e9 est impliqu\u00e9e, qu\u2019il va contribuer \u00e0 une possible \u00e9volution. Il apprend de sa difficult\u00e9 comme de la leur. Un formateur travaille donc dans la singularit\u00e9 (avec une personne, un groupe, une institution)\u00a0; avec une \u00e9thique de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9\u00a0; dans une subjectivit\u00e9 assum\u00e9e et travaill\u00e9e. Cette subjectivit\u00e9 assum\u00e9e se confronte ensuite \u00e0 d\u2019autres subjectivit\u00e9s pour obtenir l\u2019habituelle objectivit\u00e9, en \u00e9vitant la partialit\u00e9 et l\u2019arbitraire (Malherbe, 2001).<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>5. Dispositifs<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019analyse de pratique ne peut se passer de dispositifs dont le formateur est le garant, et qui fournissent un cadre de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 celui qui accepte de travailler ce qui lui est proche (Cifali &amp; Giust-Desprairies, 2008).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans des s\u00e9ances d\u2019analyse de pratiques, quelque chose se passe. Souvent de l\u2019ordre d\u2019une compr\u00e9hension, d\u2019une prise de distance. Il a fallu cependant, \u00e0 chaque fois, qu\u2019un cadre soit tenu\u00a0: la promesse d\u2019une confidentialit\u00e9, d\u2019un non usage pervers de ce qui est dit, d\u2019une recherche de ne pas s\u2019en tenir au jugement, mais \u00e0 la compr\u00e9hension pour aider, pour donner le temps, pour cr\u00e9er un espace de confiance. Nous ne pouvons pas demander \u00e0 un stagiaire de travailler toutes les dimensions de sa pratique s\u2019il sait devoir se prot\u00e9ger, se censurer et qu\u2019il a peur\u00a0; si on lui demande de prendre des risques pour ensuite le moquer, ne pas l\u2019entendre, pour lui couper la parole, savoir mieux que lui et le lui fasse savoir tout de suite. L\u2019analyse des pratiques ne peut avoir lieu ind\u00e9pendamment du contexte institutionnel o\u00f9 elle se d\u00e9roule, sinon elle risque d\u2019\u00eatre vid\u00e9e de son sens. Souvent les formateurs cliniciens ont mis du temps \u00e0 construire leurs dispositifs, sont pass\u00e9s par des chemins qui ne sont pas les m\u00eames, ont choisi tel ou tel dispositif selon leurs premi\u00e8res \u00e9tudes et leurs int\u00e9r\u00eats. Ils ont eu des doutes sur leur mani\u00e8re de s\u2019y prendre, ont \u00e9t\u00e9 parfois rassur\u00e9s par ceux qu\u2019ils accompagnent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces dispositifs qui permettent qu\u2019une parole se dise sans crainte d\u2019\u00eatre retourn\u00e9e contre celui qui la risque, qui ritualisent la temporalit\u00e9, l\u2019accueil, le cadre\u2026, ne sont presque jamais \u00e0 la journ\u00e9e\u00a0: il leur faut du temps\u00a0; des intervalles entre les s\u00e9ances, de la patience face \u00e0 ce qui r\u00e9siste\u00a0; avec un collectif qui devient lentement accompagnateur de chacun. Nous en nommons quelques-uns\u00a0: le groupe Balint (Balint, 1960), la supervision individuelle ou groupale\u00a0; l\u2019analyse des pratiques\u00a0; l\u2019accompagnement (Cifali &amp; Bourassa &amp; Th\u00e9berge, 2009), mais aussi des cours ou des s\u00e9minaires. Ces dispositifs ne sont pas transmissibles comme une technique qui s\u2019appliquerait, ils se construisent \u00e0 partir des possibilit\u00e9s qui s\u2019ouvrent pour un formateur compte tenu de ses vis\u00e9es et du contexte o\u00f9 il intervient. Ils passent par la parole, mais \u00e9galement l\u2019\u00e9criture (Cifali et Andr\u00e9, 2007). Pour un formateur, cette posture n\u2019est pas simple, m\u00eame s\u2019il peut s\u2019appuyer sur un dispositif structurant le temps et l\u2019espace. Il lui faut invariablement travailler avec ce qui vient, prendre en compte ce pr\u00e9sent \u00e0 nul autre pareil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Restituer \u00e0 chacun pris dans des situations professionnelles et sociales une capacit\u00e9 de penser\u00a0; fournir les outils, les dispositifs pour que ce travail de pens\u00e9e ne cesse de se tenir, et qu\u2019une qualit\u00e9 de l\u2019agir et de la rencontre se pr\u00e9serve\u00a0: ne s\u2019agirait-il pas d\u2019une illusion\u00a0? D\u2019un id\u00e9al que la r\u00e9alit\u00e9 se chargera de d\u00e9mentir\u00a0? Peut-\u00eatre. Verrons-nous plut\u00f4t le triomphe\u00a0des proc\u00e9dures qu\u2019il s\u2019agit d\u2019appliquer et de suivre \u00e0 la lettre, des bureaucraties qui secr\u00e8tent de l\u2019indiff\u00e9rence \u00e0 la place de notre capacit\u00e9 \u00e0 ressentir la souffrance d\u2019un autre, des th\u00e9ories qui dictent la v\u00e9rit\u00e9 et ont la pr\u00e9tention de d\u00e9terminer les individus, des modes \u00ab\u00a0cl\u00e9 en main\u00a0\u00bb qui passent mais qui dans le temps qu\u2019elles durent nous font croire que nous sommes \u00e0 la pointe du progr\u00e8s\u00a0\u2026\u00a0? \u00c9vitons la trop facile caricature (Cifali &amp; P\u00e9rilleux, 2012). Pourtant, il para\u00eet n\u00e9cessaire que l\u2019analyse des pratiques se maintienne en tension avec ce qui la contredit, c\u2019est-\u00e0-dire en constant renouvellement et questionnement.<\/p>\n<h4><b>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/b><\/h4>\n<p>Baietto, M-C., Barth\u00e9l\u00e9my &amp; Gadeau, L. (2003). <i>Pour une clinique de la relation \u00e9ducative<\/i>\u00a0<i>: Recherche sur les dispositifs d\u2019analyse des pratiques professionnelles<\/i>. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p>Balint, M. (1960)\u00a0: <i>Le m\u00e9decin, son malade et la maladie<\/i>. Paris : PUF.<\/p>\n<p>Blanchard-Laville, C. &amp; Fablet, D. (dir.) (2000). <i>L\u2019analyse des pratiques professionnelles<\/i>, nouvelle \u00e9dition revue et corrig\u00e9e. Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p>Blanchard-Laville, C. &amp; Fablet, D. (dir.) (2003). <i>Travail social et analyse des pratiques professionnelles. Dispositifs et pratiques de formation<\/i>.\u00a0 Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p>Blanchard-Laville, C. &amp; Chaussecourt, P. &amp; Hatchuel, F. &amp; Pechberty, B. (2005)\u00a0: \u00ab\u00a0Recherches clinique d\u2019orientation psychanalytique dans le champ de l\u2019\u00e9ducation et de la formation\u00a0\u00bb. <i>Revue fran\u00e7aise de p\u00e9dagogique<\/i>, INRP, n\u00b0151.<\/p>\n<p><i>Cahiers p\u00e9dagogiques<\/i>, (2003)\u00a0: \u00ab\u00a0Analysons nos pratiques\u00a0\u00bb, n\u00b0416.<\/p>\n<p>Cifali, M. &amp; Giust-Desprairies, F. (eds) (2006)\u00a0: <i>De la clinique. Un engagement pour la recherche et la formation.<\/i> Bruxelles\u00a0: De Boeck.<\/p>\n<p>Cifali, M. &amp; Andr\u00e9 A. (2007)\u00a0: <i>Ecrire l\u2019exp\u00e9rience. Vers la reconnaissance des pratiques professionnelles.<\/i> Paris\u00a0: PUF.<\/p>\n<p>Cifali, M. &amp; Giust-Desprairies, F. (eds) (2008)\u00a0: <i>Formation clinique et travail de la pens\u00e9e. <\/i>Bruxelles\u00a0: De Boeck.<\/p>\n<p>Cifali, M. &amp; Bourassa, M. &amp; Th\u00e9berge, M. (eds) (2009)\u00a0:<i> Cliniques actuelles de l\u2019accompagnement.<\/i> Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p>Cifali, Mireille &amp; P\u00e9rilleux, Thomas (eds) (2012)\u00a0: <i>Les m\u00e9tiers de la relation malmen\u00e9s. R\u00e9pliques cliniques. <\/i>Paris\u00a0: L\u2019Harmattan.<\/p>\n<p>Clot, Y. (2008)\u00a0: T<i>ravail et pouvoir d\u2019agir.<\/i> Paris\u00a0: PUF.<\/p>\n<p>Clot ,Y. (2010)\u00a0: <i>Agir en clinique du travail.<\/i> Paris\u00a0: Er\u00e8s.<\/p>\n<p>Dejours, C. (1980)\u00a0: <i>Travail, usure mentale : essai de psychopathologie du travail.<\/i> Paris\u00a0: Le Centurion.<\/p>\n<p><i>Education permanente<\/i> (2004)\u00a0: \u00ab\u00a0Analyse des pratiques 1\u00a0\u00bb, n\u00b0160.<\/p>\n<p><i>Education permanente <\/i>(2004)\u00a0: \u00ab\u00a0Analyse des pratiques 2\u00a0\u00bb, n\u00b0161.<\/p>\n<p>Foucault, M. (1993)\u00a0: <i>Naissance de la clinique.<\/i> Paris\u00a0: Quadrige P.U.F.<b><\/b><\/p>\n<p>Fumat, Y. &amp; Vincens C. &amp; Richard, E. (2003)\u00a0: <i>Analyser les situations \u00e9ducatives.<\/i> Paris\u00a0: ESF.<\/p>\n<p>Hubault, F. (dir) (2001)\u00a0: <i>Comprendre que travailler c\u2019est penser. <\/i>Toulouse\u00a0: Octar\u00e8s Editions.<\/p>\n<p>Hubault, F. (dir) (2012)\u00a0: <i>Pouvoir d\u2019agir et Autorit\u00e9 dans le travail.<\/i> Toulouse\u00a0: Octar\u00e8s Editions.<\/p>\n<p>Jobert, G. (2006)\u00a0: Entre savoirs et surprise, une analyse clinique du travail, in Cifali M. &amp; Giust-Desprairies F. (eds). <i>De la clinique. Un engagement pour la recherche et la formation.<\/i> Bruxelles\u00a0: De Boeck.<\/p>\n<p>L\u00e9vine, Jacques &amp; Moll, Jeanne (2001)\u00a0: <i>Je est un autre. Pour un dialogue p\u00e9dagogie-psychanalyse. <\/i>Paris\u00a0: ESF.<\/p>\n<p>L\u00e9vine, J. &amp; Moll, J. (2009)\u00a0: <i>Pr\u00e9venir les souffrances d\u2019\u00e9cole. Mal-\u00eatre scolaire et soutien au soutien. <\/i>Paris\u00a0: ESF.<\/p>\n<p>L\u00e9vy, A. 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Cet article 1\u00a0\u00a0tente d\u2019apporter des \u00e9claircissements, des rep\u00e8res en m\u00eame temps qu\u2019il ouvre \u00e0 des questionnements sur [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[50,12],"tags":[42,63,30,62,61],"class_list":["post-1014","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-mireille-cifali","category-3texte","tag-accompagnement","tag-clinique","tag-competences","tag-posture","tag-reperes","has-post-title","no-post-date","has-post-category","has-post-tag","has-post-comment","has-post-author"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p3VXfJ-gm","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1014","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1014"}],"version-history":[{"count":26,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1014\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4899,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1014\/revisions\/4899"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1014"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1014"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.analysedepratique.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1014"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}